De l’inévitable réduction des dépenses publiques

Avertissement : ébauche d’article écrit le 8 janvier 2017 et furieusement d’actualité

La fonction publique représente plus de 20% de la population active (5,4 millions, 6,17 si on prend en compte les emplois aidés) selon l’OCDE et les chômeurs toutes catégories confondues  – Dom-Tom compris –  encore plus (6,57 millions), cela signifie concrètement que le secteur marchand s’appuie sur moins de 60% de la population active (28,64 millions). Il n’est nul besoin d’être un prix Nobel d’économie pour comprendre que ce système ne peut pas supporter notre modèle social. D’ailleurs, il est en partie financé par la dette.

 Les Français, qui travaillent dans ce secteur marchand, ne semblent pas réaliser que leur pouvoir d’achat est conditionné par le faible nombre de personnes qui créent des richesses. Résultat, un revenu brut qui plafonne, le poids des charges sociales qui ne baisse pas et celui de la fiscalité (locale comme nationale) qui tend à augmenter. Les Français ne peuvent vouloir à la fois gagner plus et conserver le même poids de la fonction publique. Si on posait le débat en ces termes, ils seraient alors moins nombreux à refuser de baisser le nombre de fonctionnaires.

Il est toujours frappant de voir que les syndicats représentant les fonctionnaires biaisent par avance le débat en mettant l’emploi public sur le même plan que l’emploi marchand. Le premier est financé par les entreprises et les ménages (directement ou via la dette), le second par la vente de biens et de services. Autrement dit, chaque euro dépensé par la fonction publique est pris dans la poche des Français. De fait, chaque euro dépensé doit être pleinement justifié. Sinon, cette dépense doit être supprimée. Ce principe simple devrait guidé l’action de tout élu – du président de la République au maire de la plus petite commune. 

La part des fonctionnaires dans la population active des pays de l’OCDE. Source : OCDE / Infographie : Les enquêtes du contribuable

Les enquêtes du contribuable estimaient ainsi en 2014 que « Si la France se situait dans la moyenne de l’OCDE (15,5 % de fonctionnaires dans la population active), ce sont 1,6 million de personnes qui ne travailleraient pas dans la fonction publique. La seule rémunération de ces fonctionnaires « surnuméraires » coûte 48,4 milliards d’euros par an (soit 2 500 euros bruts par mois en moyenne par agent)… »

 

    Une jeunesse qui joue à la révolution de 5 à 7

    Il n’y a plus de manifestations en France sans casseurs. Des manifs anti-CPE de 2006 au traditionnel défilé des syndicats du 1er mai 2018 en passant par la loi travail de 2016, ils s’invitent dans les cortèges. Ils s’attaquent aux forces de l’ordre qui représentent, à leurs yeux, la violence de l’État. Ils s’en prennent aussi aux symboles du capitalisme et de la mondialisation, les banques et multinationales étants accusées de violence contre les travailleurs.

    Au fond, ils cassent parce qu’ils n’ont rien à dire. Incapables de raisonner, ils répètent comme des petits perroquets les mantras de la gauche altermondialiste. Faute de culture, ils recyclent les vieilles idées communistes et marxistes en croyant qu’elles sont nouvelles. Faute d’intelligence, ils osent s’afficher avec des slogans affligeants comme « le black bloc colore nos vies » .

    Les facs occupées ces derniers mois étaient couvertes de mots d’ordre tout aussi ineptes.

    Au final, ceux qu’on nous présente comme des personnes qui font ou ont souvent fait de longues études – il y aurait même des doctorants dans leurs rangs  (sic) – jouent à la révolution dans les manifs. Ils croient faire peur avec des jeux de mots foireux du type « premier de cordée, premier guillotiné », mais ils sont bien trop bêtes pour être dangereux, excepté pour eux-mêmes.

      La mondialisation et la concurrence ont le vent en poupe en France

      Je ne croyais pas voir ça de mon vivant. 51% des Français considèrent désormais que la mondialisation est une chance pour la France sur le plan économique selon le 5e baromètre W&Cie Viavoice sur la marque France et l’état d’esprit collectif publié le 26 avril 2018. C’est 13 points de plus que cinq ans plus tôt.

          5e baromètre W&Cie-Viavoice sur la marque France.

      En outre, 76% des Français estiment de la même manière que l’ouverture à la concurrence des lignes de train sera « une bonne chose pour les usagers » selon un sondage Elabe réalisé pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne publié le 5 avril 2018.

      Serait-ce un effet d’Internet ? Habitués à comparer les prix et donc à faire jouer la concurrence sur le web, les consommateurs Français se sont convertis à ce gros mot qu’on se doit encore de prononcer avec dégoût et horreur : « l’ultralibéralisme ».

        Raphaël Glucksmann ou le mal penser

        Le meurtre de Mireille Knoll est le fait d’un « héritier des SS » selon le directeur du Nouveau Magazine Littéraire, Raphaël Glucksmann, dans un tweet daté du 26 mars 2018. Il est permis de douter que son principal suspect, Yacine Mihoub, 27 ans, mis en examen pour « homicide volontaire » à caractère antisémite, soit un grand connaisseur du nazisme.

        Comme il est commode d’associer tout antisémitisme au nazisme. Monsieur Glucksmann feint d’ignorer que les SS (et leurs collabos) ont perdu la seconde guerre mondiale et n’organisent donc plus de rafles depuis plus de soixante-dix ans. Invoquer l’ancien antisémtisme, qui est passé, pour expliquer le présent, s’apparente à du révisionnisme.

        Monsieur Glucksmann feint d’ignorer que l’antisémitisme qui sévit aujourd’hui dans notre pays est le fait de musulmans. « Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs, par des islamistes radicaux », rappelle le collectif, auteur du manifeste contre le nouvel antisémitisme publié par Le Parisien-Aujourd’hui en France le 21 avril 2018.

        Quand on se refuse de nommer les choses, quand on occulte délibérément la réalité, on n’a aucune crédibilité politique ni philosophique ni morale.

          Plenel-Bourdin, un numéro de fake news

          Edwy Plenel (Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (RMC) ont ouvert la boîte à baffes, et ont gravement mis à mal la profession le 15 avril 2018. Pourquoi ? Un journaliste répond à une charte de déontologie, il ne doit en aucun cas se servir des médias pour désinformer les citoyens (1). C’est pourtant ce que ce duo n’a cessé de faire durant tout l’entretien avec le président de la République.

          Par exemple, les deux compères ont délibérément alimenté la confusion entre « optimisation fiscale » et « fraude fiscale », la première est légale, l’autre non. La nuance est de taille. Et pourquoi réduire la fraude fiscale à l’évasion fiscale ? Et pourquoi ne pas s’alarmer aussi de la fraude sociale ? Quand on s’arroge en procureur, on se doit de dénoncer toutes les fraudes et toutes ses formes, et ne pas viser uniquement quelques entreprises et particuliers, donnant ainsi l’impression que le but de leur manoeuvre n’est pas de lutter contre la fraude de contribuables français, mais uniquement de couper les têtes qui dépassent : Kering.

          Parler comme Bourdin « d’acte de guerre » pour qualifier les frappes de la France contre la Syrie en représailles d’attaques à l’arme chimique, était aussi très loin de la réalité. La France n’est pas entrée en conflit armé contre le régime de Damas. De son côté, Plenel qui a toujours considéré que ce sont ses propres règles qui prévalent (fraude fiscale de Mediapart à la TVA) et pas celles de la République, a expliqué qu’il n’était pas normal que le chef de l’Etat ait décidé seul de frapper la Syrie comme si ce dernier avait enfreint nos institutions, alors que la Constitution lui en donne le plein droit.

          Et il y a eu aussi les insinuations de Plenel destinées certainement à faire bouillir le bon peuple : « votre ami Bernard Arnault » pour qualifier l’homme le plus riche de France. Pire, celui-ci a osé remettre en cause la légitimité démocratique d’Emmanuel Macron. Reprenant les arguments de La France insoumise, celui-ci a expliqué qu’il avait été mal élu puisque seulement 18% des inscrits ont voté pour lui au premier tour de la présidentielle. Est-ce que ce même Plenel a remis en cause la légitimité des précédents présidents de la République dont certains ont été plus « mal élus » que Macron ? Non. Et si Macron n’est pas légitime a être président de la République de la France, quel autre candidat le serait davantage que lui ? Celle qui est arrivée deuxième au premier et au second tour, celui qui était 3e, ou le 4e ? Plenel ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez.

          Le duo a été tellement ridicule qu’il s’est fait reprendre maintes fois par le président de la République qui a eu la partie facile tellement Plenel et Bourdin ont tendu le bâton pour se faire battre. Ce qui leur valu cette Une de Charlie Hebdo signée Riss.

          Force est de reconnaître que Edwy Plenel avait gardé le meilleur pour la fin. Il a invoqué l’Etat de droit pour défendre l’accueil des migrants en France, mais a vite renoncé à ce même Etat de droit pour défendre l’occupation illégale du domaine public à Notre-Dame des Landes. La contradiction était flagrante. Elle n’a pas gêné le moins du monde celui qui s’est toujours présenté comme une haute conscience politique et morale, et qui n’est qu’un petit procureur qui juge à la tête du client.

          Ce n’est hélas pas la première fois que Mediapart et leurs amis dévoilent leur vrai visage : être impitoyable avec ceux qu’ils combattent et qui sont coupables par définition – le pouvoir, les riches, les patrons… ; fermer les yeux sur les exactions, crimes et délits commis par les intellectuels de gauche, les militants, les syndicalistes et les pauvres… qui sont innocents par définition. Et ce sont évidemment Edwy Plenel et ses collaborateurs qui jugent et font tomber le verdict comme la lame sur le guillotiné.

          Quand on veut faire régner l’arbitraire dans le pays, on ne se cache pas derrière l’Etat de droit quand cela vous arrange et on ne le jette pas aux oubliettes quand il devient gênant. On assume son goût pour les idéologies mortifères et ses abominations.

          Certes, ces hommes ont le droit de s’exprimer et même de donner leur opinion, cela s’appelle la liberté d’expression, mais ils n’ont pas le droit de le faire en qualité de journaliste c’est-à-dire en faisant croire qu’ils informent les citoyens quand ils font exactement le contraire. Qu’on leur enlève leur carte de presse.

           

          (1) Extrait de la charte de déontologie : « un journaliste digne de ce nom : (…) tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ».