Marine Le Pen ne veut pas gagner

Voici quelques mois, un journaliste expliquait aux béotiens que nous sommes qu’il ne fallait surtout pas que Emmanuel Macron se retrouve au second tour. La raison avancée ? Son inexpérience politique. Marine Le Pen ne ferait qu’une bouchée du candidat débutant. Ce serait la berezina assurée.

C’est en réalité la candidate soutenue par le FN qui n’a pas fait le poids. Pire, elle a dézingué en quelques minutes tout ce qu’elle avait construit durant des années pour normaliser son parti et acquérir une stature présidentielle.
Étrangement, c’est alors qu’elle est aux portes du pouvoir qu’elle ruine tous ses efforts avec une stratégie de débat incroyablement grossière et stupide.

Alors qu’elle aurait pu dérouler son programme, en particulier sur la sortie de l’euro qui est la colonne vertébrale de son projet. Elle aurait pu expliquer, comme elle l’avait fait lors du précédent débat, que pour retrouver de la compétitivité économique, il n’y a que trois possibilités : renoncer à notre protection sociale (qui permet de baisser les charges), réduire les salaires ou dévaluer sa monnaie nationale… comme l’avait fait Mitterrand au début des années 80.

Mais à quelques jours de l’heure de vérité, Marine Le Pen a été prise d’un vertige. Consciente qu’elle n’a ni la carrure ni le programme pour redresser la France, elle s’est inconsciemment sabordée pour annihiler définitivement ses maigres chances de gagner le 7 mai.

En réalité, Marine Le Pen ne veut pas être présidente de la République et vivre pendant cinq ans un chemin de croix. Elle préfère rester à sa place, dans le confort et la facilité de l’opposition : commenter l’action de l’exécutif et faire croire qu’elle ferait bien mieux. Comme Mélenchon.

    Ils ne l’ont pas vu venir

    Les politiques, les médias, les hommes de sondages et les experts auto-proclamés… Tous n’avaient vu en lui qu’un freluquet. Un histrion.

    Lorsqu’Emmanuel Macron lance En Marche ! le 6 avril 2016 à Amiens, beaucoup prédisent que l’aventure ne passera pas l’été. Le petit milieu parisien ricane. Un mouvement qui sera « ni de droite ni de gauche », ce n’est pas possible !

    Agacé, le monarque Hollande déclare, le 14 juillet, « Il sait ce qu’il me doit » en réaction à l’impétrant qui deux jours plus tôt à rempli la Mutu… et a fait un pas de plus vers une candidature hors des sacro-saintes primaires.

    De la fête de Jeanne d’Arc au Puy-du-fou, chacune de ses sorties médiatiques divertit les commentateurs politiques. Hollande lui-même ne flaire pas le danger.

    Puis, le ministre de l’Économie quitte le gouvernement le 30 août et finit par annoncer officiellement sa candidature à la présidentielle le 16 novembre. Les observateurs politiques le comparent alors à Lecanuet voire à JJSS.

    Le même message est répété  en boucle : il n’a jamais été élu. Il n’a pas de parti, ni de troupes. Il serait même seul. Macron ? Un illuminé.

    Il peut au mieux espérer faire de la figuration intelligente dans cette présidentielle qui ne manquera pas de choisir l’heureux élu parmi ceux qui crapahutent depuis des lustres pour devenir calife à la place du calife. Car il en a toujours été ainsi…

    Emmanuel Macron arrive en tête le 23 avril, un peu plus d’un an seulement après le lancement d’En Marche ! dans sa ville natale. Bref, à Paris, ils n’avaient rien compris.

    Il avaient sous-estimé son intelligence, sa détermination, sa capacité à bien s’entourer, à fédérer autour de lui des fidèles et à entraîner dans son sillage des centaines de milliers de citoyens.

    Ils avaient aussi sous-estimé le facteur chance : Fillon plutôt que Juppé, Hamon plutôt que Valls, le renoncement de Bayrou… Tous ceux qui voulaient bouter le Macron hors de leur terrain de jeu lui ont servi l’Élysée sur un plateau d’argent.

    Surtout, ils n’avaient pas compris – contrairement à Emmanuel Macron – que nous avions changé de cycle politique. Pourtant, les Français avaient prévenu : 84% ne voulaient pas d’un duel Hollande-Sarkozy ni d’un ersatz de ce tandem. L’Histoire ne bégaie pas éternellement.

    Ils n’avaient pas compris que les Français étaient prêts à donner les clés du pouvoir à un quasi inconnu de moins de 40 ans, qui n’était pas lesté par les combats de coq, les courants des partis, les idéologies moisies et les affaires.

    En 2017, les Français ont mis en œuvre le « dégagisme ». Emmanuel Macron a su habilement être au bon endroit au bon moment pour prendre la place. Toute la place.

      Cachez ce vote FN que je ne saurais voir

      Les idéologues de La France insoumise n’aiment pas la démocratie et encore moins l’opinion de leurs militants. Pouvait-on s’attendre à mieux du « lider maximo » français ? Sans doute pas.

      Ainsi, ils ont organisé une vraie fausse consultation (1) sur leurs intentions de vote au second tour, mais le choix Marine Le Pen n’était pas « une option », a expliqué le mouvement de Jean-Luc Mélenchon en raison de « l’attachement profond de La France insoumise aux principes d’égalité, de liberté et de fraternité ».

      C’est sans doute animés par ces principes qu’entre 17 % et 19% d’entre eux s’apprêtent à voter pour Marine Le Pen au second tour, selon les derniers sondages (2).

      Et bien sûr, il n’existe aucune porosité entre les deux programmes…
      Ni Le Pen, ni Mélenchon, ni Lepenenchon.

       

      (1) Sur les 243.128 suffrages exprimés (sur 430.00 consultés) : 
      36,12%, se prononcent pour un vote blanc ou nul ; 
      34,83%, pour un vote Emmanuel Macron ; 
      29,05% en faveur d'une abstention.
      (2) 17% selon le sondage Kanter Sofres-OnePoint pour le Figaro et LCI 
      publié le 2 mai 2017 ; 19% selon le Sondage Odoxa-Le Point publié 
      le 28 avril 2017.

        Mélenchon et ses électeurs

        Le 23 avril 2017, un peu plus de 7 millions de Français – soit près de 1 suffrage exprimé sur 5 – ont donné leur voix à Jean-Luc Mélenchon, le défenseur des opprimés, de la veuve et de l’orphelin… mais surtout des révolutionnaires.

        Cinq mois plus tôt, Jean-Luc Mélenchon rendait un hommage larmoyant à Fidel Castro, ce « serviteur de la liberté » (sic).

        « Alors que d’autres pays de la région ont cherché à tourner la page de régimes autoritaires, Cuba a continué sous l’impulsion de Fidel Castro à réprimer pratiquement tous les droits civils et politiques, a déclaré José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques d’Human Rights Watch le 26 novembre 2016 lors de l’annonce de son décès. La manière draconienne dont Castro a dirigé son pays et les sévères punitions infligées aux dissidents lui ont permis d’enraciner ce système répressif au cours de plusieurs décennies. »

        Les électeurs de Mélenchon auront été les « idiots utiles » de cette élection : des femmes et des des hommes dénués de toute conscience politique au service d’un homme qui prend le masque du libérateur pour mieux se rêver en dictateur.

          Un choix facile

          Si vous considérez que la gauche et la droite de gouvernement ont échoué ces trente-six dernières années,
          Si vous estimez que les extrêmes portent un programme irréaliste et dangereux…
          Alors vous êtes mûr pour voter Macron.