25 mai 2008

Sarkozy, un an à l’Elysée

Changer de braquet

L’homme est intelligent et habile. Il sait s’entourer. Ceux qui n’ont pas voulu le voir, ont mordu la poussière et n’ont pas fini de s’en mordre les doigts. Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de la République simplement parce qu’il était le meilleur candidat. Une question restait en suspens : serait-il aussi bon dans l’exercice du pouvoir que dans sa conquête ? En un mot, le candidat Sarkozy ferait-il un bon Président ?

Un an après, le doute est toujours de mise car au fond, la première année de son quinquennat aura été consacrée à faire mentir ses détracteurs. Pendant toute la campagne électorale, ses adversaires le surnommaient "Sarko facho" et prédisaient des émeutes urbaines dans les six mois qui suivraient son élection. Toux ceux qui ont voulu lui coller à la peau l’image de ce premier flic de France, qui voulait nettoyer au Kärcher, les cités de sa racaille, doivent être déçus : pas de chars militaires dans les banlieues chaudes. Nicolas Sarkozy a nommé à l’Intérieur, une femme et à la Justice une autre femme, issue des "minorités visibles" de nos banlieues. A ceux qui prédisaient le "retour" de "l’Etat UMP", il a fait l’ouverture à gauche à la fois au gouvernement, lors des élections des municipales et dans le choix des experts comme Jacques Attali, l’ex-sherpa de Mitterrand. Il a donné une large place aux partenaires sociaux chargés de négocier les réformes (heures supplémentaires, marché du travail, représentativité syndicale, formation professionnelle). Enfin, la réforme des institutions actuellement en discussion à l’Assemblée, doit permettre de rééquilibrer les pouvoirs entre l’exécutif et le législatif en donnant davantage de poids au Parlement.

L’homme des demi-mesures ?

Bref, pour l’instant, Nicolas Sarkozy a fait davantage montre de son habileté politique qui est incontestable que de ses qualités de chef de l’exécutif. Soucieux de plaire à tous, des étudiants gauchistes aux cheminots de Sud en passant par les chauffeurs de taxis, les réformes ambitieuses ont été remplacées par des demi-mesures : demi-mesures sur la fiscalité, demi-mesures pour l’autonomie des universités, demi-mesures pour la réforme retraites et des régimes spéciaux, demi-mesures pour la modernisation de l’économie, demi-mesures pour la réduction du nombre de fonctionnaires… Nicolas Sarkozy donne parfois l’impression de se "chiraquiser". Il sait pourtant, puisqu’il le répète régulièrement, que les Français le jugeront sur ses résultats. Bonne nouvelle : sa côte de popularité est aujourd’hui si basse qu’il ne peut que consacrer les quelques années qui restent de son quinquennat pour faire le job et non pour tenter de séduire ses adversaires.

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