Aux fripouilles et aux médiocres

December 27th, 2011 — 4:59pm

Personne n’est choqué que l’on dise en sport : « que le meilleur gagne ». En économie, les règles sont toutes différentes : tout le monde doit réussir, même si on est mauvais. Roman d’une brulante actualité, « Atlas Shrugged » sort enfin en Français cinquante-quatre ans après sa parution aux Etats-Unis. L’auteur, Ayn Rand, née en Russie en 1905 et émigrée aux USA en 1926, démonte brillamment qu’une économie qui n’est pas fondée sur la compétence et l’efficacité conduit à la misère sociale et au chaos politique. Un best-seller aux Etats-Unis qui étonnamment n’avait pas d’éditeur en France. Trop subversif ?

Sur près de 1200 pages, Ayn Rand décrit l’engrenage infernal qui conduit un pays moderne et libéral à sombrer comme le Titanic : au tout début de l’histoire, des industriels ne parviennent pas à faire face à la concurrence sur leur marché faute d’innovation et tout simplement de compétence. Ceux-ci font appel à la puissance publique pour les aider. L’exécutif, qui cherche à se valoriser, s’empresse de mettre en place des barrières pour « organiser la concurrence » mais qui revient en fait à protéger ces chefs d’entreprise et à leur assurer une rente. Ces manœuvres sont réalisées au nom de « l’intérêt général », vaste blague destinée en réalité à conserver les parts de marché de personnes incapables de produire et livrer, en temps et en heure, des produits et services au meilleur rapport qualité-prix.

Ce qui devait arriver, arriva : quand on freine le développement des entreprises les plus compétitives pour aider celles qui ne le sont pas, la production baisse et est moins qualitative : en un mot, l’économie est moins productive. Très vite, l’appareil de production est incapable de répondre à la demande : la pénurie fait son apparition. L’exécutif est alors enclin à prendre de nouvelles mesures pour redresser l’économie : suppression de la concurrence, quotas de production… Comme la situation se dégrade encore, les pouvoirs publics prennent pied dans les entreprises pour encore mieux les contrôler : des fonctionnaires incompétents décident alors à la place de chefs d’entreprise qui connaissent leur métier… Dernière étape avant la nationalisation de l’appareil de production. Au final, l’économie s’effondre, le chômage et la misère gagnent, et les politiques s’affolent car le pays est en situation d‘insurrection. Ils font alors appel à ces mêmes chefs d’entreprise qu’ils ont méprisés et virés pour qu’ils sortent l’économie du marasme. Le deal est faustien : occupez-vous de l’économie, nous gardons notre fauteuil et restons à la tête du pays. Ayn Rand ne fait pas mystère de ce qu’elle pense de ce genre de compromis bancal…

La charge contre les médiocres sans foi, ni loi, est féroce : l’auteur s’attaque à ces vrais faux chefs d’entreprise qui méprisent le profit pour mieux cacher leur incompétence ; aux politiques prêts à tout pour garder leur pouvoir ; aux scientifiques qui ne se mettent pas au service du progrès technique et préfèrent des inventions qui n’auront pas d’application utile pour la société ; aux fonctionnaires qui n’ont aucune utilité économique et qui pourtant tirent les ficelles ; aux intellectuels qui méprisent la logique en philosophie, la mélodie en musique ou encore l’intrigue dans un roman ; aux journalistes qui n’écrivent pas la vérité. Une « élite autoproclamée » à l’esprit si perverti qu’elle nie jusqu’à la raison d’être des choses. Des fripouilles et des médiocres qui ont consacré tout leur temps à s’arroger le pouvoir au lieu de le mériter, et à dicter aux autres quoi faire et que penser.

Toute ressemblance avec la situation française ne serait évidemment que pur mauvais esprit.

« La Grève » (Atlas Shrugged) d’Ayn Rand, Edition Les Belles Lettres, 1168 pages, 29,50 €.

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Une fiction signée Cyrus Vance

August 28th, 2011 — 2:26pm

Le volet pénal de l’affaire DSK se termine en queue de poisson. L’enquête menée par le bureau du procureur de New York a conclu à une “relation [sexuelle] précipitée” – 7 à 9 minutes – mais les éléments matériels ne permettraient pas d’établir si elle était consentie ou non… Cyrus Vance en a trop dit ou pas assez. Il a surtout oublié l’élément déterminant de l’affaire : Nafissatou Diallo n’est pas Angelina Jolie et DSK, n’est pas Brad Pitt. Si l’enquête avait été menée sérieusement, elle ne pouvait donc conclure qu’à trois scénarios possibles :
- cette relation sexuelle était consentie parce que non seulement DSK est un sex addict mais Nafissatou Diallo est une nymphomane, et alors pourquoi diable se sont-ils précipités ? ;
- cette relation sexuelle était consentie parce qu’elle était tarifée, et alors on ne voit pas pourquoi DSK s’est autant “précipité” et a profité du pouvoir de son argent pendant seulement 7-9 minutes ;
- cette relation sexuelle n’était pas consentie et alors le terme de “relation précipité” est l’expression politiquement correcte qui sera à l’avenir utilisée pour parler d’un “viol”

Quel que soit le scénario retenu, Cyrus Vance Jr. aura jusqu’à la fin de ses jours le poids du ridicule sur ses épaules.

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DSK la loi du silence

May 15th, 2011 — 3:32pm

Jusqu’à samedi matin, DSK faisait partie des maîtres du monde. Un intouchable. Le président du FMI était déjà présenté par les médias français comme le successeur de Sarkozy à l’Elysée. Et puis patatras, les médias ne parlent plus ce dimanche que de son arrestation pour agression sexuelle, séquestration et tentative de viol. A cette heure, dimanche 15 mai, 15h00, personne ne sait ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel à New York mais ce que l’on sait en revanche avec certitude c’est que l’Amérique n’est pas la France. Et comme le rappelait les médias français en boucle, les Etats-Unis ne rigolent pas avec les affaires sexuelles. Surtout, les Etats-Unis n’ont pas l’habitude de cacher les scandales sous le tapis.

Surprise ? Les ”appétits” de DSK sont un secret de polichinelle dans les milieux autorisés. Au moment de sa nomination au FMI en juillet 2007, Jean Quatremer, journaliste à Libération, écrivait d’ailleurs sur son blog : “Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique.” Déjà, DSK avait dû s’expliquer sur son aventure avec une économiste hongroise à Washington et avait dû présenter ses excuses pour son “erreur de jugement”. Non, décidemment l’Amérique n’est pas la France : là-bas, les maîtres du monde ne sont pas des intouchables ; là-bas la complaisance pour ne pas dire la connivence entre les politiques  et les médias n’existe pas.

Jamais cette affaire DSK n’aurait pu avoir lieu en France car ici, tout aurait été soigneusement étouffé.  Ici, c’est la loi du silence : l’élite autoproclamée a droit à un traitement de faveur. Ici, les journalistes qui appartiennent à cette élite, en auraient bien parlé dans les dîners en ville mais auraient gardé leur langue comme ils l’ont fait si longtemps avec Mitterrand : oublié son passé vichyste, oublié son cancer, oublié Mazarine hébergée aux frais des contribuables…. Jamais le Français moyen ne se serait réveillé ce dimanche avec l’annonce de l’arrestation de DSK dans un avion d’Air France à l’aéroport JFK… Ici, les journalistes vous cachent tout et ne vous disent rien.

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L’auto-entrepreneur, c’est pas pour les chômeurs

May 12th, 2011 — 9:59am

“Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations” pour le régime de l’auto-entrepreneur. Une révolution dans notre système fiscal toujours prompt à prélever des impôts comme l’IFA* même quand une entreprise ne fait pas de profits. Pas étonnant que ce régime ait connu un succès immédiat dès son entrée en vigueur le 1er janvier 2009 : en un an, près de 300 000 personnes avaient opté pour ce statut. Au 31 janvier 2011, l’Acoss, la caisse nationale des Urssaf, dénombrait 660 400 comptes auto-entrepreneurs administrativement actifs.

A priori, ce statut est idéal pour les personnes sans emploi qui souhaitent tester une idée et lancer une petite entreprise. Le plafond autorisé de chiffre d’affaires – 32 100 € pour les prestations de services, 80 300 € pour les activités d’achat/revente de produits – n’est pas un obstacle pour celui qui débute une activité en solo. En réalité, ce régime est particulièrement adapté pour les personnes qui ont déjà un emploi salarié car tout revenu généré constitue un bonus ! En revanche, les demandeurs d’emploi qui adoptent ce statut, voient immédiatement leur allocation chômage se réduire de 583,80 € par mois la première année (875,70 € la seconde) quel que soit le revenu généré comme auto-entrepreneur. Le demandeur d’emploi peut opter pour le versement de ses indemnités chômage sous forme d’un capital qui sera réduit de moitié par rapport à ses droits à l’ARE (allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) et versé en deux fois. Autrement dit, le chômeur contrairement au salarié, doit savoir à l’avance quel sera son chiffre d’affaires dans les mois à venir : à l’impossible, le demandeur d’emploi est tenu.

“Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations” certes mais le chômeur qui a eu la naïveté de se lancer sans avoir le moindre client, se retrouve privé d’une partie substantielle de ses moyens de subsistance simplement pour s’être déclaré auto-entrepreneur. Officiellement, Pôle Emploi a pour politique d’encourager les chômeurs à créer leur entreprise, en réalité, le service public de l’emploi met sur la brèche ceux qui se lancent ; officiellement, ce nouveau statut a pour objet d’éliminer le travail au noir, en réalité, il encourage les chômeurs à ne pas déclarer leurs revenus complémentaires. Comble des paradoxes, lorsque vous êtes au chômage et que vous souhaitez vous mettre à votre compte, le plus commode reste de retrouver un emploi salarié avant de songer à créer votre petite entreprise !

* IFA : Impôt Forfaitaire Annuel

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Ben Laden ne pouvait pas vivre

May 5th, 2011 — 9:12pm

“Un soir comme celui-ci, nous pourrons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al-Qaïda : justice est faite”. Back Obama est allé droit au but lors de son annonce officielle de la mort de Ben Laden : en réponse aux attentats du 11 septembre qui ont coûté la vie à près de 3000 personnes et tous les autres crimes revendiqués par Al-Qaïda, l’ennemi numéro un des Etats-Unis a reçu une balle dans la tête. Les bonnes âmes regrettent déjà qu’Oussama Ben Laden n’ait pas eu de procès et critiquent les méthodes expéditives des Américains.

C’est oublier que dans la culture protestante, la vengeance est un acte réparateur d’un préjudice. L’expression utilisée par Barack Obama, “Justice est faite” n’est en rien innocente : les familles des victimes avaient besoin de savoir que l’individu, responsable de la disparition de leurs proches, ne vivrait pas. Ce n’est pas un hasard si la peine de mort est encore en vigueur dans beaucoup d’Etats américains : celui qui sème la mort, récolte la mort, c’est la règle.

C’est aussi oublier que Ben Laden est beaucoup moins encombrant mort que vivant. Le capturer supposait de le détenir dans un endroit tenu secret avant son procès. Cela impliquait surtout une recrudescence des prises d’otages d’Occidentaux et d’autres types de chantage odieux pour réclamer sa libération. Les familles des victimes n’auraient rien appris de plus sur sa haine des Américains. Pire, un procès lui aurait offert une tribune pour inciter les Musulmans à s’attaquer aux “infidèles”.

Ben Laden ne pouvait pas vivre.

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France, pays des passe-droits

May 2nd, 2011 — 7:35pm

Le Tribunal des Prud’hommes de Nanterre est bien accommodant avec les puissants comme Florence Woerth, l’épouse de l’ancien ministre du Budget et trésorier de l’UMP. Son avocate a obtenu du président  du Tribunal que l’audience de conciliation ait lieu le 27 mai prochain au lieu du 7 novembre comme prévu initialement. Derniers arrivés, premiers servis : Florence Woerth a saisi les Prud’hommes le 13 avril dernier et n’avait à l’évidence pas envie d’attendre son tour pour réclamer 1 million d’euros à son ancien employeur. Au même moment, ceux qui demandent uniquement le paiement de salaires ou de congés payés dus doivent attendre plus d’un an avant d’obtenir le paiement de quelques milliers d’euros qui représentent des montants considérables et vitaux pour des personnes qui gagnent autour du Smic. Parions que Florence Woerth n’attendra pas si longtemps dans cette République irréprochable où tous les citoyens sont traités à égalité mais où certains sont “plus égaux que d’autres”. Cette affaire fait suite au cas Stéphane Guillon jugé cette fois au Tribunal des Prud’hommes de Paris : licencié au mois de juin 2010, l’amuseur qui officiait sur France Inter avait obtenu un jugement six mois plus tard quand le délai moyen dans le ressort de la Cour d’appel de Paris est de 16,2 mois ! Pas mal de temps de gagné donc et 212 000 euros empochés… Comme il fait bon vivre en France lorsqu’on a l’argent et les bons avocats… Les connivences des élites, leur indécence n’ont aucune limite, aucune pudeur.

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Une “berlusconnerie” signée Cambadélis

April 26th, 2011 — 11:48am

“On met en place un dispositif qui permet temporairement d’accueillir ces gens”, a déclaré Jean-Christophe Cambadélis à propos des clandestins tunisiens, “Il faut recevoir ces hommes et leur dire qu’ils ont vocation à retourner dans leur pays quand la situation sera stabilisée.” Parler d’accueil temporaire en matière d’immigration clandestine s’apparente à une “berlusconnerie”. Face à un tel diamant brut, Nicolas Sarkozy devrait reprendre sa politique d’ouverture et nommer rapidement Jean-Christophe Cambadélis, haut commissaire aux immigrés tunisiens. Le député socialiste serait chargé de “dire” à ces clandestins qu’il doivent retourner dans leur pays. Nul doute que ces Tunisiens en situation irrégulière obtempéreront dès que “la situation sera stabilisée”… Proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis vient de donner un sacré coup de main à Marine Le Pen…

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Quelles chances pour Sarkozy ?

April 20th, 2011 — 7:50pm

Sa côte de popularité n’en finit pas de dégringoler, son parti accumule les défaites électorales, il est donné battu dès le premier tour de la présidentielle… Nicolas Sarkozy a t-il encore une chance d’être réélu  en 2012 ? A en croire des députés UMP, l’affaire serait pliée. Les plus pusillanimes cherchent par tous les moyens à limiter une défaite annoncée, traduisez – conserver leur siège à l’Assemblée : choix d’un candidat à la personnalité plus consensuelle ; adoption d’un discours plus modéré et humaniste pour séduire le centre et les sociaux-démocrates ; annonce de mesures sociales fortes pour reconquérir les classes populaires ou carrément radicalisation du discours sur les immigrés et l’Islam pour récupérer les électeurs du FN même si cette dernière stratégie a montré ses limites. En réalité, Nicolas Sarkozy conserve toutes ses chances de gagner en 2012. Sa réélection est suspendue à une conjonction de facteurs politiques.

Voici le scénario qui lui serait le plus favorable :

Un piètre candidat PS 
Le système des primaires qui désignera le candidat soutenu par le parti, peut donner à Sarkozy des raisons d’espérer : influencés par les sondages, les adhérents du PS croyaient que Ségolène Royal était la meilleure candidate pour battre Nicolas Sarkozy… En novembre 2006, ceux-ci avaient donc clairement porté leur choix sur la présidente de la Région Poitou-Charentes (60% des voix contre 20% à Dominique Strauss-Kahn et 18% à Laurent Fabius). Aujourd’hui, les sondages indiquent que c’est DSK le mieux placé loin devant François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal. Les enquêtes d’opinion réalisées sur l’ensemble du corps électoral font de Dominique Strauss-Kahn, le présidentiable idéal à gauche, cela ne signifie en rien qu’il ferait un bon candidat capable de rassembler largement son camp et qu’il aurait au final les faveurs des suffrages. Autre trompe-l’oeil, DSK est aujourd’hui d’autant plus populaire qu’il est absent du débat politique français ! Dès qu’il devra défendre un programme et mener campagne, les vraies difficultés surgiront. DSK est sans doute un bon candidat pour Sarkozy car il n’est pas aimé des vrais gens de gauche, ses idées sociales-démocrates sont plus proches de celles de l’UMP que d’un Benoît Hamon et il n’est pas un animal politique de la trempe de Sarkozy. Toute personne qui a été candidate sait que l’on doit souvent sa victoire à la faiblesse et aux erreurs de ses adversaires.

Un FN toujours aussi peu crédible
Il n’est pas aussi aisé de chasser sur les terres du Front national qu’en 2007. Nicolas Sarkozy s’en est aperçu à ses dépens : le débat sur l’identité nationale, la loi interdisant la Burka dans les lieux publics, les démantèlements des camps de Roms, n’ont pas permis à la majorité d’endiguer l’hémorragie. De plus, il était plus facile d’affronter un Le Pen vieillissant, professionnel des dérapages, que sa fille, davantage en phase avec son époque et qui sait tirer parti des agacements et crispations des Français engendrés par des faits divers comme les prières de musulmans dans les rues ou les crimes commis par des multirécidivistes. Elle capitalise aussi sur la précarité sociale et économique de beaucoup de nos concitoyens en promettant toujours plus de protections. Mais tant que le Front national n’est pas considéré comme un parti de gouvernement, Nicolas Sarkozy sait qu’un certain nombre d’électeurs ne voteront pas FN.  C’est d’ailleurs sans doute pourquoi sa présidente cherche à crédibiliser son parti et a présenté début avril son programme économique en revendiquant s’inspirer d’économistes de renom… Déjà, sondage après sondage, Marine le Pen est donnée présente au second tour face à un candidat du PS. Il s’agit encore largement d’une politique fiction dans la mesure où les sondés ne sont pas actuellement au pied du mur : influencé par les sondages à quelques jour du premier tour, l’électeur fera alors son propre calcul : rien ne dit qu’il trouvera un réel intérêt à ce que Sarkozy soit éliminé au bénéfice de Marine Le Pen et donc à faire gagner le candidat du PS.

Une concurrence à droite limitée
Dans le meilleur des cas, Nicolas Sarkozy s’attend à des résultats serrés au premier comme au second tour. Dans cette perspective, le ou les candidatures à droite et au centre, synonymes de dispersion des voix, sont un handicap. Les fidèles lieutenants de Sarkozy brandissent déjà la menace d’un 21 avril à l’envers. Cependant, le nombre actuel de prétendants à l’Elysée n’augure pas de la liste finale : certains comme Dominique de Villepin ou Nicolas Dupont-Aignan n’auront sans doute pas leurs 500 signatures. En tout cas, Nicolas Sarkozy fera tout pour qu’il en soit ainsi. L’équation est bien différente pour le populaire Jean-Louis Borloo qui a fait un pas vers une candidature en quittant l’UMP début avril ou un Hervé Morin qui a des élus et affiche sans complexe ses ambitions depuis qu’il a quitté le gouvernement en novembre dernier. Jean-Louis Borloo est-il en réalité en service commandé pour Nicolas Sarkozy dans la perspective d’un ticket Sarkozy-Borloo en 2012 ? Ce dernier serait alors chargé du baiser de la mort de la confédération centriste et singulièrement de torpiller la candidature d’Hervé Morin… A moins que Borloo ait pour mission de chasser sur les terres socialistes. Contrairement à d’autres candidats qui se croient supérieurs et sans égal, Nicolas Sarkozy sait qu’il ne gagnera pas tout seul et cherche déjà à s’entourer des bonnes personnes qui peuvent l’aider à gagner. L’ancien ministre de l’Ecologie fait aujourd’hui figure de joker dans le dispositif Sarkozy : son rôle dans la campagne dépendra en premier lieu du candidat PS qui sera choisi et des sondages.

Un bilan défendu avec habileté
Il n’est jamais facile pour un sortant de défendre sa politique. Et il est fort probable que Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002 doivent leur réélection à la cohabitation. Nicolas Sarkozy aurait pu (dû) la provoquer en organisant des législatives anticipées en 2010 après la défaite des Régionales. Défendre son bilan sera sans doute la tâche la plus ardue de sa campagne. Et d’ailleurs, quel bilan ? Sarkozy a pris ses fonctions le 16 mai 2007, deux mois plus tard, éclatait le krach boursier, prélude à la crise financière qui allait se diffuser lentement mais sûrement à l’économie réelle. Son programme présidentiel aura donc été largement oblitéré par une récession sans précédent. Nicolas Sarkozy pourra néanmoins faire valoir qu’il a prouvé pendant cette crise qu’il avait la stature d’un chef d’Etat, une qualité rare que peu de ses concurrents pourront lui disputer et qui avait conduit des personnalités de gauche à ne pas soutenir Ségolène Royal en 2007. Si les personnes objectives reconnaissent que Sarkozy a plutôt bien géré la séquence – crise financière et bancaire, crise du crédit et baisse de la demande, et crise des dettes souveraines et de l’Euro – tant au plan national qu’au niveau européen et du G20, les Français ne pensent quant à eux qu’à leurs problèmes domestiques : pouvoir d’achat, emploi, logement… Dans une France où le poids électoral des plus de 65 ans ne cesse de grandir et atteint 10,5 millions d’électeurs, Nicolas Sarkozy compte sur sa réforme de la dépendance pour s’assurer du soutien des seniors qui lui sont déjà favorables – 66% ont voté pour lui en 2007 – mais aussi celui de leurs enfants qui n’ont pas les moyens matériels et humains d’assumer la charge de personnes dépendantes.

Un programme plus social que la gauche
Nicolas Sarkozy ne pourra pas battre campagne sur le même registre qu’en 2007, la crise est passée par là : hier, le thème de la rupture, demain, celui de protection des Français contre les “menaces” : protection de leur emploi et de leur pouvoir d’achat contre une mondialisation et une immigration sans frontières ; protection des personnes et des biens contre les délinquants mais aussi protection de leur épargne et de leur patrimoine pour le transmettre à leurs enfants contre une fiscalité perçue comme confiscatoire et changeante. Il reste un an à Nicolas Sarkozy pour amorcer ce virage de la protection  malgré une conjoncture économique difficile et des déficits publics qui ne laissent pas de marges de manoeuvre. L’idée d’allouer une prime aux salariés des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires, ne suffira pas à contenter les électeurs. Son programme devra garantir à chaque Français les moyens d’avoir une vie décente : il lui faudra présenter une version moderne de l’Etat providence qui ne sera plus fondé sur l’égalitarisme issu de 1945 mais sur une vraie solidarité, une version qui devra obligatoirement être plus convaincante que les rafistolages présentés dans le programme du PS. Enfin, Nicolas Sarkozy aura tout intérêt à jouer la carte de la sincérité car personne ne se ralliera à son slogan de 2007, “Ensemble tout devient possible”.

Une campagne électorale favorable aux tribuns
Bien qu’il ait fait partie d’une majorité au bilan médiocre, Nicolas Sarkozy a quand même gagné en 2007 parce qu’il était tout simplement le meilleur candidat. Il compte à nouveau sur ses talents oratoires, sa capacité à s’adresser avec aisance aux Français quel que soit leur origine sociale, son langage concret et simple, sa logique implacable qui lui permet de convaincre les plus réticents, son intuition et la qualité de ses conseillers à sentir les thèmes porteurs : son programme de 2007 avait ainsi réussi à ratisser large – des classes populaires aux lecteurs du Figaro. La faiblesse de son adversaire socialiste qui n’était pas soutenue par l’ensemble de son camp, avait fait le reste. Sarkozy espère à nouveau en 2012 surclasser le candidat du PS dans ce domaine. Les députés qui souhaiteraient qu’un François Fillon par exemple se présente à sa place, se trompent : l’actuel Premier ministre n’est pas un animal politique né, il n’a pas le charisme pour galvaniser les foules et faire adhérer les électeurs à un quelconque projet.

A écouter les médias, Nicolas Sarkozy appartient déjà au passé. Or, l’avis des éditorialistes n’est pas celui des Français mais d’une élite auto-proclamée qui ne connaît pas le pays et ne s’intéresse qu’à la cuisine politicienne. Les commentateurs politiques parisiens comme les animateurs de télé bobos ne feront pas l’élection de 2012, pas plus qu’ils n’ont fait celle de 2007 et les précédentes. Le peuple de province n’écoute pas les bruits et chicaneries venus de Paris.

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Le style nouille du PS

April 9th, 2011 — 11:13am

La forme en dit souvent plus long que le fond sur la qualité de ses auteurs. En l’espèce, le projet du PS intitulé “Le changement” inquiètera plus qu’il ne rassurera les Français sur la capacité des socialistes à proposer une alternative crédible.

Le projet socialiste 2012 est un OVNI. S’agit-il réellement d’un programme politique ou d’un exercice de style raté ? Le document censé servir de base de programme au candidat socialiste à la présidentielle semble rédigé par de vieilles rombières qui ne sont pas entrées dans le XXIe siècle.

Comme à son habitude, le Parti socialiste esquive la réalité : pas une seule fois le mot “islam” n’est écrit mais le document évoque les “filles qui rasent les murs sous l’autorité invisible des hommes et de la Tradition” (sic) ; le mot “homosexuel” est tout aussi soigneusement évité au profit de “genre” (sic)… Si le candidat PS compte s’exprimer par périphrases ou en utilisant un vocabulaire que personne n’emploie, les électeurs éliront celui qu’ils comprennent.

Dans ce même registre “mais de quoi parlent-ils ?”,  le style se fait volontiers évaporé : “La France est dans le brouillard d’elle même”. Dans un roman, le lecteur jugerait le style ridicule et l’éditeur serait justement accusé de ne pas avoir fait son travail ; dans un projet politique, cela laisse penser que l’auteur n’est pas à sa place et que ce n’est pas seulement la France qui est dans le brouillard…

Le ton devient même grandiloquent : “Arrivera le moment où pour rassembler les Français, il faudra leur crier “Vive la République”. Ils seront d’abord étonnés, regarderont autour d’eux puis comprendront pleinement. Alors, les socialistes et la gauche seront là, pour servir la France et les Français. Et l’avenir aimera à nouveau la France” (sic). Le mot “République” n’a du sens que pour Chevènement et Bayrou…  Une préoccupation de riches à un moment où les Français attendent des réponses sur le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la sécurité…

Le PS tombe aussi parfois dans une affligeante banalité : “Chacun mesure l’ampleur et la complexité des défis auxquels sont confrontés celles et ceux qui veulent changer les choses. (…) Mais ce n’est pas parce que la montagne est haute qu’il faut renoncer à la gravir”. Il faut sans doute comprendre que les socialistes sont intelligents et courageux… Il faut surtout se rendre à l’évidence : personne de sensé n’a relu ce texte !

Loin de nous rassurer, ces assertions distillées tout au long de ce document de 27 pages donnent envie de demander l’asile politique : car enfin peut-on sérieusement confier les rênes de la France à un parti qui n’est pas fichu de publier un document de travail d’une vingtaine de pages qui ait un peu de tenue ? Le PS n’a pourtant pas manqué de moyens et de temps pour réfléchir à un programme qui ne se contente pas de ressortir la vieille blague de Lionel Jospin, “l’économie sociale de marché” : quatre ans, 57 millions d’euros de budget annuel dont 23 millions issus de l’argent des contribuables pour proposer le retour des emplois jeunes…

Au-delà de ce charabia, le PS échoue surtout à répondre à la seule bonne question qu’il pose pourtant au tout début de son projet : “oui ou non, la France retrouvera-t-elle confiance dans l’avenir ?” Les Français ont aujourd’hui peur de tout : peur de perdre leur emploi ou de ne pas en trouver ; peur de ne pas réussir à finir le mois ; peur d’être déclassés voire de devenir SDF ; peur de l’autre et notamment des immigrés ; peur de la violence des délinquants en capuches… Or un pays qui a peur n’a aucune chance de se redresser. Il est tétanisé, arcbouté sur ses “acquis” et refuse le changement. Le PS réussit l’exploit de faire un état des lieux du pays hautement anxiogène pour mieux aligner ensuite des “mesurettes” éculées ! Le PS n’est décidemment pas à la hauteur.

* Le sondage BVA pour 20 minutes du 7 avril a testé les neuf  principales propositions du PS et montre une adhésion des Français (de gauche comme de droite) avec des scores allant de 53% à 86% de personnes favorables, 70% en moyenne. C’est un plébiscite ! Nul doute que le candidat PS sera élu dès le premier tour… Le Journal 20 minutes tempère cependant ces résultats :  “Les arguments hostiles n’ont pas encore eu le temps d’être largement médiatisés”, relativise Eric Bonnet, directeur d’études chez BVA. “Une des principales attaques de la droite semble déjà impacter l’opinion : l’idée selon laquelle ce programme serait un programme daté.” En effet, seuls 3 % des sondés le trouvent imaginatif. “La bataille de la crédibilité n’est pas encore gagnée”, conclut BVA.”

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Une classe politique à la rue

March 22nd, 2011 — 9:30pm

Les télévisions devraient sérieusement songer à supprimer les soirées électorales. Notre classe politique s’y ridiculise et désespère les citoyens qui croient encore en la volonté et l’action pour améliorer la vie des gens.

Un déni de démocratie

C’est une incroyable inversion des rôles. Des partis se permettent de donner des consignes de vote aux électeurs. Mais les Français n’ont pas d’ordre à recevoir d’une classe politique censée être à leur service ! En cela, ces élites autoproclamées démontrent qu’elles ont peu de considération pour les citoyens et leur jugement. Leur attitude démontre qu’elles ne croient pas en la démocratie, “le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple”, un principe pourtant inscrit dans la Constitution française de 1958… Ainsi, le PS appelle à “un front républicain” pour faire battre les candidats du FN. Idem pour le Nouveau Centre, Europe Ecologie-Les Verts et le Modem. Sans surprise, les partis d’extrême-gauche appellent à faire battre la droite et ne se prononcent pas en cas de duel UMP-FN. Le “ni-ni” de l’UMP exprimé par son secrétaire général n’est pas davantage acceptable car c’est une consigne déguisée à voter blanc dans les duels PS-FN. Seul, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République aura respecté ses électeurs en considérant fort justement que son parti n’était pas propriétaire des voix qu’il a recueillies au premier tour.

La démocratie, c’est permettre que toutes les sensibilités politiques soient représentées dans les différents exécutifs locaux comme au Parlement. Vouloir tout mettre en œuvre pour que le FN qui représente 15% des suffrages exprimés, n’ait aucun élu, est en réalité une position anti-démocratique et choquante. Il n’y a aucune raison pour que le FN n’ait pas de conseillers généraux alors qu’il dispose depuis plus de dix ans, de conseillers régionaux sans que notre démocratie soit en danger… Il ne suffira pas de déclarations grandiloquentes qui appellent à faire barrage à “un parti raciste et xénophobe”, il ne suffira pas de se draper dans une virginité grotesque qui n’existe pas pour que cette classe sorte indemne de ce scrutin politique qui n’a même pas mobilisé la moitié des inscrits. Ces partis de gouvernement ont d’ailleurs réussi l’exploit de “donner le bâton pour se faire battre” au second tour : parions en effet que les électeurs – quelle que soit leur sensibilité politique - n’écouteront pas les consignes de vote des ténors au discours faux et outrancier. Les citoyens sont au contraire incités à voter FN pour encore mieux les désavouer. Que diront et que feront alors les états majors quand ils s’apercevront que leurs électeurs leur ont fait un bras d’honneur ?  La réponse ne se trouvera pas auprès de conseillers qui font encore de la politique avec de vieilles recettes.

Un parti conservateur

La montée du FN n’est pas une surprise : sondage après sondage, ses idées progressent à gauche comme à droite – les électeurs de l’UMP restent les plus sensibles aux thèmes développés par le FN. Selon l’enquête TNS Sofres du 14 mars dernier, 28% des électeurs se déclarent aujourd’hui d’accord avec les idées défendues par le Front national. Près d’un tiers adhère à ses critiques de la société dans un autre sondage TNS Sofres du mois de janvier : dans le détail, 69% considèrent comme le FN que l’on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France ; 63% que l’on n’est pas assez sévère avec les petits délinquants ; 50% qu’il y a trop d’immigrés en France ; 49% que l’on accorde trop de droits à l’Islam et aux musulmans en France… La “lepénisation des esprits” ou “la banalisation des idées du FN” comme l’expriment ses opposants est en réalité logique : une part croissante de Français en a assez de l’UMPS et de leurs satellites qui ont tour à tour exercé le pouvoir et ont démontré leur incapacité à améliorer leur vie quotidienne – emploi, logement, sécurité et pouvoir d’achat. Les Français sont demandeurs d’une protection face aux “agressions” réelles et imaginaires subies, une assurance tous risques que n’ont pas su garantir les partis de gouvernement et que promet le FN en s’attaquant aux “ennemis” de l’intérieur – les immigrés – et à ceux de l’extérieur – les pays étrangers.

Or, le vote FN n’est en rien une réponse aux peurs et aux besoins exprimés par les Français car c’est un parti conservateur : il est la même face de la médaille que l’UMP de Sarkozy (qui est davantage réformateur dans les intentions que dans les faits) et le PS de Martine Aubry. En effet, la dynastie Le Pen défend comme les autres formations politiques, une logique du statu quo voire carrément un retour en arrière : retour au franc ; rétablissement des contrôles aux frontières et du protectionnisme ; retour à une France des “fromages blancs” et chrétienne… Les électeurs qui votent FN se trompent en imaginant que c’est en tentant de retrouver le visage de la France de l’après-guerre que leurs conditions de vie s’amélioreront. C’est tout le contraire : un individu qui ne bouge plus, est un individu mort ; une entreprise qui n’innove plus, est une entreprise promise à disparaître ; un pays qui n’évolue plus est un pays condamné au déclin et à sombrer corps et âme. La France a besoin d’un parti politique authentiquement réformateur et à hauteur d’Homme, disposé à écouter et à se mettre au service des citoyens, qui n’a pas peur d’aller à l’encontre des préjugés des Français sur l’économie et le social, et qui réussira à les convaincre que la réforme de notre modèle est la seule voix à suivre. Quel parti saura relever le défi et parler aux Français les yeux dans les yeux ?

La faute du peuple

Dans l’immédiat, la classe politique ferait mieux de critiquer l’absence de civisme des électeurs plutôt que de leur donner des ordres. Alors que les Français regardent depuis des semaines à la télévision des peuples courageux oser défier des régimes autoritaires et risquer leur vie pour réclamer la démocratie et la liberté, plus de la moitié de nos compatriotes en âge de voter, a eu l’indécence de ne pas se déplacer dans le bureau de vote près de leur domicile. Ceux qui ont “zappé” leur devoir civique, devraient avoir honte. Nul doute que ceux-ci justifieront la légèreté de leur geste par leur dégoût d’une classe politique qui fait la Une des faits divers. En vérité, ces électeurs sont les premiers responsables et coupables de leur désenchantement voire de leur haine de la politique et des politiques : ces Français ont fait eux-mêmes leur propre malheur en n’acceptant pas un discours de vérité. Par paresse intellectuelle et goût du moindre effort, ils ont écouté les marchands de rêve qui leur promettaient toujours plus d’argent en travaillant toujours moins, ils ont même réélu aux plus hautes fonctions de l’Etat, des hommes qui avaient lamentablement échoué. Pire, ils ont régulièrement manifesté et même pour certains bloqué le pays pour défendre leurs privilèges et pour que le modèle social mis en place il y a plus de cinquante ans dans un contexte économique complètement différent, soit conservé en l’état. Ils ont volontairement pratiqué la politique de l’autruche en espérant que tout pourrait continuer comme avant, que la France était bien ce pays à part qui pouvait se permettre de ne rien faire comme les autres et de vivre indéfiniment au dessus de ses moyens sans se préoccuper de savoir qui paiera la facture… Les Français ont non seulement la classe politique qu’ils méritent mais ils ont la situation économique, sociale et financière qu’ils ont en quelque sorte demandée.

Plus grave encore, les Français se comportent toujours comme s’ils étaient impuissants, comme s’ils n’avaient aucun pouvoir de décision et d’action comme en témoigne cette abstention record. Or, le temps démocratique ne se limite plus aux seuls scrutins, désormais la voix des citoyens peut se faire entendre non stop grâce à Internet : les citoyens-internautes ont les moyens de faire de la politique et de s’impliquer dans la vie démocratique en participant aux débats et en faisant circuler les idées. Lors du référendum européen de 2005, plusieurs citoyens-internautes étaient ainsi devenus des leaders écoutés en prenant position sur le Traité constitutionnel. Puis, en 2007, Ségolène Royal a tenté de lancer la démocratie participative avec son site Désirs d’avenir et ses réunions publiques d‘un nouveau genre… Depuis, le soufflé est retombé. Trop de Français sont encore dans le temps de la protestation et n’ont pas compris qu’il leur appartenait de s’impliquer et d’agir. Ils espèrent encore voir arriver un Homme providentiel qui règlera leurs problèmes d’un coup de baguette magique alors que la solution ne pourra venir que d’eux-mêmes : les citoyens-internautes n’ont pas d’autre choix que de peser sur la vie politique et d’imposer leurs idées en se rassemblant sur le web en mouvements. En effet, il est aujourd’hui très facile de se regrouper autour d’une cause et de porter son message auprès de ceux qui nous gouvernent. Il est facile d’interpeller publiquement les hommes politiques et de faire en sorte que ceux-ci ne puissent plus ignorer leurs aspirations. Les citoyens-internautes ont en fait tous les pouvoirs mais beaucoup l’ignorent encore. Les Français n’ont donc aucune excuse pour continuer à pleurnicher sur leur sort.

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