Les sites d'analyse de l'information
Les mêmes se partagent les médias
Février 2009 : lancement de Slate.fr par Jean-Marie Colombani (ex-Le Monde)
Mars 2008 : lancement de Mediapart.fr par Edwy Plenel (ex-Le Monde)
Mai 2007 : lancement de Rue89.com par Pierre Haski (ex-Libération)
Mai 2006 : lancement de Bakchich.info par Nicolas Beau (ex-Le Canard Enchaîné), Xavier Monnier...
Un seul point commun à ces sites d'analyse et de commentaire de l'information : ils confirment que les journalistes penchent naturellement à gauche. Mais c’est Nicolas Sarkozy et la droite qui sont au pouvoir…
Une leçon : le web s’embourgoise. Les premiers fondateurs de ce type de sites étaient à l’origine des inconnus, ils sont aujourd’hui des stars des médias qui n’avaient pas d’appétence pour Internet et encore moins pour l’information gratuite mais qui ont un carnet d’adresses qui leur a permis de trouver des fonds... L’argent va à l’argent.
Une bonne nouvelle : il était de bon ton de mépriser l’information sur le web et ceux qui écrivaient pour le web n’étaient pas considérés comme des journalistes, maintenant que des pontes de Libération et du Monde lancent leur site, c’est devenu tendance.
Crackers and Co a été fondé en février 2004, autrement dit, quelques années avant ces sites. Son inspiration : déjà les webzines américains Salon et Slate. A l’époque, personne ne croyait à l’intérêt de ce genre de sites et personne en France ne souhaitait y mettre un euro…
Crackers and Co écrivait notamment en avril 2004 : « Les patrons de presse continuent à faire comme s'ils pouvaient concurrencer la radio et la télévision, ils continuent à faire comme si plusieurs chaînes d'information en continu - LCI et i>Télé - n'existaient pas et comme si Internet n'était pas devenu un canal d'information à travers des sites comme Yahoo ! Actualités qui reprennent les dépêches d'agences. Ainsi, la presse écrite continue de nous rapporter ce que nous avons déjà appris par les autres médias plusieurs heures auparavant. Or le lecteur n'achète pas un quotidien pour apprendre ce qui s'est passé la veille mais pour comprendre les enjeux et les implications des événements récents. Au lieu de cela, la presse singe la télévision : le traitement de l'information ne dépasse plus le stade de l'anecdote, les journalistes privilégient les micro-trottoirs, le vécu et l'émotion au détriment de l'analyse et de la réflexion. Les médias ne montrent qu'une toute petite partie des faits au lieu de faire un plan d'ensemble de tous les acteurs et circonstances de l'événement. Or toute information qui n'est pas replacée dans son contexte, est non seulement incompréhensible mais trompeuse. Au final, seules les pages débats des quotidiens sont intéressantes car elles prennent un peu de hauteur sur un événement et donnent des explications sur les enjeux. Mais ces pages ne sont en général pas écrites par des journalistes mais par des spécialistes qui se donnent la peine de poser les problèmes et suscitent la réflexion du lecteur. Dans une société de surinformation, le lecteur a besoin plus que jamais d'une hiérarchisation des événements, et c'est au journaliste spécialisé de faire la part entre l'anecdote et le fait majeur pour dégager une synthèse. Ce n'est pas en cherchant à créer systématiquement un lien de proximité avec le lecteur, en réduisant la longueur des articles et en abaissant le niveau par des papiers « people » que la presse augmentera sa crédibilité, gagnera durablement des lecteurs et pourra créer un attachement à ces mêmes journaux. »
Jean-Marie Colombani explique le 13 février au Grand Journal de Canal+ que Slate.fr « repose sur l’idée que le moment est sans doute venu aujourd’hui sur Internet de pouvoir offrir de l’analyse, de la prise de distance, de la mise en perspective » et tout le monde l’écoute comme s’il avait inventé la machine à réinventer le journalisme !


1 commentaires:
bravo pour ce billet !
je vous rejoins : à partir du moment où les informations factuelles sont disponibles en temps réel à la télévision, il convient pour la presse de proposer soit de sérieux et étayés dossiers d'information et d'investigations, soit des analyses et des point de vue sur l'actualité.
Ils en sont loin pour l'instant !
à bientôt
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