Du Brexit

Les Britanniques « veulent se détacher d’une Europe qu’ils estiment plutôt décadente, sans perpectives et ils ont plutôt raison. Il faut bien le dire (…)

L’Europe a échoué dans tout.

L’élargissement, c’est une catastrophe.
Le projet de constitution européenne, ça n’a pas marché.
(…)
La gestion de la crise de la dette souveraine entre 2010 et 2012, c’est lamentable.
La crise des migrants, c’est lamentable.

Quels sont les projets européens aujourd’hui ? »

Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l’économie, à l’émission Good Morning Business, BFM Business, 18 janvier 2017

    Pour un véritable big bang de la réforme de l’État

    Plus les années passent, plus on en parle, et rien de tangible n’a lieu. Or, il n’existe pas trente-six chemins pour transformer un État mammouth en un État agile au service des Français : le seul moyen de contraindre un établissement privé comme public à se réformer, est de le soumettre la concurrence.

    Prenons le cas du groupe public SNCF. Ce n’est pas la loi portant réforme ferroviaire de 2014 ni la mise en place d’une convention collective en 2016 pour la branche qui changeront la donne.

    Seule l’ouverture à la concurrence – prévue dans le quatrième paquet ferroviaire adopté par l’Union européenne pour les liaisons nationales (2020) et régionales (2023) – contraindra la SNCF à baisser du jour au lendemain sa facture comme cela s’est produit en Allemagne avec l’opérateur historique la Deutsche Bahn (-20%).

    Concrètement, cette concurrence passera par des délégations de service public (DSP) après appel d’offres. Les Régions, autorités organisatrices des TER et bientôt d’une partie des Intercités, confieront la gestion et l’exploitation du service ferroviaire à l’entreprise privée qui présentera l’offre la plus compétitive.

    Cette entreprise devra répondre au cahier des charges établi par l’autorité organisatrice en termes de volume d’offre, fréquentation, chiffre d’affaires, qualité de service, mise en place de nouveaux outils et matériel… Celle qui remportera le marché devra remplir les critères de qualité – ponctualité, régularité, satisfaction des voyageurs, propreté, par exemple… – définis par l’autorité organisatrice sous peine de se voir appliquer un malus. Et de se faire débarquer à la fin du contrat.

    C’est ce système qui fonctionne dans la plupart des 400 réseaux de transport urbain français – des métropoles comme Lyon, Lille et Bordeaux aux plus plus petites agglomérations.

    Ainsi, en dehors des trois fonctions régaliennes – levée de l’impôt, sécurité et Justice – l’État pourrait confier au privé la gestion et l’exploitation de l’ensemble de l’enseignement (de la maternelle au supérieur), les hôpitaux publics, les prisons, la formation professionnelle, Pôle emploi, mais aussi l’action sociale, le logement…

    Ce serait le seul moyen de permettre à la fois d’assurer une bonne qualité de service – les performances de l’exploitant sont évaluées –  et de faire baisser drastiquement les coûts – celui-ci doit rendre des comptes sur la manière dont l’argent est dépensé.

      2017, année lumineuse ?

      plafond du ChâteletDans moins de cinq mois, la France aura un nouveau président de la République. Pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs de ces dernières années, voici un best of des pièges qui attendent les Français.

      Dans « La France unie enfin ! » du 7 mai  2012, retour ironique sur la victoire de François Hollande à la présidentielle. Et des idées reçues : « La vérité, c’est que la Gauche qui dit aimer le peuple, le déteste, le méprise et en a peur : elle ne croit pas le peuple intelligent et digne. La Gauche n’a jamais eu confiance dans son jugement, c’est pourquoi la Gauche cherche à tout prix à lui dire ce qu‘il doit penser… »

      Dans « Le style nouille du PS » du 9 avril 2011, l’échec annoncé du quinquennat Hollande ou comment la gauche qui était dans l’opposition depuis dix ans a pu « pondre » un programme présidentiel aussi inepte ?

      Dans « Une classe politique à la rue » du 22 mars 2011, un coup de gueule contre ces Français qui « ont fait eux-mêmes leur propre malheur en n’acceptant pas un discours de vérité. Par paresse intellectuelle et goût du moindre effort, ils ont écouté les marchands de rêve qui leur promettaient toujours plus d’argent en travaillant toujours moins, ils ont même réélu aux plus hautes fonctions de l’Etat, des hommes qui avaient lamentablement échoué. Pire, ils ont régulièrement manifesté et même pour certains bloqué le pays pour défendre leurs privilèges et pour que le modèle social mis en place il y a plus de cinquante ans dans un contexte économique complètement différent, soit conservé en l’état. Ils ont volontairement pratiqué la politique de l’autruche… »

      Dans « Laisser le voile intégral en liberté » du 15 juin 2010, deux conceptions de la société s’affrontent : l’une, libérale fait confiance à l’intelligence des hommes ; l’autre étatiste et dirigiste qui prétend réglementer la vie des citoyens.

      Dans « Inquiétudes et doutes sur la politique économique de Sarkozy » du 26 septembre 2007, la critique du chef de l’État qui a choisi de mener une politique de la demande au lieu de mener une politique résolue de l’offre.

      Dans « Campagne du référendum : des arguments au rabais » du 16 mai 2005, un décryptage des pro et anti Traité constitutionnel européen. Quand l’absence d’arguments et les mensonges occupent l’espace médiatique. Au final, des partis de gouvernement désavoués, « responsables et coupables du non au référendum ».

      Dans « Non aux Oui-Oui de l’Europe » du 10 mai 2005, le triptyque promis « paix-prospérité et puissance politique » mis en avant par les défenseurs du Oui au traité constitutionnel, apparaît comme un grossier mensonge.

      Dans « Médiateur du journal Le Monde, les ravages du mal penser » du 28 mars 2005, le rétropédalage du quotidien sur sa couverture des manifestations lycéennes, et sa bien-pensance : « … les pages du Monde ne reflètent pas la réalité de la France pas plus que celles du New York Times ne reflètent l’Amérique. Ces journaux sont de très bons témoignages sur ce que pensent les élites mais ils n’apportent pas grand chose à ceux qui veulent prendre le pouls du pays ».

      Dans « Élargissement de l’UE : dangereuses utopies des europhiles » du 20 mai 2004, une attaque au 10e degré contre l’élargissement de l’UE aux ex-pays de l’Est et une Europe à la dérive sans projet et vision. Ironiquement, des hommes politiques – sans jamais prononcer le mot tabou d’« échec » de l’UE – parlent désormais de mettre en place une Europe à deux vitesses…

      Dans « Politique du gouvernement : les idéologues au pouvoir » du 8 avril 2004, une dénonciation de la mauvaise foi des idéologues et une affirmation : « Que le libéralisme économique soit la seule réponse pour préserver notre niveau de vie et notre système de protection sociale, est une évidence qui saute aux yeux ».

        Pourquoi je ne voterai jamais Juppé

        « Avant, le gouvernement allait dans le mur, maintenant il klaxonne. » Tel était le jugement sans appel d’André Santini sur le locataire de Matignon, Alain Juppé. Son exercice du pouvoir fut un calvaire. La dissolution de l’Assemblée nationale en 1997 et la défaite de la droite aux législatives, une libération.

        Au secours Oui-Oui revient

        Étonnamment, c’est le même homme que les électeurs de droite, du centre (et de la gauche ?) s’apprêtent à « élire » président de la République le 27 novembre prochain. Pourtant, Alain Juppé – AJ! pour son camp – n’a pas changé. Pire, il n’incarne ni une vision de la France, pas même un programme sérieux, mais juste une posture.


        La posture de l’homme tranquille et de « l’identité heureuse », la posture de celui qui sait tout, la posture de l’homme attrape-tout de la droite anti-sarkozyste, du centre et de la gauche sociale-démocrate. Les électeurs ont la mémoire courte. La dernière fois que les Français ont voté contre Sarkozy, ils ont élu Hollande avec sa boîte à outils, et depuis ils s’en mordent les doigts.

        Saint-Bayrou en mission

        Si ces électeurs, qui votent contre, désignent Juppé le 27 novembre, dès début 2017, ils le regretteront quand ils se renseigneront sur son programme et s’endormiront à ses discours. Cela s’est déjà produit en 2007 lorsque nombre d’électeurs de gauche n’ont pas voté pour Ségolène Royal qui était, pourtant, la candidate du PS qu’ils avait désignée… A cette époque, il fallait déjà choisir le candidat le plus à même de battre Sarkozy… 


        Le « tout sauf Sarkozy » ne peut tenir lieu de programme politique, et encore moins de projet pour la France. Mais c’est pourtant celui de François Bayrou qui dès 2007, s’était fait un devoir d’avertir les Français que si le candidat de l’UMP était élu président, il monterait les Français les uns contre les autres. Et la France serait à feu et à sang. Les faits lui ont donné tort. Dix ans plus tard, François Bayrou rejoue, sans vergogne, la même musique. Mais cette fois-ci, il a les yeux de Chimène pour AJ! qui en 2016 incarne, à ses yeux, « un homme de rassemblement » capable de « faire naître un climat politique qui permette de travailler ensemble au service du pays » (sic). Déclaration ahurissante de la part d’un homme qui a vécu, de l’intérieur, le naufrage du gouvernement Juppé pendant deux ans.

        Un incapable à Matignon

        Tout avait pourtant bien commencé dans la carrière de AJ!. Chirac considérait Juppé comme « le meilleur d’entre nous » et le nomme, en 1995, Premier ministre de la quatrième puissance économique du monde. Hélas, le costume était trop grand pour un homme si court qu’il ne lui a fallu que quelques jours pour se saborder. Dès le mois de mai 1995, le monarque de Matignon échoue à composer son équipe. AJ! nomme Alain Madelin à Bercy mais il est remercié en août (?!#&@?). Ensuite, il y eu l’épisode des « Juppettes » : après un remaniement, la quasi totalité des femmes sont exclues du gouvernement en novembre (?!#&@?) au bout de seulement six mois… Même pas capable de former un gouvernement, cet homme serait né pour diriger la France d’une main de maître !


        La preuve de son incompétence tomba quelques semaines plus tard avec les grèves de décembre 1995. Chirac avait vendu la « fracture sociale » pour se faire élire, Juppé annonce un plan sur les retraites et la Sécurité sociale qui prend à revers les fonctionnaires. L’homme qui sait tout et qui comprend tout, est débordé. L’exécutif ne s’en remettra jamais. La France non plus d’ailleurs. Car Juppé s’entête pendant des semaines pour finalement céder. Ridicule. AJ! n’a jamais rien compris à la politique ni aux syndicats ni aux Français, des qualités pourtant indispensables quand on prétend gouverner la France.

        1995-2015 : un politique qui fait pschitt

        Avec un chef du gouvernement qui avait réussi l’exploit de se mettre à dos son propre camp, décision fut prise de saborder la majorité RPR-UDF au lieu de changer de Premier ministre ! Ainsi, le brillant trio d’énarques Chirac-Juppé-Villepin décida, en 1997, de dissoudre l’Assemblée nationale et d’organiser des élections législatives en juin alors que la croissance – et la baisse du chômage qui s’en est suivie – revint en septembre. Et qui en a profité ? Le meilleur d’entre nous ?

        Alain Juppé a sombré en 1995 parce qu’il vivait dans un autre monde que les Français qu’il prétendait gouverner. L’ancien maire adjoint de Chirac balayait alors d’un revers de main les révélations du Canard Enchaîné sur les logements du domaine privé la Ville de Paris dont son fils et lui profitaient à l’époque. AJ! avait même déversé son mépris au journal de 20h00 de TF1 le 6 juillet 1995 en déclarant qu’il restait « droit dans ses bottes », mais les Français ont bien compris à ce moment-là que Juppé chiait dans leurs bottes. Sans parler de son indécence à évoquer le « petit appartement » de son fils de « quatre pièces de 80m2″… dans le VIe arrondissement de Paris. Episode abracadabrantesque.


        Au moins si l’homme était intelligent et brillant, on lui passerait ses erreurs de débutant et sa suffisance. Mais que dire d’un candidat à la primaire, qui grisé par des sondages flatteurs depuis des mois, croit sincèrement qu’il surclasse ses adversaires, mais ne fait pas le poids face à Michel Onfray ? Sa sortie mémorable sur le plateau du Grand Journal de Canal+ le 26 mars 2015 montrait l’imposture Juppé, dans son costume de rassembleur, expliquer que « l’islam est compatible avec la République ». Michel Onfray, se contente alors de lui demander s’il a lu le Coran. Et là, patatras. AJ!, qui se voyait déjà à l’Élysée, prend l’air contrit de l’élève qui n’a pas appris ses leçons. Juppé ou l’homme qui fait toujours « Pschitt ».

        La droite la plus bête du monde

        Alors, qui désigner le soir du 27 novembre ? Pas AJ! qui n’a pas pris la mesure du délitement de la société française ni de son incompétence. Pas Sarkozy qui n’a semble-t-il rien appris de son quinquennat et revient avec les mêmes recettes qu’en 2007 sans voir que le contexte politique et social a changé. Reste Fillon qui a l’expérience et la solidité de celui qui a passé cinq ans à Matignon contrairement au « meilleur d’entre nous », mais quoi d’autre ? Rien.

        En vérité, aucun des candidats à la primaire de la droite et du centre ne propose un programme novateur en mesure de redresser la France. Ils prônent tous peu ou prou la baisse des impôts et des charges, la baisse du nombre de fonctionnaires, le recul de l’âge de départ à la retraite, la suppression de l’ISF et la dégressivité des allocations chômage, la lutte (impitoyable forcément) contre le terrorisme et Daech… Bref, tout ce qui a déjà été fait avant sans succès et qu’ils comptent faire demain.

          Le vrai visage du socialisme

          Les jeunes générations se revendiquent souvent de « gauche » sans savoir ce qu’est le socialisme. Incultes et naïfs, ils n’ont pas plus conscience qu’ils adhèrent à une idéologie mortifère. Ils se prennent de passion pour des programmes politiques et des personnes qui les privent tôt ou tard de leur liberté. Car il n’existe pas de socialisme à visage humain.  Tocqueville décrit ce système comme « une nouvelle formule de la servitude » :

           » Si je ne me trompe, messieurs, le premier trait caractéristique de tous les systèmes qui portent le nom de socialisme, est un appel énergique, continu, immodéré, aux passions matérielles de l’homme.
          C’est ainsi que les uns ont dit « qu’il s’agissait de réhabiliter la chair » que les autres ont dit « qu’il fallait que le travail, même le plus dur, ne fût pas seulement utile, mais agréable » que d’autres ont dit qu’il fallait « que les hommes fussent rétribués, non pas en proportion de leur mérite, mais en proportion de leurs besoins » et enfin, que le dernier des socialistes dont je veuille parler est venu vous dire ici que le but du système socialiste et, suivant lui, le but de la révolution de Février, avait été de procurer à tout le monde une consommation illimitée.
          J’ai donc raison de dire, messieurs, que le trait caractéristique et général de toutes les écoles socialistes est un appel énergique et continu aux passions matérielles de l’homme.

          Il y en a un second, c’est une attaque tantôt directe, tantôt indirecte, mais toujours continue, aux principes mêmes de la propriété individuelle. Depuis le premier socialiste qui disait, il y a cinquante ans, que La propriété était l’origine de tous les maux de ce monde, jusqu’à ce socialiste que nous avons entendu à cette tribune et qui, moins charitable que le premier, passant de la propriété au propriétaire, nous disait que la propriété était un vol, tous les socialistes, tous, j’ose le dire, attaquent d’une manière ou directe ou indirecte la propriété individuelle. Je ne prétends pas dire que tous l’attaquent de cette manière franche, et, permettez-moi de le dire, un peu brutale, qu’a adoptée un de nos collègues; mais je dis que tous, par des moyens plus ou moins détournés, s’ils ne la détruisent pas, la transforment, la diminuent, la gênent, la limitent, et en font autre chose que la propriété individuelle que nous connaissons et qu’on connaît depuis le commencement du monde.

          Voici le troisième et dernier trait, celui qui caractérise surtout à mes yeux les socialistes de toutes les couleurs, de toutes les écoles, c’est une défiance profonde de la liberté, de la raison humaine, c’est un profond mépris pour l’individu pris en lui-même, à l’état d’homme ce qui les caractérise tous, c’est une tentative continue, variée, incessante, pour mutiler, pour écourter, pour gêner la liberté humaine de toutes les manières c’est l’idée que l’État ne doit pas seulement être le directeur de la société, mais doit être, pour ainsi dire, le maître de chaque homme que dis-je son maître, son précepteur, son pédagogue ; que, de peur de le laisser faillir, il doit se placer sans cesse à côté de lui, au-dessus de lui, autour de lui, pour le guider, le garantir, le maintenir, le retenir en un mot, c’est la confiscation, comme je le disais tout à l’heure, dans un degré plus ou moins grand, de la liberté humaine à ce point que, si, en définitive, j’avais à trouver une formule générale pour exprimer ce que m’apparaît le socialisme dans son ensemble, je dirais que c’est une nouvelle formule de la servitude. »

          Alexis de Tocqueville, extrait du discours prononcé à l’Assemblée constituante contre un amendement sur le droit au travail, 12 septembre 1848

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