Marine Le Pen ne veut pas gagner

Voici quelques mois, un journaliste expliquait aux béotiens que nous sommes qu’il ne fallait surtout pas que Emmanuel Macron se retrouve au second tour. La raison avancée ? Son inexpérience politique. Marine Le Pen ne ferait qu’une bouchée du candidat débutant. Ce serait la berezina assurée.

C’est en réalité la candidate soutenue par le FN qui n’a pas fait le poids. Pire, elle a dézingué en quelques minutes tout ce qu’elle avait construit durant des années pour normaliser son parti et acquérir une stature présidentielle.
Étrangement, c’est alors qu’elle est aux portes du pouvoir qu’elle ruine tous ses efforts avec une stratégie de débat incroyablement grossière et stupide.

Alors qu’elle aurait pu dérouler son programme, en particulier sur la sortie de l’euro qui est la colonne vertébrale de son projet. Elle aurait pu expliquer, comme elle l’avait fait lors du précédent débat, que pour retrouver de la compétitivité économique, il n’y a que trois possibilités : renoncer à notre protection sociale (qui permet de baisser les charges), réduire les salaires ou dévaluer sa monnaie nationale… comme l’avait fait Mitterrand au début des années 80.

Mais à quelques jours de l’heure de vérité, Marine Le Pen a été prise d’un vertige. Consciente qu’elle n’a ni la carrure ni le programme pour redresser la France, elle s’est inconsciemment sabordée pour annihiler définitivement ses maigres chances de gagner le 7 mai.

En réalité, Marine Le Pen ne veut pas être présidente de la République et vivre pendant cinq ans un chemin de croix. Elle préfère rester à sa place, dans le confort et la facilité de l’opposition : commenter l’action de l’exécutif et faire croire qu’elle ferait bien mieux. Comme Mélenchon.