29 févr. 2008

La loi sur la rétention de sûreté

L’esprit des lois

Le Conseil constitutionnel a confondu l’esprit et la lettre. Les Sages ont censuré la mise en application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté au nom de la non-rétroactivité de la loi prévue à l'article 2 du Code civil : "La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif". Ce principe général du droit, selon JurisPedia, "est fondé, d'une part, sur le principe de sécurité juridique ainsi que la protection individuelle et, d'autre part, sur l'autorité de la loi". Nul ne songerait à le remettre en cause. L’ennui c’est que Les "sages" du Conseil constitutionnel ont appliqué le principe de non rétroactivité à la lettre et non l’esprit de ce principe : ici, ni la sécurité juridique, ni la protection individuelle, ni l’autorité de la loi ne sont menacées. C’est tout le contraire : la décision du Conseil constitutionnel entame ces trois principes. En effet, décider que des individus condamnés* à plus quinze ans de prison pourront récidiver de 2008 à 2023 au nom de la non-rétroactivité de la loi mais qu’au-delà, ils en seront empêchés par la loi Dati sur la rétention de sûreté, est irresponsable et imbécile. Pourquoi attendre 2023 ? 80% des Français, selon un sondage Ifop pour Le Figaro, sont favorables à cette loi visant à empêcher toute récidive.


* pour les crimes, commis sur une victime mineure, d’assassinat ou de meurtre, de torture ou actes de barbarie, de viol, d’enlèvement ou de séquestration. Il en est de même pour les crimes, commis sur une victime majeure, d’assassinat ou de meurtre aggravé, de torture ou actes de barbarie aggravés, de viol aggravé, d’enlèvement ou de séquestration aggravé, prévus par les articles 221-2, 221-3, 221-4, 222-2, 222-3, 222-4, 222-5, 222-6, 222-24, 222-25, 222-26, 224-2, 224-3 et 224-5-2 du code pénal.

27 févr. 2008

Les César

Un palmarès pour les municipales

Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original… "La Graine et le mulet" ne méritait aucune de ces récompenses. Abdellatif Kechiche a signé un film où il n’y a rien à explorer, rien à comprendre : du sale patron du port à l’interminable danse du ventre en passant par le déjeuner familial autour de la figure de la mère, le spectateur devine les intentions du réalisateur dès les premières images de chaque scène. Abdellatif Kechiche n’a rien appris du cinéma des « professionnels de la profession » : il ne joue jamais sur la contraction et la dilatation du temps pour rythmer son film et faire rejaillir une émotion. La platitude est sa marque de fabrique. Et elle dure 2h30.

En choisissant de récompenser ce film, les membres de l’Académie des César n’ont pas cherché à célébrer le cinéma, ils ont fait un geste politique. "La Graine et le mulet" est, à leurs yeux, le film anti-Sarko par excellence. Le film anti-bling-bling. C’est en réalité le film anti-cinéma par essence, le film qui crache impunément à la figure des Hitchcok, Truffaut, Wilder, Chabrol, Lang, Tati, Mankiewicz, Clouzot, Keaton, Melville, Ray… A ce jeu de vilains, on est presque étonné que ces mêmes politiciens de l’Académie des César aient récompensé l’époustouflante interprétation de Marion Cotillard dans "La Môme". L’honneur est sauf.

24 févr. 2008

L'appel à la vigilance républicaine
de Marianne

Le comeback des coupeurs de tête

La République est en danger si l'on en croit l'hebdomadaire Marianne. Les signataires de l'appel, au premier rang desquels figurent comme par hasard Ségolène Royal et François Bayrou expliquaient le plus sérieusement du monde il y a un an que l'élection de Nicolas Sarkozy jeterait la France dans la guerre civile. Que dire de l'autre célèbre signataire Dominique - D2V - Villepin vedette littéraire malgré lui des carnets du Général Rondot, englué dans l'affaire Clearstream... La réaction du député UMP, Yves Jégo tape dans le mille : "... c'est le bal des revanchards, c'est la coalition des aigris, qui veut utiliser une période politique particulière pour essayer de reprendre ce que le suffrage universel ne leur a pas donné". Pas mal non plus Eric Besson au Franc-Parler : "Dire que la République est en danger, que la démocratie est en danger, parce que l'on conteste tel ou tel aspect de la politique gouvernementale ou ce qu'on estime être le style présidentiel, c'est une faute lourde à un moment où le monde est dangereux et où un certain nombre de démocraties vacillent. Réservons les grands mots pour les grandes circonstances" (France Inter/iTélévision/Le Monde, 18/02/08).