16 nov. 2007

Les conflits sociaux

La « France moisie »

Une poignée d'insurgés se bat pour imposer, par la force et le chantage, ses vues rétrogrades et antidémocratiques ou conserver sa rente de situation. Bienvenue dans la politique du pire.

"Elle était là, elle est toujours là ; on la sent, peu à peu, remonter en surface : la France moisie est de retour. Elle vient de loin, elle n’a rien compris ni rien appris, son obstination résiste à toutes les leçons de l’Histoire, elle est assise une fois pour toutes dans ses préjugés viscéraux. Elle a son corps, ses mots de passe, ses habitudes, ses réflexes. Elle parle bas dans les salons, les ministères, les commissariats, les usines, à la campagne comme dans les bureaux. Elle a son catalogue de clichés qui finissent par sortir en plein jour, sa voix caractéristique. Des petites phrases arrivent, bien rancies, bien médiocres, des formules de rentier peureux se tenant au chaud d’un ressentiment borné. Il y a une bêtise française sans équivalent, laquelle, on le sait, fascinait Flaubert" écrivait Philippe Sollers en 1999 (Le Monde, 28 janvier). Avec sa fatuité légendaire, l'écrivain ne se doutait pas que cette description de la "France moisie" pouvait correspondre comme un gant à ses amis situés à la gauche de la gauche comme à lui-même, lui qui déclarait sur LCI qu'il soutenait les grévistes car il "n'aime pas la trogne" de ceux qui nous gouvernent (émission de Michel Field, 13 novembre) ! Pauvre France.

9 nov. 2007

Les manifestations étudiantes

Le grand retour des « idiots utiles »*

A chaque réforme de l'université, surgissent (presque) spontanément des agitateurs déterminés à faire plier le gouvernement. Il faut dire que l'heure est grave : la loi de Valérie Pécresse représente une menace pour la médiocrité de nos universités et l'avenir bouché de centaines de milliers d'étudiants.

L'université est une extraordinaire usine à fabriquer des RMIstes. La moitié des étudiants sortent de la fac sans diplômes et quant à ceux qui obtiennent un bac +4 ou +5, ils rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi que ceux qui n'ont qu'un bac+2 (IUT ou BTS). Plus de vingt ans après la loi Devaquet, le gouvernement a décidé de lancer une action humanitaire au milieu de l'été : la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse a entrepris une réforme qui donne plus d'autonomie aux facultés. Sans surprise, la loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (LRU) est contestée par des étudiants qui n'ont pas du tout envie d'être sauvés du naufrage. Et sans surprise, le mouvement de protestation a démarré dans les facultés de Sciences Humaines (Lettres, Histoire, Sociologie, Psychologie...). En effet, on n'a encore jamais vu des étudiants en Sciences, en Droit, en Economie ou en pharmacie démarrer une grève... Spécimen fascinant, l'étudiant en Sciences Humaines se voit comme un progressiste. Dans les faits, il a de tout temps refusé les réformes, il déteste le changement mais il ne faut pas croire pour autant que celui-ci ne pense pas à son avenir : les opposants à la loi Pécresse disent également se mobiliser contre la réforme des régimes spéciaux de retraites. Ce sont les seuls étudiants qui s'inquiètent de ce qu'il feront dans plus de quarante ans, après leur vie active ! Le Collectif contre l'autonomie des universités (CCAU), rassemble plusieurs syndicats minoritaires dont le point commun est de détester Nicolas Sarkozy, l'UMP, la droite, le libéralisme, le capitalisme, le Medef, les entreprises, les privatisations, l'argent privé et la démocratie. SUD-Etudiant, la Fédération syndicale étudiante, quelques membres de l'UNEF et des organisations d'extrême gauche comme les Jeunesses communistes révolutionnaires et l'Union des étudiants communistes, demandent ainsi l'abrogation pure et simple de la loi votée par le Parlement en juillet dernier. Il faut bien reconnaître que le gouvernement a été particulièrement imprudent d'avoir intitulé cette loi "Libertés et responsabilités des universités". Liberté et Responsabilité sont deux mots pernicieux inventés par les ultra-libéraux, ils résonnent comme une provocation pour des étudiants d'extrême gauche qui par nature n'aiment pas la liberté et déclinent toujours toute responsabilité. Liberté +responsabilité = autonomie. L'équation du gouvernement s'apparente à une déclaration de guerre.

Un des meneurs concluait son intervention devant les étudiants en gueulant : "Non à l'autonomie des universités, mort à Sarkozy !". Tout individu normalement intelligent aurait choisi un slogan plus ambitieux comme "Mort aux cons" par exemple... On se demande si ces étudiants sont véritablement des "crétins des Alpes" et des "moules à gauffre" ou si ce sont seulement des agitateurs payés pour faire reculer le gouvernement. Les deux sans doute. Ils devraient néanmoins faire attention : leurs aînés ont mal tourné à l'image de David Assouline, porte-parole des étudiants lors de la loi Devaquet de 1986, qui est passé du statut de rebelle à 27 ans à celui de sénateur PS à 45. Quant à sa comparse, Isabelle Thomas, elle a connu le palais de l'Elysée pour service rendu au PS. Aujourd'hui Conseillère municipale à Saint-Malô et Conseillère régionale de Bretagne, Isabelle Thomas a malheureusement échoué aux dernières législatives, la France sarkozyste est impitoyable... Ceux qui aujourd'hui sont chargés d'entraîner leurs camarades avec des slogans grotesques type "Medef, la fac ne sera pas ton fief" ; ceux qui organisent le blocage des facs voire des gares et les votes à main levée entre grévistes, sont les mêmes que ceux qui manifestaient dans les rues le 6 mai à 20h01 et criaient : "Sarko facho, le peuple aura ta peau !". Quid des 19 millions de Français qui venaient le jour même de voter pour Nicolas Sarkozy ? Faut-il les pendre haut et court ? Cela fait six mois déjà que ces jeunes rêvent de renverser le président la République. Pour y parvenir, ils ont prévu de se joindre aux autres mouvements sociaux dans une sorte d'internationale des "idiots utiles"*. L'Unef a d'ores et déjà appelé les étudiants à manifester avec les fonctionnaires le 20 novembre prochain... Cependant, les étudiants ont raison de s'en prendre à Nicolas Sarkozy, c'est un président nul : il n'a même pas prévu dans son programme de « décrétiniser » les crétins. Il y avait pourtant urgence nationale.

Le gouvernement exagère quand il dit que l'université va mal. Certes, certains comme Xavier Dunezat, maître de conférences en sociologie pendant un an, dressent un tableau sombre des facultés : celui qui se présente lui-même comme un homme de gauche, conteste, dans une lettre, le recrutement des enseignants par piston, dénonce notamment « le mépris des étudiants qui transparaît dans l’organisation globale des enseignements à l’université et dans les pratiques professionnelles des enseignants ». Xavier Dunezat constate également une absence de cohérence dans la notation... En réalité, tout ne fonctionne pas si mal : l'université n'a jamais cédé au sirènes de la compétition entre les facultés et peut s'enorgueillir de former des étudiants qui seront absolument inemployables dans les entreprises et qui ainsi ne feront pas gagner d'argent aux patrons. Pour être franc, on ne comprend pas bien pourquoi la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse n'accède pas aux revendications d'une minorité d'étudiants et ne retire pas sa loi : pour une fois que des manifestants en veulent toujours moins, et non toujours plus, la ministre devrait se réjouir. L'honnêteté force néanmoins à reconnaître que la loi sur l'autonomie des universités comporte une lacune de taille : rien n'est prévu pour que ces étudiants aient "une tête bien faite", et Dieu sait qu'ils en auraient pourtant besoin ! Les manifestants seraient parfaitement en droit de réclamer la tête de Valérie Pécresse comme de l'ensemble du gouvernement, celle de Nicolas Sarkozy bien sûr mais aussi la tête des députés et sénateurs UMP (y compris les Villepinistes), et plus largement de la France du Fouquet's et celle qui se lève tôt pour imposer à la place une démocratie populaire dirigée par la gauche anticapitaliste qui instaurerait la gratuité partout et le bonheur socialiste par décret.


* "Lénine appelait 'idiots utiles', les gens qui dans les démocraties libérales, apportaient leur soutien moral et matériel à une idéologie totalitaire tissant ainsi la corde pour les pendre." Bruce S. Thornton

5 nov. 2007

Le Nouveau Centre

L'UDF canal historique

Le Nouveau Centre est bien l'héritier de l'UDF et entend ainsi continuer à travailler avec l'UMP comme l'UDF l'a toujours fait. C'est en réalité François Bayrou et Marielle de Sarnez qui ont rompu avec l'UDF pour des raisons électorales.

Il s'agit bien d'un "divorce" comme l'a qualifié le député UMP, Jérôme Chartier dans son intervention à l'Assemblée nationale (24 octobre). Lors de l'examen de la proposition de loi du Nouveau Centre visant à lui permettre de bénéficier du financement public, François Bayrou s'est comporté comme un mari infidèle ayant fait un enfant dans le dos de l'UDF - le MoDem - niant toute responsabilité et refusant catégoriquement que le Nouveau Centre puisse recevoir un centime de pension alimentaire. Ceux que les militants du MoDem et les sympathisants de François Bayrou surnomment "les traîtres" ; ceux que les journalistes politiques ont baptisé avec mépris les "supplétifs de l'UMP" ou "les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy" étaient il y a quelques mois encore, appelés affectueusement "les bédouins" par François Bayrou lui-même car ils étaient restés à ses côtés en 2002 alors qu'une majorité de parlementaires UDF rejoignait l'UMP. François Bayrou disait d'eux en septembre 2006 : "... c'est une formidable équipe, attachante, soudée, qui a traversé le désert, qui a l'intelligence et la générosité qui a - si je puis le dire, moi qui m'efforce de résister à leurs pressions perpétuelles, qui a de la beauté d'âme - c'est rare en politique - la beauté d'âme des bédouins, comme je dis. (...) Je veux dire avec orgueil que pour la compétence, pour la générosité, pour la cohésion, c'est la meilleure équipe et la plus solidaire. Ce n'est pas la plus nombreuse de France, mais c'est la meilleure. Je vais avoir besoin d'eux. Et j'en suis fier" (discours de clôture des universités d'été de l'UDF).

La stratégie de Bayrou contestée

Pour tous les observateurs politiques, le divorce entre François Bayrou et ses "bédouins" remonte au premier tour de la présidentielle : le président de l'UDF choisit de ne pas faire partie de la majorité, la plupart de ses députés - 23 sur 27 - veulent travailler avec Nicolas Sarkozy. Leurs chemins se séparent. En réalité, cette divergence de stratégie n'a pas surgi du jour au lendemain. Les prémices visibles remontent à octobre 2005 : François Bayrou décide que l'UDF ne votera pas le projet de loi de finances 2006, la moitié des députés seulement le suit. Cette position place en principe l'UDF dans l'opposition. Le moment est historique : c'est la première fois que l'UDF s'oppose de cette manière à son allié traditionnel. Gilles de Robien, alors seul ministre UDF de Jacques Chirac, exige une clarification et demande à François Bayrou de lui assurer que l'UDF reste bien dans la majorité. Ce dernier brandit en guise de réponse, le mot d'ordre "autonomie" : en clair, autonomie de l'UDF par rapport à l'UMP. Or Gilles de Robien considère que l'UDF a toujours été autonome par rapport à l'UMP et que la vraie question est de savoir si l'UDF et l'UMP vont continuer à travailler ensemble comme cela a toujours été le cas depuis la création du parti en 1978. Contesté publiquement par une minorité d'élus, François Bayrou décide alors de s'en remettre aux militants car il est sûr et certain d'obtenir leur appui : il convoque un Congrès extraordinaire en janvier 2006, sa motion politique défendant l'indépendance de l'UDF est approuvée par 91% des votants. Ainsi naît le slogan, "l'UDF, le parti libre". Le discours se radicalise : Marielle de Sarnez répète sur tous les tons que cela fait vingt-cinq ans que l'UMP (autrefois le RPR) et le PS se partagent le pouvoir et qu'ils ont échoué. Comme au bon vieux temps de la propagande, le bras droit de François Bayrou cherche à effacer de la mémoire collective que lorsque la droite était aux affaires, l'UDF faisait partie du gouvernement. C'était notamment le temps où François Bayrou était ministre de l'Education nationale d'Edouard Balladur (1993-1995) puis d'Alain Juppé (1995-1997). A l'époque, il n'était pas considéré comme un "supplétif du RPR", ni comme un "traître". Second indice de la séparation : François Bayrou défend le vote de la motion de censure contre le gouvernement de Dominique de Villepin en mai 2006. C'est l'escalade. Les députés sont très partagés. François Bayrou les appelle un par un pour les convaincre mais ils ne l'écoutent pas tous : près des deux tiers d'entre eux s'abstiennent.

Pas de divorce entre l'UDF et l'UMP

En réalité, les premiers signes d'une séparation annoncée apparaissent dès la mise en place de la "jurisprudence Bayrou" en 2002 : celui-ci décide que l'UDF ne participera pas au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, une première dans l'histoire des relations entre le RPR (rebaptisé UMP) et l'UDF. Officiellement, il s'agit d'une question de survie face à un RPR hégémonique qui a voulu rassembler toute la droite républicaine au sein de l'UMP et donc faire disparaître l'UDF. En réalité, François Bayrou qui ne pense déjà qu'à la présidentielle de 2007, comprend que pour exister politiquement et avoir une chance, il doit se démarquer à tout prix de l'UMP. Il s'emploie ainsi à faire croire aux médias et aux électeurs que l'UDF n'a plus aucun lien avec le parti de Jacques Chirac alors que dans tous les exécutifs locaux, UMP et UDF sont toujours alliés. Ainsi, ses parlementaires se retrouvent à tirer à boulet rouge sur l'UMP à Paris et à travailler en même temps avec leurs représentants en province, la situation est ubuesque. Plus amusant encore, sur les trente députés qui composent à l'origine le groupe UDF, cinq ont été élus sous l'étiquette UMP : Pierre-Christophe Baguet, Michel Hunault, Yvan Lachaud, Rudy Salles et Francis Vercamer. A ce décompte, il faut ajouter un ancien RPR, Nicolas Perruchot et un élu du RPF de Charles Pasqua, Philippe Folliot... La famille UDF est élargie. La vérité c'est que ses parlementaires ne sont plus en phase avec la "jurisprudence Bayrou" dès les premières rumeurs de changement de Premier ministre en 2004 : en effet, si Jacques Chirac avait nommé Nicolas Sarkozy à Matignon, il semble que plusieurs députés UDF auraient rejoint le gouvernement. La vérité c'est que les parlementaires UDF ont soutenu leur candidat jusqu'au premier tour de la présidentielle même si de toute évidence, beaucoup pensaient au fond d'eux-même et depuis longtemps que Nicolas Sarkozy était bien plus compétent pour le job que François Bayrou. Les parlementaires UDF ont donc consciencieusement "tapé" sur Sarko comme on leur demandait sans penser le quart de ce qu'ils disaient. Et, ils ont apparemment espéré jusqu'au bout que le tandem Bayrou-Sarnez reviendrait à la raison une fois la campagne terminée bien qu'aux réunions hebdomadaires avec les parlementaires, François Bayrou ait toujours refusé de parler de stratégie politique au cas où il ne serait pas présent au second tour. C'est apparemment lors d'une ultime réunion le 24 avril que les parlementaires ont été officiellement mis devant le fait accompli : l'UDF ne serait pas dans la majorité présidentielle. Si François Bayrou avait alors organisé un vote à bulletin secret, on peut sans crainte affirmer qu'il aurait été mis en minorité.

Une confrontation artificielle

Si la grande majorité des députés UDF et une partie des sénateurs (à cette heure, peu ont officiellement choisi leur camp) imaginaient naïvement qu'une fois que François Bayrou aurait repris sa casquette de Président de l'UDF, il aurait adopté une position raisonnable, c'est parce qu'ils savaient pertinemment que la rupture avec l'UMP mise en scène par le tandem Bayrou-Sarnez, était totalement artificielle et a été entièrement dictée par la campagne présidentielle. Il y a en réalité une convergence de vue entre les deux hommes sur beaucoup de sujets. Quelques exemples pour ne reprendre que les réformes engagées, en cours ou constatées dans les faits : comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou est un adepte du "travailler plus pour gagner plus" puisqu'il prônait dans son programme, une libération des heures supplémentaires par la suppression des charges sociales. Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou est un adepte des "cadeaux" aux plus riches puisqu'il prônait dans son programme, une baisse de l'ISF. Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou est un adepte de la suppression des régimes spéciaux de retraites puisqu'il prônait dans son programme, leur extinction progressive au nom de "l'égalité" entre tous les Français. Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou est un adepte de l'autonomie des universités puisque dans son programme, il en avait fait un axe de la réforme de l'enseignement supérieur. Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou est un adepte d'un Président de la République responsable puisqu'il prônait dans son programme, que celui-ci détermine et conduise désormais la politique de la nation... Malgré cette proximité, la presse a fait croire pendant toute la campagne qu'il y avait un gouffre infranchissable entre le programme de François Bayrou et celui de Nicolas Sarkozy. Un gouffre que pourtant Hervé Morin et les autres députés ont semble-t-il franchi sans difficulté... Les députés du Nouveau Centre ont ainsi l'ambition de poursuivre l'aventure du centre droit et se présentent comme "L'UDF canal historique" à défaut d'avoir pu garder leur étiquette d'origine puisque dans ce divorce, François Bayrou qui a pourtant quitté de son propre chef le domicile conjugal, a décidé de garder la marque, le siège du 133 bis rue de l'Université, les meubles, l'argent et le fichier des militants. Si François Bayrou n'aime plus la droite bien qu'il ait conservé ses idées, c'est son droit ; si François Bayrou n'aime plus l'UDF bien qu'il en ait gardé la présidence, c'est aussi son droit, mais on pouvait s'attendre à ce qu'il quitte pour de bon le parti de sa jeunesse et apparemment de ses errances passées, pour créer le MoDem et laisser à ses amis, les clés de la maison UDF.

UDF-UMP, une longue histoire

Cette proximité entre les programmes des deux candidats n'est pas une surprise. Historiquement l'UDF a toujours été un parti de centre droit et a toujours travaillé de concert avec l'UMP (le RPR autrefois) à deux exceptions près et toujours pour les mêmes raisons : des rivalités de personnes. En 1981, Jacques Chirac disputait alors le leadership de la droite à Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et en 2007, c'est François Bayrou qui se voit grand vizir à la place de Nicolas Sarkozy. Les élus et électeurs UDF comme ceux de l'UMP sont des libéraux qui croient dans les vertus de l'économie de marché et de la mondialisation pour accroître les richesses d'un pays et le niveau de vie de sa population. A l'origine, il existe néanmoins deux différences majeures entre les deux partis : l'UDF de VGE carburait à l'Etat providence et le RPR de Jacques Chirac, époque appel de Cochin (1978), était souverainiste mais il y a bien longtemps que l'UDF ne croit plus aux vertus de la dépense publique et de l'assistanat, et que l'UMP s'est mise à l'heure européenne. A un moment où l'UDF et l'UMP n'ont sans doute jamais été aussi proches "idéologiquement", François Bayrou décide de créer une fracture - une fracture artificielle certes - guidée par sa seule ambition présidentielle et qui n'a rien à voir avec les intérêts de son parti et encore moins avec les intérêts supérieurs de la nation. Et c'est au nom de cette ambition personnelle que François Bayrou s'attendait à ce que les députés UDF renoncent à leurs convictions et se sacrifient ! Que des électeurs et les nouveaux militants pris dans le tourbillon de la campagne se soient laissé abuser, n'aient toujours pas compris qu'on s'est royalement moqué d'eux pendant cette présidentielle et continuent de croire la propagande Bayrou-Sarnez, on peut le comprendre et mettre ces erreurs de jugement sur le compte d'une complète ignorance de la politique française et d'une absence totale d'esprit critique. En revanche, que des journalistes politiques censés connaître sur le bout des doigts, toutes les stratégies et postures électorales des chefs de partis et candidats, reprennent sans réfléchir le credo Bayrou-Sarnez selon lequel il serait contre nature pour l'UDF de travailler avec l'UMP, relève de la fumisterie.