Les César
Un palmarès pour les municipales
Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original… "La Graine et le mulet" ne méritait aucune de ces récompenses. Abdellatif Kechiche a signé un film où il n’y a rien à explorer, rien à comprendre : du sale patron du port à l’interminable danse du ventre en passant par le déjeuner familial autour de la figure de la mère, le spectateur devine les intentions du réalisateur dès les premières images de chaque scène. Abdellatif Kechiche n’a rien appris du cinéma des « professionnels de la profession » : il ne joue jamais sur la contraction et la dilatation du temps pour rythmer son film et faire rejaillir une émotion. La platitude est sa marque de fabrique. Et elle dure 2h30.
En choisissant de récompenser ce film, les membres de l’Académie des César n’ont pas cherché à célébrer le cinéma, ils ont fait un geste politique. "La Graine et le mulet" est, à leurs yeux, le film anti-Sarko par excellence. Le film anti-bling-bling. C’est en réalité le film anti-cinéma par essence, le film qui crache impunément à la figure des Hitchcok, Truffaut, Wilder, Chabrol, Lang, Tati, Mankiewicz, Clouzot, Keaton, Melville, Ray… A ce jeu de vilains, on est presque étonné que ces mêmes politiciens de l’Académie des César aient récompensé l’époustouflante interprétation de Marion Cotillard dans "La Môme". L’honneur est sauf.


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