Ben Laden ne pouvait pas vivre

« Un soir comme celui-ci, nous pourrons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al-Qaïda : justice est faite ». Back Obama est allé droit au but lors de son annonce officielle de la mort de Ben Laden : en réponse aux attentats du 11 septembre qui ont coûté la vie à près de 3000 personnes et tous les autres crimes revendiqués par Al-Qaïda, l’ennemi numéro un des Etats-Unis a reçu une balle dans la tête. Les bonnes âmes regrettent déjà qu’Oussama Ben Laden n’ait pas eu de procès et critiquent les méthodes expéditives des Américains.

C’est oublier que dans la culture protestante, la vengeance est un acte réparateur d’un préjudice. L’expression utilisée par Barack Obama, « Justice est faite » n’est en rien innocente : les familles des victimes avaient besoin de savoir que l’individu, responsable de la disparition de leurs proches, ne vivrait pas. Ce n’est pas un hasard si la peine de mort est encore en vigueur dans beaucoup d’Etats américains : celui qui sème la mort, récolte la mort, c’est la règle.

C’est aussi oublier que Ben Laden est beaucoup moins encombrant mort que vivant. Le capturer supposait de le détenir dans un endroit tenu secret avant son procès. Cela impliquait surtout une recrudescence des prises d’otages d’Occidentaux et d’autres types de chantage odieux pour réclamer sa libération. Les familles des victimes n’auraient rien appris de plus sur sa haine des Américains. Pire, un procès lui aurait offert une tribune pour inciter les Musulmans à s’attaquer aux « infidèles ».

Ben Laden ne pouvait pas vivre.