Quand Fillon copie Macron

Lundi 13 mars 2017, QG du candidat de la droite et du centre. François Fillon présente son programme qu’il résume en trois objectifs : « libérer, protéger, réconcilier ».

Mercredi 8 mars 2017, QG d’En Marche ! Lors de la réunion des comités locaux parisiens, l’animateur résume la vision du candidat Emmanuel Macron : « libérer, protéger, réconcilier ».

Simple coïncidence ?

    Une parodie de démocratie

    Dans une démocratie, tout citoyen a parfaitement le droit – et même le devoir – d’exercer son esprit critique à l’encontre du pouvoir politique, de la Justice, des médias, des religions… mais aussi du peuple auquel il appartient.

    Ce n’est pas parce que les idiots utiles voudraient réduire le débat démocratique à un robinet d’eau tiède au service de la pensée unique, que l’on doit accepter cette défaite de la pensée.

      Une justice malade

      Ceux qui « font confiance à la justice de notre pays », n’ont visiblement jamais eu affaire à ladite justice.

      « Des petits Outreau, il y en a tous les jours. Outreau, c’est le catalogue de toutes les mauvaises habitudes d’une justice ordinaire », explique Corinne Dreyfus-Schimdt, avocate pénaliste, dans Le Figaro du 3 juin 2015, dix ans après « l’affaire ».

      « Après les 80 recommandations de la commission d’enquête parlementaire, il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, c’est le vide sidéral. Rien n’a réellement changé… »

      Est-ce qu’une affaire Outreau pourrait arriver aujourd’hui ? « Malheureusement, oui. »

      Que proposent les candidats à la présidentielle pour éviter de nouveaux Outreau ? Rien.

        Juppé a tiré sur l’ambulance

        Son discours de renoncement à l’élection présidentielle sonnait comme un requiem pour une France qui, sans lui, serait irrémédiablement foutue.

        Surtout, Alain Juppé n’a pas pu s’empêcher d’attaquer les autres candidats à l’Élysée, qui – à ses yeux – n’ont définitivement pas ses qualités.

        Pire, celui-ci s’est permis de réserver ses attaques les plus dures au candidat de son propre camp, en un mot, de « tirer sur l’ambulance » Fillon.

        Pour finir, Alain Juppé a fait savoir quelques jours plus tard qu’il avait donné son parrainage… à François Fillon.

        Un homme d’État se comporte-t-il ainsi ? NON.

          La droite des pieds-nickelés

          Si Les Républicains avaient sorti le candidat Fillon dès les révélations du Canard Enchaîné, il leur aurait été facile d’invoquer une question de morale. Le parti était alors sain et sauf. Et la victoire à portée de main.

          Mais Les Républicains ont tergiversé et ont attendu plus d’un mois pour tenter de pousser Fillon vers la sortie. Tout le monde a bien compris qu’ils étaient alors uniquement mus par la peur de perdre la présidentielle. Au final, le parti s’est suicidé dans une épouvantable cacophonie.

            La « droite Trocadéro »

            Difficile de dire si le terme « droite Trocadéro » restera dans le vocabulaire politique.

            En attendant, ce raccourci désigne au mieux une droite « radicalisée » dans la bouche d’Alain Juppé, au pire un ramassis de cathos intégristes de la part de ceux qui n’y étaient pas… au Trocadéro.

            En vérité, celles et ceux qui y étaient, le 5 mars 2017, ne souhaitaient simplement pas se faire voler le résultat sans équivoque de la primaire de la droite et du centre.

            Ainsi, se mobiliser pour faire respecter un vote démocratique, serait devenu le propre d’un peuple radicalisé et intégriste !

              Le putsch des girouettes

              Voici trois semaines, les élus Les Républicains expliquaient aux Français, et en particulier à leurs électeurs, qu’il n’y avait pas de plan B.

              Depuis quatre jours, les mêmes veulent nous imposer de force Alain Juppé en multipliant les défections et les déclarations sur Twitter en 140 caractères.

              Sans discussions et sans débat démocratique.
              Si ce n’est pas un putsch, cela y ressemble.

                Les carabistouilles des Juppéistes

                Alain Juppé est le candidat légitime, car il est arrivé second de la primaire, nous expliquent les déserteurs de la campagne Fillon. La bonne blague.

                Le sondage Elabe pour BFM TV réalisé le jour du premier tour de la primaire montrait que sur les 4,27 millions de votants, il y avait 15% de « sympathisants de gauche » et 14% de personnes affirmant n’avoir « aucune préférence partisane » (mon œil) !

                Si par charité chrétienne on ne compte que les 15% de « sympathisants de gauche » dont les suffrages se sont porté sur Alain Juppé pour « éliminer » Nicolas Sarkozy, cela représente 640.500 voix.

                Sans ces électeurs de gauche, le candidat Juppé serait arrivé troisième de l’élection avec 580.000 voix, derrière Nicolas Sarkozy (882.000).

                Quand on est aussi peu populaire dans l’électorat de la droite et du centre, on n’a aucune légitimité à le représenter à l’élection présidentielle.

                 

                  C’est trop tard

                  Si Les Républicains avaient perçu les dégâts irrémédiables causés par les sommes jetées à la figure des Français, ils auraient « débranché » Fillon dès les premières révélations du Canard enchaîné.

                  Mais, Les Républicains comme Fillon n’ont pas compris.
                  Maintenant, c’est trop tard. L’élection est perdue.

                    Les aveux de Pénélope

                    Ce n’est pas le Canard Enchaîné qui affirme que Pénélope ne travaillait pas comme attaché parlementaire ni la meute des médias comme le dénonce François Fillon, mais Pénélope elle-même !

                    C’est elle qui a au fil des années et des interviews a toujours déclaré qu’elle n’avait jamais participé de près ou de loin aux activités politiques de son mari.

                    François Fillon devrait écouter sa femme au lieu d’attaquer les médias, la justice, l’Élysée, la gauche…

                      Fillon, nouveau Shadok

                      Contacté par Le Canard enchaîné pour vérifier les informations sur les « activités » de Pénélope, le candidat n’a rien trouvé de plus intelligent que d’ignorer superbement la tempête qu’il allait se prendre en pleine face.

                      Le jour où les premières révélations sont sorties, le candidat n’a rien trouvé de mieux que de parler de « mysoginie » à propos des emplois présumés fictifs de sa femme.

                      Quelques jours plus tard, son intervention au journal de 20h00 de TF1 n’a pas dissipé le trouble, bien au contraire : un festival d’inexactitudes et un grand flou sur le « travail supposé » de sa femme.

                      Depuis, le candidat pédale dans le vide comme les Shadoks pompaient, pompaient…

                        Une candidature illégitime

                        Le candidat dit tirer sa légitimité de la primaire de droite et du centre remportée le 27 novembre 2016.

                        Si les électeurs avaient su qui était le vrai François Fillon, auraient-ils voté pour lui et l’auraient-ils désigné candidat de la droite et du centre à la présidentielle ? Sans doute que non.

                        Georges Fenech a raison : la primaire est caduque.

                          L’arroseur arrosé. 

                          Il fut un temps où François Fillon pérorait dans un meeting sur l’exemplarité des responsables politiques : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? »

                          Il fut un temps où François Fillon déjeunait avec Jean-Pierre Jouyet pour demander à l’Élysée de faire pression sur la justice pour qu’elle accélère les procédures judiciaires en cours contre Nicolas Sarkozy.