L’arroseur arrosé. 

Il fut un temps où François Fillon pérorait dans un meeting sur l’exemplarité des responsables politiques : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? »

Il fut un temps où François Fillon déjeunait avec Jean-Pierre Jouyet pour demander à l’Élysée de faire pression sur la justice pour qu’elle accélère les procédures judiciaires en cours contre Nicolas Sarkozy.

    Du Brexit

    Les Britanniques « veulent se détacher d’une Europe qu’ils estiment plutôt décadente, sans perpectives et ils ont plutôt raison. Il faut bien le dire (…)

    L’Europe a échoué dans tout.

    L’élargissement, c’est une catastrophe.
    Le projet de constitution européenne, ça n’a pas marché.
    (…)
    La gestion de la crise de la dette souveraine entre 2010 et 2012, c’est lamentable.
    La crise des migrants, c’est lamentable.

    Quels sont les projets européens aujourd’hui ? »

    Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l’économie, à l’émission Good Morning Business, BFM Business, 18 janvier 2017

      Pour un véritable big bang de la réforme de l’État

      Plus les années passent, plus on en parle, et rien de tangible n’a lieu. Or, il n’existe pas trente-six chemins pour transformer un État mammouth en un État agile au service des Français : le seul moyen de contraindre un établissement privé comme public à se réformer, est de le soumettre la concurrence.

      Prenons le cas du groupe public SNCF. Ce n’est pas la loi portant réforme ferroviaire de 2014 ni la mise en place d’une convention collective en 2016 pour la branche qui changeront la donne.

      Seule l’ouverture à la concurrence – prévue dans le quatrième paquet ferroviaire adopté par l’Union européenne pour les liaisons nationales (2020) et régionales (2023) – contraindra la SNCF à baisser du jour au lendemain sa facture comme cela s’est produit en Allemagne avec l’opérateur historique la Deutsche Bahn (-20%).

      Concrètement, cette concurrence passera par des délégations de service public (DSP) après appel d’offres. Les Régions, autorités organisatrices des TER et bientôt d’une partie des Intercités, confieront la gestion et l’exploitation du service ferroviaire à l’entreprise privée qui présentera l’offre la plus compétitive.

      Cette entreprise devra répondre au cahier des charges établi par l’autorité organisatrice en termes de volume d’offre, fréquentation, chiffre d’affaires, qualité de service, mise en place de nouveaux outils et matériel… Celle qui remportera le marché devra remplir les critères de qualité – ponctualité, régularité, satisfaction des voyageurs, propreté, par exemple… – définis par l’autorité organisatrice sous peine de se voir appliquer un malus. Et de se faire débarquer à la fin du contrat.

      C’est ce système qui fonctionne dans la plupart des 400 réseaux de transport urbain français – des métropoles comme Lyon, Lille et Bordeaux aux plus plus petites agglomérations.

      Ainsi, en dehors des trois fonctions régaliennes – levée de l’impôt, sécurité et Justice – l’État pourrait confier au privé la gestion et l’exploitation de l’ensemble de l’enseignement (de la maternelle au supérieur), les hôpitaux publics, les prisons, la formation professionnelle, Pôle emploi, mais aussi l’action sociale, le logement…

      Ce serait le seul moyen de permettre à la fois d’assurer une bonne qualité de service – les performances de l’exploitant sont évaluées –  et de faire baisser drastiquement les coûts – celui-ci doit rendre des comptes sur la manière dont l’argent est dépensé.

        2017, année lumineuse ?

        plafond du ChâteletDans moins de cinq mois, la France aura un nouveau président de la République. Pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs de ces dernières années, voici un best of des pièges qui attendent les Français.

        Dans « La France unie enfin ! » du 7 mai  2012, retour ironique sur la victoire de François Hollande à la présidentielle. Et des idées reçues : « La vérité, c’est que la Gauche qui dit aimer le peuple, le déteste, le méprise et en a peur : elle ne croit pas le peuple intelligent et digne. La Gauche n’a jamais eu confiance dans son jugement, c’est pourquoi la Gauche cherche à tout prix à lui dire ce qu‘il doit penser… »

        Dans « Le style nouille du PS » du 9 avril 2011, l’échec annoncé du quinquennat Hollande ou comment la gauche qui était dans l’opposition depuis dix ans a pu « pondre » un programme présidentiel aussi inepte ?

        Dans « Une classe politique à la rue » du 22 mars 2011, un coup de gueule contre ces Français qui « ont fait eux-mêmes leur propre malheur en n’acceptant pas un discours de vérité. Par paresse intellectuelle et goût du moindre effort, ils ont écouté les marchands de rêve qui leur promettaient toujours plus d’argent en travaillant toujours moins, ils ont même réélu aux plus hautes fonctions de l’Etat, des hommes qui avaient lamentablement échoué. Pire, ils ont régulièrement manifesté et même pour certains bloqué le pays pour défendre leurs privilèges et pour que le modèle social mis en place il y a plus de cinquante ans dans un contexte économique complètement différent, soit conservé en l’état. Ils ont volontairement pratiqué la politique de l’autruche… »

        Dans « Laisser le voile intégral en liberté » du 15 juin 2010, deux conceptions de la société s’affrontent : l’une, libérale fait confiance à l’intelligence des hommes ; l’autre étatiste et dirigiste qui prétend réglementer la vie des citoyens.

        Dans « Inquiétudes et doutes sur la politique économique de Sarkozy » du 26 septembre 2007, la critique du chef de l’État qui a choisi de mener une politique de la demande au lieu de mener une politique résolue de l’offre.

        Dans « Campagne du référendum : des arguments au rabais » du 16 mai 2005, un décryptage des pro et anti Traité constitutionnel européen. Quand l’absence d’arguments et les mensonges occupent l’espace médiatique. Au final, des partis de gouvernement désavoués, « responsables et coupables du non au référendum ».

        Dans « Non aux Oui-Oui de l’Europe » du 10 mai 2005, le triptyque promis « paix-prospérité et puissance politique » mis en avant par les défenseurs du Oui au traité constitutionnel, apparaît comme un grossier mensonge.

        Dans « Médiateur du journal Le Monde, les ravages du mal penser » du 28 mars 2005, le rétropédalage du quotidien sur sa couverture des manifestations lycéennes, et sa bien-pensance : « … les pages du Monde ne reflètent pas la réalité de la France pas plus que celles du New York Times ne reflètent l’Amérique. Ces journaux sont de très bons témoignages sur ce que pensent les élites mais ils n’apportent pas grand chose à ceux qui veulent prendre le pouls du pays ».

        Dans « Élargissement de l’UE : dangereuses utopies des europhiles » du 20 mai 2004, une attaque au 10e degré contre l’élargissement de l’UE aux ex-pays de l’Est et une Europe à la dérive sans projet et vision. Ironiquement, des hommes politiques – sans jamais prononcer le mot tabou d’« échec » de l’UE – parlent désormais de mettre en place une Europe à deux vitesses…

        Dans « Politique du gouvernement : les idéologues au pouvoir » du 8 avril 2004, une dénonciation de la mauvaise foi des idéologues et une affirmation : « Que le libéralisme économique soit la seule réponse pour préserver notre niveau de vie et notre système de protection sociale, est une évidence qui saute aux yeux ».

          Pourquoi je ne voterai jamais Juppé

          « Avant, le gouvernement allait dans le mur, maintenant il klaxonne. » Tel était le jugement sans appel d’André Santini sur le locataire de Matignon, Alain Juppé. Son exercice du pouvoir fut un calvaire. La dissolution de l’Assemblée nationale en 1997 et la défaite de la droite aux législatives, une libération.

          Au secours Oui-Oui revient

          Étonnamment, c’est le même homme que les électeurs de droite, du centre (et de la gauche ?) s’apprêtent à « élire » président de la République le 27 novembre prochain. Pourtant, Alain Juppé – AJ! pour son camp – n’a pas changé. Pire, il n’incarne ni une vision de la France, pas même un programme sérieux, mais juste une posture.


          La posture de l’homme tranquille et de « l’identité heureuse », la posture de celui qui sait tout, la posture de l’homme attrape-tout de la droite anti-sarkozyste, du centre et de la gauche sociale-démocrate. Les électeurs ont la mémoire courte. La dernière fois que les Français ont voté contre Sarkozy, ils ont élu Hollande avec sa boîte à outils, et depuis ils s’en mordent les doigts.

          Saint-Bayrou en mission

          Si ces électeurs, qui votent contre, désignent Juppé le 27 novembre, dès début 2017, ils le regretteront quand ils se renseigneront sur son programme et s’endormiront à ses discours. Cela s’est déjà produit en 2007 lorsque nombre d’électeurs de gauche n’ont pas voté pour Ségolène Royal qui était, pourtant, la candidate du PS qu’ils avait désignée… A cette époque, il fallait déjà choisir le candidat le plus à même de battre Sarkozy… 


          Le « tout sauf Sarkozy » ne peut tenir lieu de programme politique, et encore moins de projet pour la France. Mais c’est pourtant celui de François Bayrou qui dès 2007, s’était fait un devoir d’avertir les Français que si le candidat de l’UMP était élu président, il monterait les Français les uns contre les autres. Et la France serait à feu et à sang. Les faits lui ont donné tort. Dix ans plus tard, François Bayrou rejoue, sans vergogne, la même musique. Mais cette fois-ci, il a les yeux de Chimène pour AJ! qui en 2016 incarne, à ses yeux, « un homme de rassemblement » capable de « faire naître un climat politique qui permette de travailler ensemble au service du pays » (sic). Déclaration ahurissante de la part d’un homme qui a vécu, de l’intérieur, le naufrage du gouvernement Juppé pendant deux ans.

          Un incapable à Matignon

          Tout avait pourtant bien commencé dans la carrière de AJ!. Chirac considérait Juppé comme « le meilleur d’entre nous » et le nomme, en 1995, Premier ministre de la quatrième puissance économique du monde. Hélas, le costume était trop grand pour un homme si court qu’il ne lui a fallu que quelques jours pour se saborder. Dès le mois de mai 1995, le monarque de Matignon échoue à composer son équipe. AJ! nomme Alain Madelin à Bercy mais il est remercié en août (?!#&@?). Ensuite, il y eu l’épisode des « Juppettes » : après un remaniement, la quasi totalité des femmes sont exclues du gouvernement en novembre (?!#&@?) au bout de seulement six mois… Même pas capable de former un gouvernement, cet homme serait né pour diriger la France d’une main de maître !


          La preuve de son incompétence tomba quelques semaines plus tard avec les grèves de décembre 1995. Chirac avait vendu la « fracture sociale » pour se faire élire, Juppé annonce un plan sur les retraites et la Sécurité sociale qui prend à revers les fonctionnaires. L’homme qui sait tout et qui comprend tout, est débordé. L’exécutif ne s’en remettra jamais. La France non plus d’ailleurs. Car Juppé s’entête pendant des semaines pour finalement céder. Ridicule. AJ! n’a jamais rien compris à la politique ni aux syndicats ni aux Français, des qualités pourtant indispensables quand on prétend gouverner la France.

          1995-2015 : un politique qui fait pschitt

          Avec un chef du gouvernement qui avait réussi l’exploit de se mettre à dos son propre camp, décision fut prise de saborder la majorité RPR-UDF au lieu de changer de Premier ministre ! Ainsi, le brillant trio d’énarques Chirac-Juppé-Villepin décida, en 1997, de dissoudre l’Assemblée nationale et d’organiser des élections législatives en juin alors que la croissance – et la baisse du chômage qui s’en est suivie – revint en septembre. Et qui en a profité ? Le meilleur d’entre nous ?

          Alain Juppé a sombré en 1995 parce qu’il vivait dans un autre monde que les Français qu’il prétendait gouverner. L’ancien maire adjoint de Chirac balayait alors d’un revers de main les révélations du Canard Enchaîné sur les logements du domaine privé la Ville de Paris dont son fils et lui profitaient à l’époque. AJ! avait même déversé son mépris au journal de 20h00 de TF1 le 6 juillet 1995 en déclarant qu’il restait « droit dans ses bottes », mais les Français ont bien compris à ce moment-là que Juppé chiait dans leurs bottes. Sans parler de son indécence à évoquer le « petit appartement » de son fils de « quatre pièces de 80m2″… dans le VIe arrondissement de Paris. Episode abracadabrantesque.


          Au moins si l’homme était intelligent et brillant, on lui passerait ses erreurs de débutant et sa suffisance. Mais que dire d’un candidat à la primaire, qui grisé par des sondages flatteurs depuis des mois, croit sincèrement qu’il surclasse ses adversaires, mais ne fait pas le poids face à Michel Onfray ? Sa sortie mémorable sur le plateau du Grand Journal de Canal+ le 26 mars 2015 montrait l’imposture Juppé, dans son costume de rassembleur, expliquer que « l’islam est compatible avec la République ». Michel Onfray, se contente alors de lui demander s’il a lu le Coran. Et là, patatras. AJ!, qui se voyait déjà à l’Élysée, prend l’air contrit de l’élève qui n’a pas appris ses leçons. Juppé ou l’homme qui fait toujours « Pschitt ».

          La droite la plus bête du monde

          Alors, qui désigner le soir du 27 novembre ? Pas AJ! qui n’a pas pris la mesure du délitement de la société française ni de son incompétence. Pas Sarkozy qui n’a semble-t-il rien appris de son quinquennat et revient avec les mêmes recettes qu’en 2007 sans voir que le contexte politique et social a changé. Reste Fillon qui a l’expérience et la solidité de celui qui a passé cinq ans à Matignon contrairement au « meilleur d’entre nous », mais quoi d’autre ? Rien.

          En vérité, aucun des candidats à la primaire de la droite et du centre ne propose un programme novateur en mesure de redresser la France. Ils prônent tous peu ou prou la baisse des impôts et des charges, la baisse du nombre de fonctionnaires, le recul de l’âge de départ à la retraite, la suppression de l’ISF et la dégressivité des allocations chômage, la lutte (impitoyable forcément) contre le terrorisme et Daech… Bref, tout ce qui a déjà été fait avant sans succès et qu’ils comptent faire demain.

            Le vrai visage du socialisme

            Les jeunes générations se revendiquent souvent de « gauche » sans savoir ce qu’est le socialisme. Incultes et naïfs, ils n’ont pas plus conscience qu’ils adhèrent à une idéologie mortifère. Ils se prennent de passion pour des programmes politiques et des personnes qui les privent tôt ou tard de leur liberté. Car il n’existe pas de socialisme à visage humain.  Tocqueville décrit ce système comme « une nouvelle formule de la servitude » :

             » Si je ne me trompe, messieurs, le premier trait caractéristique de tous les systèmes qui portent le nom de socialisme, est un appel énergique, continu, immodéré, aux passions matérielles de l’homme.
            C’est ainsi que les uns ont dit « qu’il s’agissait de réhabiliter la chair » que les autres ont dit « qu’il fallait que le travail, même le plus dur, ne fût pas seulement utile, mais agréable » que d’autres ont dit qu’il fallait « que les hommes fussent rétribués, non pas en proportion de leur mérite, mais en proportion de leurs besoins » et enfin, que le dernier des socialistes dont je veuille parler est venu vous dire ici que le but du système socialiste et, suivant lui, le but de la révolution de Février, avait été de procurer à tout le monde une consommation illimitée.
            J’ai donc raison de dire, messieurs, que le trait caractéristique et général de toutes les écoles socialistes est un appel énergique et continu aux passions matérielles de l’homme.

            Il y en a un second, c’est une attaque tantôt directe, tantôt indirecte, mais toujours continue, aux principes mêmes de la propriété individuelle. Depuis le premier socialiste qui disait, il y a cinquante ans, que La propriété était l’origine de tous les maux de ce monde, jusqu’à ce socialiste que nous avons entendu à cette tribune et qui, moins charitable que le premier, passant de la propriété au propriétaire, nous disait que la propriété était un vol, tous les socialistes, tous, j’ose le dire, attaquent d’une manière ou directe ou indirecte la propriété individuelle. Je ne prétends pas dire que tous l’attaquent de cette manière franche, et, permettez-moi de le dire, un peu brutale, qu’a adoptée un de nos collègues; mais je dis que tous, par des moyens plus ou moins détournés, s’ils ne la détruisent pas, la transforment, la diminuent, la gênent, la limitent, et en font autre chose que la propriété individuelle que nous connaissons et qu’on connaît depuis le commencement du monde.

            Voici le troisième et dernier trait, celui qui caractérise surtout à mes yeux les socialistes de toutes les couleurs, de toutes les écoles, c’est une défiance profonde de la liberté, de la raison humaine, c’est un profond mépris pour l’individu pris en lui-même, à l’état d’homme ce qui les caractérise tous, c’est une tentative continue, variée, incessante, pour mutiler, pour écourter, pour gêner la liberté humaine de toutes les manières c’est l’idée que l’État ne doit pas seulement être le directeur de la société, mais doit être, pour ainsi dire, le maître de chaque homme que dis-je son maître, son précepteur, son pédagogue ; que, de peur de le laisser faillir, il doit se placer sans cesse à côté de lui, au-dessus de lui, autour de lui, pour le guider, le garantir, le maintenir, le retenir en un mot, c’est la confiscation, comme je le disais tout à l’heure, dans un degré plus ou moins grand, de la liberté humaine à ce point que, si, en définitive, j’avais à trouver une formule générale pour exprimer ce que m’apparaît le socialisme dans son ensemble, je dirais que c’est une nouvelle formule de la servitude. »

            Alexis de Tocqueville, extrait du discours prononcé à l’Assemblée constituante contre un amendement sur le droit au travail, 12 septembre 1848

            Lire l’intégralité du discours

              Un Falcon et de vrais mensonges

              Brive-la-Gaillarde-Le Bourget, 15 000 euros en Falcon 900 B… François Hollande n’a pas un train de vie bling-bling. C’est un homme « normal » à la victoire modeste en ces temps de crise. Rien à voir avec ce pauvre type de Sarkozy et ses bulles de champagne payées par le Fouquet’s le soir de sa victoire. Un Falcon donc, sinon rien… réglé par le PS s’est empressé d’expliquer son trésorier de campagne, Régis Juanico. Mais qui finance le PS ? Les impôts des Français. Même pas encore aux affaires, le nouveau pouvoir prend déjà les citoyens pour des cons.

              A peine élu, le candidat « normal » renie déjà ses promesses de campagne : « Prendre le train n’est pas un devoir de candidat, c’est une façon normale de se déplacer. Y compris pour un président de la République. Le train, quand c’est possible, c’est le moyen le plus simple d’aller d’un point à un autre. Si je suis élu, je continuerai de me déplacer ainsi, je n’aurai pas besoin d’un train spécial ou d’un train blindé », expliquait François Hollande, le 24 avril dernier, dans l’Aisne.

              L’un des porte-paroles de François Hollande, Bruno Le Roux, a tenté de justifier son énième déplacement en Falcon par le fait qu’il n’y a plus de trains pour Paris après 22h30 et que le président nouvellement élu aurait mis trop de temps pour rejoindre La Bastille en voiture… C’est vrai, Tulle, c’est loin de Paris.

              Personne – à commencer par le journal Libération, qui n’a pas cru bon de rapporter la polémique à ses idiots utiles de lecteurs – n’a suggéré qu’une fois ayant voté dans sa circonscription de parachuté, François Hollande avait tout le temps de remonter à Paris et d’attendre les résultats du scrutin dans son QG de campagne dans le très chic et très cher 7e arrondissement de Paris au 59 avenue de Ségur.

              Non, il fallait faire des images pour la télé, être dans les symboles à défaut d’être dans la réalité, il fallait rassurer les électeurs  de gauche que le changement, c’était maintenant. La soirée électorale à Tulle n’était en fait qu’une mise en scène, un décor en carton pâte avec accordéons et bain de foule d’un candidat qui s’est lui-même présenté comme « normal » ou plutôt  qui prétend l’être… D’un candidat qui veut faire croire qu’il vient de la France profonde où la terre ne ment pas alors qu’il habite réellement dans le XVe arrondissement de Paris ! Et a grandi à Neuilly.

              A peine élu, François Hollande commence sa carrière de président de la République par un mensonge grandeur nature et en direct devant 65 millions de Français.

                Le si « normal » M. Hollande

                François Hollande est un homme honnête, intègre et droit. Et surtout un grand démocrate. Il l’a prouvé à plusieurs reprises.

                Lors de Congrès du PS de Reims de novembre 2008, celui qui est alors Premier secrétaire du PS  a laissé Martine Aubry bourrer les urnes et gagner alors que Ségolène Royal avait recueilli davantage de voix sur sa motion. En septembre 2009, deux journalistes d’Europe 1, Antonin André et Karim Rissouli relatent l’affaire dans le livre « Hold-ups, arnaques et trahisons ».

                Il y avait déjà eu un précédent au Congrès de Brest en 1997 à en croire l’autre grand démocrate, Jean-Luc Mélenchon comme il le raconte dans une vidéo exceptionnelle (à regarder ci-dessous)  : « Un accord avec Hollande ou rien, c’est pareil. Il ne tient jamais parole ». François Hollande truque les résultats de leurs motions respectives et baisse le score réel de Mélenchon : « Cela l’a amusé de me voir humilié, fou de rage (…) Dans son cas, c’est un vice de cynique », explique l’intéressé.

                  La France unie enfin !

                  Sarkozy battu, la France respire ! La France déchirée, la France désunie, la France bafouée… mais la France rassemblée par la grâce de François Hollande. Il aura suffit d’un 1,1 million de voix d’écart sur 46 millions d’électeurs appelés aux urnes, 51,67% contre 48,33% pour que la France bascule dans les rires et les chants… Qui peut croire de telles imbécilités ?  Des technocrates de Bruxelles à l’image du vice-président et commissaire européen chargé de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté, Viviane Reding qui écrit sur Twitter : « Une France de la justice – enfin ! ». Ou bien le bon peuple  de gauche présent à la Bastille, qui se réjouissait, selon les journalistes sur place, que la France allait être « rassemblée ».

                  Oui, avant la France était déchirée par la faute d’un homme, l’ignoble et l’odieux Sarkozy, qui montait les Français les uns contre les autres. Entre 2007 et 2012, la France était en guerre civile – la seule qui n’a pas fait de morts  – mais le bon peuple de droite et quelques hurluberlus et autres anars ne s’en sont pas aperçus… Sous sa présidence, Jacques Chirac a dû affronter les manifs violentes et spectaculaires contre le CPE et les émeutes dans les banlieues. Pas un journaliste, pas un homme politique, et donc pas un Français, petit perroquet des médias et de élites, n’a trouvé que Jacques Chirac avait monté les Français les uns contre les autres. La France de la fracture sociale était alors apaisée.

                  Des journalistes et des politiques ont notamment reproché à Sarkozy le discours de Grenoble de juillet 2010 contre les incidents provoqués par des Roms, des propos critiquables à bien des égards (cf. mon billet), mais qui n’étaient évidemment pas des appels à la haine et à la violence. En revanche, ceux qui ont fortement critiqué ce discours ont montré leur vrai visage. En effet, les élites autoproclamées avaient peur – ou faisaient semblant d’avoir peur – que des Français, choqués par les dégradations causées à Grenoble et Saint-Aignan, puissent s’en prendre aux Roms.

                  La vérité, c’est que la Gauche qui dit aimer le peuple, le déteste, le méprise et en a peur : elle ne croit pas le peuple intelligent et digne. La Gauche n’a jamais eu confiance dans son jugement, c’est pourquoi la Gauche cherche à tout prix à lui dire ce qu‘il doit penser, et en l’occurrence que Sarkozy a monté les Français les uns contre les autres pendant tout son quinquennat.

                  La Droite croit en L’Homme, en l’individu, à son humanité, à son bon sens et à son pragmatisme. Elle n‘a pas peur de lui laisser sa liberté de penser. La Gauche n’y croit pas.

                    Rappel à la Constitution française

                    CONSTITUTION FRANÇAISE

                    ARTICLE PREMIER.

                    La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
                    La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

                    Titre premier – DE LA SOUVERAINETÉ

                    ARTICLE 2.

                    La langue de la République est le français.

                    L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

                    L’hymne national est « La Marseillaise ».

                    La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

                    Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

                    ARTICLE 3.

                    La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

                    Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.

                    Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

                    Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.

                    Lire l’intégralité de la Constitution française, 4 octobre 1958

                      Merci Nicolas !

                      « Il y a quelque chose de beaucoup plus grand que nous, c’est notre pays, c’est notre patrie, c’est la France. Et nous devons, ce soir, penser exclusivement à la grandeur de la France et au bonheur des Français, c’est notre mission, c’est notre rôle, c’est notre idéal. » Combien de Français ont pleuré en écoutant le discours de Nicolas Sarkozy à la Mutualité le 6 mai ? Ils ne pleuraient pas tant la défaite électorale, il y en a eu avant et il y en aura d’autres après. Ces citoyens pleuraient parce qu’ils avaient le sentiment que c’était la France qui avait perdu.

                        Merci Nicolas ! (suite et fin)

                        Nicolas Sarkozy a commis beaucoup d’erreurs, dit beaucoup de bêtises, s’est beaucoup arrangé avec la vérité, a beaucoup gesticulé et fait beaucoup de compromis, il a même souvent parlé avant de réfléchir et même parfois dépassé les limites par des insultes malvenues pour un président de la République. Sans doute, aura-t-il à s’expliquer sur plusieurs « affaires ». Et, il n’a pas engagé la réduction drastique de nos dépenses publiques, pourtant vitale pour notre pays.

                        Mais, Nicolas Sarlozy aura été un bien meilleur président de la République que Jacques Chirac et François Mitterrand. Il a dû affronter une crise financière et économique autrement plus longue, plus dure et plus complexe que ses prédécesseurs qui ont pu se contenter de gérer l’intendance. Tous ceux qui ont suivi ces mois difficiles depuis la faillite de Lehman Brothers aux soubresauts de la Grèce, le reconnaissent : Nicolas Sarkozy a su mobiliser l’Europe et le G20 pour éviter le chaos. Sarkozy a su prendre les décisions qui ont permis de sauver des milliers d’entreprises et d’emplois dans notre pays. Les Français n’ont pas connu le même sort que les Espagnols. Et comme l’Histoire est cruelle, les Français l’ont « remercié ».

                          Gauche-droite, la différence

                          La Cigale, ayant chanté
                          Tout l’été,
                          Se trouva fort dépourvue
                          Quand la bise fut venue :
                          Pas un seul petit morceau
                          De mouche ou de vermisseau.
                          Elle alla crier famine
                          Chez la Fourmi sa voisine,
                          La priant de lui prêter
                          Quelque grain pour subsister
                          Jusqu’à la saison nouvelle.
                          « Je vous paierai, lui dit-elle,
                          Avant l’Oût, foi d’animal,
                          Intérêt et principal.  »
                          La Fourmi n’est pas prêteuse :
                          C’est là son moindre défaut.
                          Que faisiez-vous au temps chaud ?
                          Dit-elle à cette emprunteuse.
                          – Nuit et jour à tout venant
                          Je chantais, ne vous déplaise.
                          – Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
                          Eh bien! dansez maintenant.

                          Jean de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi
                          (1621-1695)

                            Aux fripouilles et aux médiocres

                            Personne n’est choqué que l’on dise en sport : « que le meilleur gagne ». En économie, les règles sont toutes différentes : tout le monde doit réussir, même si on est mauvais. Roman d’une brulante actualité, « Atlas Shrugged » sort enfin en Français cinquante-quatre ans après sa parution aux Etats-Unis. L’auteur, Ayn Rand, née en Russie en 1905 et émigrée aux USA en 1926, démonte brillamment qu’une économie qui n’est pas fondée sur la compétence et l’efficacité conduit à la misère sociale et au chaos politique. Un best-seller aux Etats-Unis qui étonnamment n’avait pas d’éditeur en France. Trop subversif ?

                            Sur près de 1200 pages, Ayn Rand décrit l’engrenage infernal qui conduit un pays moderne et libéral à sombrer comme le Titanic : au tout début de l’histoire, des industriels ne parviennent pas à faire face à la concurrence sur leur marché faute d’innovation et tout simplement de compétence. Ceux-ci font appel à la puissance publique pour les aider. L’exécutif, qui cherche à se valoriser, s’empresse de mettre en place des barrières pour « organiser la concurrence » mais qui revient en fait à protéger ces chefs d’entreprise et à leur assurer une rente. Ces manœuvres sont réalisées au nom de « l’intérêt général », vaste blague destinée en réalité à conserver les parts de marché de personnes incapables de produire et livrer, en temps et en heure, des produits et services au meilleur rapport qualité-prix.

                            Ce qui devait arriver, arriva : quand on freine le développement des entreprises les plus compétitives pour aider celles qui ne le sont pas, la production baisse et est moins qualitative : en un mot, l’économie est moins productive. Très vite, l’appareil de production est incapable de répondre à la demande : la pénurie fait son apparition. L’exécutif est alors enclin à prendre de nouvelles mesures pour redresser l’économie : suppression de la concurrence, quotas de production… Comme la situation se dégrade encore, les pouvoirs publics prennent pied dans les entreprises pour encore mieux les contrôler : des fonctionnaires incompétents décident alors à la place de chefs d’entreprise qui connaissent leur métier… Dernière étape avant la nationalisation de l’appareil de production. Au final, l’économie s’effondre, le chômage et la misère gagnent, et les politiques s’affolent car le pays est en situation d‘insurrection. Ils font alors appel à ces mêmes chefs d’entreprise qu’ils ont méprisés et virés pour qu’ils sortent l’économie du marasme. Le deal est faustien : occupez-vous de l’économie, nous gardons notre fauteuil et restons à la tête du pays. Ayn Rand ne fait pas mystère de ce qu’elle pense de ce genre de compromis bancal…

                            La charge contre les médiocres sans foi, ni loi, est féroce : l’auteur s’attaque à ces vrais faux chefs d’entreprise qui méprisent le profit pour mieux cacher leur incompétence ; aux politiques prêts à tout pour garder leur pouvoir ; aux scientifiques qui ne se mettent pas au service du progrès technique et préfèrent des inventions qui n’auront pas d’application utile pour la société ; aux fonctionnaires qui n’ont aucune utilité économique et qui pourtant tirent les ficelles ; aux intellectuels qui méprisent la logique en philosophie, la mélodie en musique ou encore l’intrigue dans un roman ; aux journalistes qui n’écrivent pas la vérité. Une « élite autoproclamée » à l’esprit si perverti qu’elle nie jusqu’à la raison d’être des choses. Des fripouilles et des médiocres qui ont consacré tout leur temps à s’arroger le pouvoir au lieu de le mériter, et à dicter aux autres quoi faire et que penser.

                            Toute ressemblance avec la situation française ne serait évidemment que pur mauvais esprit.

                            « La Grève » (Atlas Shrugged) d’Ayn Rand, Edition Les Belles Lettres, 1168 pages, 29,50 €.

                              Une fiction signée Cyrus Vance

                              Le volet pénal de l’affaire DSK se termine en queue de poisson. L’enquête menée par le bureau du procureur de New York a conclu à une « relation [sexuelle] précipitée » – 7 à 9 minutes – mais les éléments matériels ne permettraient pas d’établir si elle était consentie ou non… Cyrus Vance en a trop dit ou pas assez. Il a surtout oublié l’élément déterminant de l’affaire : Nafissatou Diallo n’est pas Angelina Jolie et DSK, n’est pas Brad Pitt. Si l’enquête avait été menée sérieusement, elle ne pouvait donc conclure qu’à trois scénarios possibles :
                              – cette relation sexuelle était consentie parce que non seulement DSK est un sex addict mais Nafissatou Diallo est une nymphomane, et alors pourquoi diable se sont-ils précipités ? ;
                              – cette relation sexuelle était consentie parce qu’elle était tarifée, et alors on ne voit pas pourquoi DSK s’est autant « précipité » et a profité du pouvoir de son argent pendant seulement 7-9 minutes ;
                              – cette relation sexuelle n’était pas consentie et alors le terme de « relation précipité » est l’expression politiquement correcte qui sera à l’avenir utilisée pour parler d’un « viol »

                              Quel que soit le scénario retenu, Cyrus Vance Jr. aura jusqu’à la fin de ses jours le poids du ridicule sur ses épaules.

                                DSK la loi du silence

                                Jusqu’à samedi matin, DSK faisait partie des maîtres du monde. Un intouchable. Le président du FMI était déjà présenté par les médias français comme le successeur de Sarkozy à l’Elysée. Et puis patatras, les médias ne parlent plus ce dimanche que de son arrestation pour agression sexuelle, séquestration et tentative de viol. A cette heure, dimanche 15 mai, 15h00, personne ne sait ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel à New York mais ce que l’on sait en revanche avec certitude c’est que l’Amérique n’est pas la France. Et comme le rappelait les médias français en boucle, les Etats-Unis ne rigolent pas avec les affaires sexuelles. Surtout, les Etats-Unis n’ont pas l’habitude de cacher les scandales sous le tapis.

                                Surprise ? Les « appétits » de DSK sont un secret de polichinelle dans les milieux autorisés. Au moment de sa nomination au FMI en juillet 2007, Jean Quatremer, journaliste à Libération, écrivait d’ailleurs sur son blog : « Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. » Déjà, DSK avait dû s’expliquer sur son aventure avec une économiste hongroise à Washington et avait dû présenter ses excuses pour son « erreur de jugement ». Non, décidemment l’Amérique n’est pas la France : là-bas, les maîtres du monde ne sont pas des intouchables ; là-bas la complaisance pour ne pas dire la connivence entre les politiques  et les médias n’existe pas.

                                Jamais cette affaire DSK n’aurait pu avoir lieu en France car ici, tout aurait été soigneusement étouffé.  Ici, c’est la loi du silence : l’élite autoproclamée a droit à un traitement de faveur. Ici, les journalistes qui appartiennent à cette élite, en auraient bien parlé dans les dîners en ville mais auraient gardé leur langue comme ils l’ont fait si longtemps avec Mitterrand : oublié son passé vichyste, oublié son cancer, oublié Mazarine hébergée aux frais des contribuables…. Jamais le Français moyen ne se serait réveillé ce dimanche avec l’annonce de l’arrestation de DSK dans un avion d’Air France à l’aéroport JFK… Ici, les journalistes vous cachent tout et ne vous disent rien.

                                  L’auto-entrepreneur, c’est pas pour les chômeurs

                                  « Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations » pour le régime de l’auto-entrepreneur. Une révolution dans notre système fiscal toujours prompt à prélever des impôts comme l’IFA* même quand une entreprise ne fait pas de profits. Pas étonnant que ce régime ait connu un succès immédiat dès son entrée en vigueur le 1er janvier 2009 : en un an, près de 300 000 personnes avaient opté pour ce statut. Au 31 janvier 2011, l’Acoss, la caisse nationale des Urssaf, dénombrait 660 400 comptes auto-entrepreneurs administrativement actifs.

                                  A priori, ce statut est idéal pour les personnes sans emploi qui souhaitent tester une idée et lancer une petite entreprise. Le plafond autorisé de chiffre d’affaires – 32 100 € pour les prestations de services, 80 300 € pour les activités d’achat/revente de produits – n’est pas un obstacle pour celui qui débute une activité en solo. En réalité, ce régime est particulièrement adapté pour les personnes qui ont déjà un emploi salarié car tout revenu généré constitue un bonus ! En revanche, les demandeurs d’emploi qui adoptent ce statut, voient immédiatement leur allocation chômage se réduire de 583,80 € par mois la première année (875,70 € la seconde) quel que soit le revenu généré comme auto-entrepreneur. Le demandeur d’emploi peut opter pour le versement de ses indemnités chômage sous forme d’un capital qui sera réduit de moitié par rapport à ses droits à l’ARE (allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) et versé en deux fois. Autrement dit, le chômeur contrairement au salarié, doit savoir à l’avance quel sera son chiffre d’affaires dans les mois à venir : à l’impossible, le demandeur d’emploi est tenu.

                                  « Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations » certes mais le chômeur qui a eu la naïveté de se lancer sans avoir le moindre client, se retrouve privé d’une partie substantielle de ses moyens de subsistance simplement pour s’être déclaré auto-entrepreneur. Officiellement, Pôle Emploi a pour politique d’encourager les chômeurs à créer leur entreprise, en réalité, le service public de l’emploi met sur la brèche ceux qui se lancent ; officiellement, ce nouveau statut a pour objet d’éliminer le travail au noir, en réalité, il encourage les chômeurs à ne pas déclarer leurs revenus complémentaires. Comble des paradoxes, lorsque vous êtes au chômage et que vous souhaitez vous mettre à votre compte, le plus commode reste de retrouver un emploi salarié avant de songer à créer votre petite entreprise !

                                  * IFA : Impôt Forfaitaire Annuel

                                    Ben Laden ne pouvait pas vivre

                                    « Un soir comme celui-ci, nous pourrons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al-Qaïda : justice est faite ». Back Obama est allé droit au but lors de son annonce officielle de la mort de Ben Laden : en réponse aux attentats du 11 septembre qui ont coûté la vie à près de 3000 personnes et tous les autres crimes revendiqués par Al-Qaïda, l’ennemi numéro un des Etats-Unis a reçu une balle dans la tête. Les bonnes âmes regrettent déjà qu’Oussama Ben Laden n’ait pas eu de procès et critiquent les méthodes expéditives des Américains.

                                    C’est oublier que dans la culture protestante, la vengeance est un acte réparateur d’un préjudice. L’expression utilisée par Barack Obama, « Justice est faite » n’est en rien innocente : les familles des victimes avaient besoin de savoir que l’individu, responsable de la disparition de leurs proches, ne vivrait pas. Ce n’est pas un hasard si la peine de mort est encore en vigueur dans beaucoup d’Etats américains : celui qui sème la mort, récolte la mort, c’est la règle.

                                    C’est aussi oublier que Ben Laden est beaucoup moins encombrant mort que vivant. Le capturer supposait de le détenir dans un endroit tenu secret avant son procès. Cela impliquait surtout une recrudescence des prises d’otages d’Occidentaux et d’autres types de chantage odieux pour réclamer sa libération. Les familles des victimes n’auraient rien appris de plus sur sa haine des Américains. Pire, un procès lui aurait offert une tribune pour inciter les Musulmans à s’attaquer aux « infidèles ».

                                    Ben Laden ne pouvait pas vivre.

                                      France, pays des passe-droits

                                      Le Tribunal des Prud’hommes de Nanterre est bien accommodant avec les puissants comme Florence Woerth, l’épouse de l’ancien ministre du Budget et trésorier de l’UMP. Son avocate a obtenu du président  du Tribunal que l’audience de conciliation ait lieu le 27 mai prochain au lieu du 7 novembre comme prévu initialement. Derniers arrivés, premiers servis : Florence Woerth a saisi les Prud’hommes le 13 avril dernier et n’avait à l’évidence pas envie d’attendre son tour pour réclamer 1 million d’euros à son ancien employeur. Au même moment, ceux qui demandent uniquement le paiement de salaires ou de congés payés dus doivent attendre plus d’un an avant d’obtenir le paiement de quelques milliers d’euros qui représentent des montants considérables et vitaux pour des personnes qui gagnent autour du Smic. Parions que Florence Woerth n’attendra pas si longtemps dans cette République irréprochable où tous les citoyens sont traités à égalité mais où certains sont « plus égaux que d’autres ». Cette affaire fait suite au cas Stéphane Guillon jugé cette fois au Tribunal des Prud’hommes de Paris : licencié au mois de juin 2010, l’amuseur qui officiait sur France Inter avait obtenu un jugement six mois plus tard quand le délai moyen dans le ressort de la Cour d’appel de Paris est de 16,2 mois ! Pas mal de temps de gagné donc et 212 000 euros empochés… Comme il fait bon vivre en France lorsqu’on a l’argent et les bons avocats… Les connivences des élites, leur indécence n’ont aucune limite, aucune pudeur.

                                        Une « berlusconnerie » signée Cambadélis

                                        « On met en place un dispositif qui permet temporairement d’accueillir ces gens », a déclaré Jean-Christophe Cambadélis à propos des clandestins tunisiens, « Il faut recevoir ces hommes et leur dire qu’ils ont vocation à retourner dans leur pays quand la situation sera stabilisée. » Parler d’accueil temporaire en matière d’immigration clandestine s’apparente à une « berlusconnerie ». Face à un tel diamant brut, Nicolas Sarkozy devrait reprendre sa politique d’ouverture et nommer rapidement Jean-Christophe Cambadélis, haut commissaire aux immigrés tunisiens. Le député socialiste serait chargé de « dire » à ces clandestins qu’il doivent retourner dans leur pays. Nul doute que ces Tunisiens en situation irrégulière obtempéreront dès que « la situation sera stabilisée »… Proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis vient de donner un sacré coup de main à Marine Le Pen…

                                          Quelles chances pour Sarkozy ?

                                          Sa côte de popularité n’en finit pas de dégringoler, son parti accumule les défaites électorales, il est donné battu dès le premier tour de la présidentielle… Nicolas Sarkozy a t-il encore une chance d’être réélu  en 2012 ? A en croire des députés UMP, l’affaire serait pliée. Les plus pusillanimes cherchent par tous les moyens à limiter une défaite annoncée, traduisez – conserver leur siège à l’Assemblée : choix d’un candidat à la personnalité plus consensuelle ; adoption d’un discours plus modéré et humaniste pour séduire le centre et les sociaux-démocrates ; annonce de mesures sociales fortes pour reconquérir les classes populaires ou carrément radicalisation du discours sur les immigrés et l’Islam pour récupérer les électeurs du FN même si cette dernière stratégie a montré ses limites. En réalité, Nicolas Sarkozy conserve toutes ses chances de gagner en 2012. Sa réélection est suspendue à une conjonction de facteurs politiques.

                                          Voici le scénario qui lui serait le plus favorable :

                                          Un piètre candidat PS 
                                          Le système des primaires qui désignera le candidat soutenu par le parti, peut donner à Sarkozy des raisons d’espérer : influencés par les sondages, les adhérents du PS croyaient que Ségolène Royal était la meilleure candidate pour battre Nicolas Sarkozy… En novembre 2006, ceux-ci avaient donc clairement porté leur choix sur la présidente de la Région Poitou-Charentes (60% des voix contre 20% à Dominique Strauss-Kahn et 18% à Laurent Fabius). Aujourd’hui, les sondages indiquent que c’est DSK le mieux placé loin devant François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal. Les enquêtes d’opinion réalisées sur l’ensemble du corps électoral font de Dominique Strauss-Kahn, le présidentiable idéal à gauche, cela ne signifie en rien qu’il ferait un bon candidat capable de rassembler largement son camp et qu’il aurait au final les faveurs des suffrages. Autre trompe-l’oeil, DSK est aujourd’hui d’autant plus populaire qu’il est absent du débat politique français ! Dès qu’il devra défendre un programme et mener campagne, les vraies difficultés surgiront. DSK est sans doute un bon candidat pour Sarkozy car il n’est pas aimé des vrais gens de gauche, ses idées sociales-démocrates sont plus proches de celles de l’UMP que d’un Benoît Hamon et il n’est pas un animal politique de la trempe de Sarkozy. Toute personne qui a été candidate sait que l’on doit souvent sa victoire à la faiblesse et aux erreurs de ses adversaires.

                                          Un FN toujours aussi peu crédible
                                          Il n’est pas aussi aisé de chasser sur les terres du Front national qu’en 2007. Nicolas Sarkozy s’en est aperçu à ses dépens : le débat sur l’identité nationale, la loi interdisant la Burka dans les lieux publics, les démantèlements des camps de Roms, n’ont pas permis à la majorité d’endiguer l’hémorragie. De plus, il était plus facile d’affronter un Le Pen vieillissant, professionnel des dérapages, que sa fille, davantage en phase avec son époque et qui sait tirer parti des agacements et crispations des Français engendrés par des faits divers comme les prières de musulmans dans les rues ou les crimes commis par des multirécidivistes. Elle capitalise aussi sur la précarité sociale et économique de beaucoup de nos concitoyens en promettant toujours plus de protections. Mais tant que le Front national n’est pas considéré comme un parti de gouvernement, Nicolas Sarkozy sait qu’un certain nombre d’électeurs ne voteront pas FN.  C’est d’ailleurs sans doute pourquoi sa présidente cherche à crédibiliser son parti et a présenté début avril son programme économique en revendiquant s’inspirer d’économistes de renom… Déjà, sondage après sondage, Marine le Pen est donnée présente au second tour face à un candidat du PS. Il s’agit encore largement d’une politique fiction dans la mesure où les sondés ne sont pas actuellement au pied du mur : influencé par les sondages à quelques jour du premier tour, l’électeur fera alors son propre calcul : rien ne dit qu’il trouvera un réel intérêt à ce que Sarkozy soit éliminé au bénéfice de Marine Le Pen et donc à faire gagner le candidat du PS.

                                          Une concurrence à droite limitée
                                          Dans le meilleur des cas, Nicolas Sarkozy s’attend à des résultats serrés au premier comme au second tour. Dans cette perspective, le ou les candidatures à droite et au centre, synonymes de dispersion des voix, sont un handicap. Les fidèles lieutenants de Sarkozy brandissent déjà la menace d’un 21 avril à l’envers. Cependant, le nombre actuel de prétendants à l’Elysée n’augure pas de la liste finale : certains comme Dominique de Villepin ou Nicolas Dupont-Aignan n’auront sans doute pas leurs 500 signatures. En tout cas, Nicolas Sarkozy fera tout pour qu’il en soit ainsi. L’équation est bien différente pour le populaire Jean-Louis Borloo qui a fait un pas vers une candidature en quittant l’UMP début avril ou un Hervé Morin qui a des élus et affiche sans complexe ses ambitions depuis qu’il a quitté le gouvernement en novembre dernier. Jean-Louis Borloo est-il en réalité en service commandé pour Nicolas Sarkozy dans la perspective d’un ticket Sarkozy-Borloo en 2012 ? Ce dernier serait alors chargé du baiser de la mort de la confédération centriste et singulièrement de torpiller la candidature d’Hervé Morin… A moins que Borloo ait pour mission de chasser sur les terres socialistes. Contrairement à d’autres candidats qui se croient supérieurs et sans égal, Nicolas Sarkozy sait qu’il ne gagnera pas tout seul et cherche déjà à s’entourer des bonnes personnes qui peuvent l’aider à gagner. L’ancien ministre de l’Ecologie fait aujourd’hui figure de joker dans le dispositif Sarkozy : son rôle dans la campagne dépendra en premier lieu du candidat PS qui sera choisi et des sondages.

                                          Un bilan défendu avec habileté
                                          Il n’est jamais facile pour un sortant de défendre sa politique. Et il est fort probable que Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002 doivent leur réélection à la cohabitation. Nicolas Sarkozy aurait pu (dû) la provoquer en organisant des législatives anticipées en 2010 après la défaite des Régionales. Défendre son bilan sera sans doute la tâche la plus ardue de sa campagne. Et d’ailleurs, quel bilan ? Sarkozy a pris ses fonctions le 16 mai 2007, deux mois plus tard, éclatait le krach boursier, prélude à la crise financière qui allait se diffuser lentement mais sûrement à l’économie réelle. Son programme présidentiel aura donc été largement oblitéré par une récession sans précédent. Nicolas Sarkozy pourra néanmoins faire valoir qu’il a prouvé pendant cette crise qu’il avait la stature d’un chef d’Etat, une qualité rare que peu de ses concurrents pourront lui disputer et qui avait conduit des personnalités de gauche à ne pas soutenir Ségolène Royal en 2007. Si les personnes objectives reconnaissent que Sarkozy a plutôt bien géré la séquence – crise financière et bancaire, crise du crédit et baisse de la demande, et crise des dettes souveraines et de l’Euro – tant au plan national qu’au niveau européen et du G20, les Français ne pensent quant à eux qu’à leurs problèmes domestiques : pouvoir d’achat, emploi, logement… Dans une France où le poids électoral des plus de 65 ans ne cesse de grandir et atteint 10,5 millions d’électeurs, Nicolas Sarkozy compte sur sa réforme de la dépendance pour s’assurer du soutien des seniors qui lui sont déjà favorables – 66% ont voté pour lui en 2007 – mais aussi celui de leurs enfants qui n’ont pas les moyens matériels et humains d’assumer la charge de personnes dépendantes.

                                          Un programme plus social que la gauche
                                          Nicolas Sarkozy ne pourra pas battre campagne sur le même registre qu’en 2007, la crise est passée par là : hier, le thème de la rupture, demain, celui de protection des Français contre les « menaces » : protection de leur emploi et de leur pouvoir d’achat contre une mondialisation et une immigration sans frontières ; protection des personnes et des biens contre les délinquants mais aussi protection de leur épargne et de leur patrimoine pour le transmettre à leurs enfants contre une fiscalité perçue comme confiscatoire et changeante. Il reste un an à Nicolas Sarkozy pour amorcer ce virage de la protection  malgré une conjoncture économique difficile et des déficits publics qui ne laissent pas de marges de manoeuvre. L’idée d’allouer une prime aux salariés des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires, ne suffira pas à contenter les électeurs. Son programme devra garantir à chaque Français les moyens d’avoir une vie décente : il lui faudra présenter une version moderne de l’Etat providence qui ne sera plus fondé sur l’égalitarisme issu de 1945 mais sur une vraie solidarité, une version qui devra obligatoirement être plus convaincante que les rafistolages présentés dans le programme du PS. Enfin, Nicolas Sarkozy aura tout intérêt à jouer la carte de la sincérité car personne ne se ralliera à son slogan de 2007, « Ensemble tout devient possible ».

                                          Une campagne électorale favorable aux tribuns
                                          Bien qu’il ait fait partie d’une majorité au bilan médiocre, Nicolas Sarkozy a quand même gagné en 2007 parce qu’il était tout simplement le meilleur candidat. Il compte à nouveau sur ses talents oratoires, sa capacité à s’adresser avec aisance aux Français quel que soit leur origine sociale, son langage concret et simple, sa logique implacable qui lui permet de convaincre les plus réticents, son intuition et la qualité de ses conseillers à sentir les thèmes porteurs : son programme de 2007 avait ainsi réussi à ratisser large – des classes populaires aux lecteurs du Figaro. La faiblesse de son adversaire socialiste qui n’était pas soutenue par l’ensemble de son camp, avait fait le reste. Sarkozy espère à nouveau en 2012 surclasser le candidat du PS dans ce domaine. Les députés qui souhaiteraient qu’un François Fillon par exemple se présente à sa place, se trompent : l’actuel Premier ministre n’est pas un animal politique né, il n’a pas le charisme pour galvaniser les foules et faire adhérer les électeurs à un quelconque projet.

                                          A écouter les médias, Nicolas Sarkozy appartient déjà au passé. Or, l’avis des éditorialistes n’est pas celui des Français mais d’une élite auto-proclamée qui ne connaît pas le pays et ne s’intéresse qu’à la cuisine politicienne. Les commentateurs politiques parisiens comme les animateurs de télé bobos ne feront pas l’élection de 2012, pas plus qu’ils n’ont fait celle de 2007 et les précédentes. Le peuple de province n’écoute pas les bruits et chicaneries venus de Paris.

                                            Le style nouille du PS

                                            La forme en dit souvent plus long que le fond sur la qualité de ses auteurs. En l’espèce, le projet du PS intitulé « Le changement » inquiètera plus qu’il ne rassurera les Français sur la capacité des socialistes à proposer une alternative crédible.

                                            Le projet socialiste 2012 est un OVNI. S’agit-il réellement d’un programme politique ou d’un exercice de style raté ? Le document censé servir de base de programme au candidat socialiste à la présidentielle semble rédigé par de vieilles rombières qui ne sont pas entrées dans le XXIe siècle.

                                            Comme à son habitude, le Parti socialiste esquive la réalité : pas une seule fois le mot « islam » n’est écrit mais le document évoque les « filles qui rasent les murs sous l’autorité invisible des hommes et de la Tradition » (sic) ; le mot « homosexuel » est tout aussi soigneusement évité au profit de « genre » (sic)… Si le candidat PS compte s’exprimer par périphrases ou en utilisant un vocabulaire que personne n’emploie, les électeurs éliront celui qu’ils comprennent.

                                            Dans ce même registre « mais de quoi parlent-ils ? »,  le style se fait volontiers évaporé : « La France est dans le brouillard d’elle même ». Dans un roman, le lecteur jugerait le style ridicule et l’éditeur serait justement accusé de ne pas avoir fait son travail ; dans un projet politique, cela laisse penser que l’auteur n’est pas à sa place et que ce n’est pas seulement la France qui est dans le brouillard…

                                            Le ton devient même grandiloquent : « Arrivera le moment où pour rassembler les Français, il faudra leur crier « Vive la République ». Ils seront d’abord étonnés, regarderont autour d’eux puis comprendront pleinement. Alors, les socialistes et la gauche seront là, pour servir la France et les Français. Et l’avenir aimera à nouveau la France » (sic). Le mot « République » n’a du sens que pour Chevènement et Bayrou…  Une préoccupation de riches à un moment où les Français attendent des réponses sur le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la sécurité…

                                            Le PS tombe aussi parfois dans une affligeante banalité : « Chacun mesure l’ampleur et la complexité des défis auxquels sont confrontés celles et ceux qui veulent changer les choses. (…) Mais ce n’est pas parce que la montagne est haute qu’il faut renoncer à la gravir ». Il faut sans doute comprendre que les socialistes sont intelligents et courageux… Il faut surtout se rendre à l’évidence : personne de sensé n’a relu ce texte !

                                            Loin de nous rassurer, ces assertions distillées tout au long de ce document de 27 pages donnent envie de demander l’asile politique : car enfin peut-on sérieusement confier les rênes de la France à un parti qui n’est pas fichu de publier un document de travail d’une vingtaine de pages qui ait un peu de tenue ? Le PS n’a pourtant pas manqué de moyens et de temps pour réfléchir à un programme qui ne se contente pas de ressortir la vieille blague de Lionel Jospin, « l’économie sociale de marché » : quatre ans, 57 millions d’euros de budget annuel dont 23 millions issus de l’argent des contribuables pour proposer le retour des emplois jeunes…

                                            Au-delà de ce charabia, le PS échoue surtout à répondre à la seule bonne question qu’il pose pourtant au tout début de son projet : « oui ou non, la France retrouvera-t-elle confiance dans l’avenir ? » Les Français ont aujourd’hui peur de tout : peur de perdre leur emploi ou de ne pas en trouver ; peur de ne pas réussir à finir le mois ; peur d’être déclassés voire de devenir SDF ; peur de l’autre et notamment des immigrés ; peur de la violence des délinquants en capuches… Or un pays qui a peur n’a aucune chance de se redresser. Il est tétanisé, arcbouté sur ses « acquis » et refuse le changement. Le PS réussit l’exploit de faire un état des lieux du pays hautement anxiogène pour mieux aligner ensuite des « mesurettes » éculées ! Le PS n’est décidemment pas à la hauteur.

                                            * Le sondage BVA pour 20 minutes du 7 avril a testé les neuf  principales propositions du PS et montre une adhésion des Français (de gauche comme de droite) avec des scores allant de 53% à 86% de personnes favorables, 70% en moyenne. C’est un plébiscite ! Nul doute que le candidat PS sera élu dès le premier tour… Le Journal 20 minutes tempère cependant ces résultats :  « Les arguments hostiles n’ont pas encore eu le temps d’être largement médiatisés », relativise Eric Bonnet, directeur d’études chez BVA. « Une des principales attaques de la droite semble déjà impacter l’opinion : l’idée selon laquelle ce programme serait un programme daté. » En effet, seuls 3 % des sondés le trouvent imaginatif. « La bataille de la crédibilité n’est pas encore gagnée », conclut BVA. »

                                              Une classe politique à la rue

                                              Les télévisions devraient sérieusement songer à supprimer les soirées électorales. Notre classe politique s’y ridiculise et désespère les citoyens qui croient encore en la volonté et l’action pour améliorer la vie des gens.

                                              Un déni de démocratie

                                              C’est une incroyable inversion des rôles. Des partis se permettent de donner des consignes de vote aux électeurs. Mais les Français n’ont pas d’ordre à recevoir d’une classe politique censée être à leur service ! En cela, ces élites autoproclamées démontrent qu’elles ont peu de considération pour les citoyens et leur jugement. Leur attitude démontre qu’elles ne croient pas en la démocratie, « le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple », un principe pourtant inscrit dans la Constitution française de 1958… Ainsi, le PS appelle à « un front républicain » pour faire battre les candidats du FN. Idem pour le Nouveau Centre, Europe Ecologie-Les Verts et le Modem. Sans surprise, les partis d’extrême-gauche appellent à faire battre la droite et ne se prononcent pas en cas de duel UMP-FN. Le « ni-ni » de l’UMP exprimé par son secrétaire général n’est pas davantage acceptable car c’est une consigne déguisée à voter blanc dans les duels PS-FN. Seul, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République aura respecté ses électeurs en considérant fort justement que son parti n’était pas propriétaire des voix qu’il a recueillies au premier tour.

                                              La démocratie, c’est permettre que toutes les sensibilités politiques soient représentées dans les différents exécutifs locaux comme au Parlement. Vouloir tout mettre en œuvre pour que le FN qui représente 15% des suffrages exprimés, n’ait aucun élu, est en réalité une position anti-démocratique et choquante. Il n’y a aucune raison pour que le FN n’ait pas de conseillers généraux alors qu’il dispose depuis plus de dix ans, de conseillers régionaux sans que notre démocratie soit en danger… Il ne suffira pas de déclarations grandiloquentes qui appellent à faire barrage à « un parti raciste et xénophobe », il ne suffira pas de se draper dans une virginité grotesque qui n’existe pas pour que cette classe sorte indemne de ce scrutin politique qui n’a même pas mobilisé la moitié des inscrits. Ces partis de gouvernement ont d’ailleurs réussi l’exploit de « donner le bâton pour se faire battre » au second tour : parions en effet que les électeurs – quelle que soit leur sensibilité politique – n’écouteront pas les consignes de vote des ténors au discours faux et outrancier. Les citoyens sont au contraire incités à voter FN pour encore mieux les désavouer. Que diront et que feront alors les états-majors quand ils s’apercevront que leurs électeurs leur ont fait un bras d’honneur ?  La réponse ne se trouvera pas auprès de conseillers qui font encore de la politique avec de vieilles recettes.

                                              Un parti conservateur

                                              La montée du FN n’est pas une surprise : sondage après sondage, ses idées progressent à gauche comme à droite – les électeurs de l’UMP restent les plus sensibles aux thèmes développés par le FN. Selon l’enquête TNS Sofres du 14 mars dernier, 28% des électeurs se déclarent aujourd’hui d’accord avec les idées défendues par le Front national. Près d’un tiers adhère à ses critiques de la société dans un autre sondage TNS Sofres du mois de janvier : dans le détail, 69% considèrent comme le FN que l’on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France ; 63% que l’on n’est pas assez sévère avec les petits délinquants ; 50% qu’il y a trop d’immigrés en France ; 49% que l’on accorde trop de droits à l’Islam et aux musulmans en France… La « lepénisation des esprits » ou « la banalisation des idées du FN » comme l’expriment ses opposants est en réalité logique : une part croissante de Français en a assez de l’UMPS et de leurs satellites qui ont tour à tour exercé le pouvoir et ont démontré leur incapacité à améliorer leur vie quotidienne – emploi, logement, sécurité et pouvoir d’achat. Les Français sont demandeurs d’une protection face aux « agressions » réelles et imaginaires subies, une assurance tous risques que n’ont pas su garantir les partis de gouvernement et que promet le FN en s’attaquant aux « ennemis » de l’intérieur – les immigrés – et à ceux de l’extérieur – les pays étrangers.

                                              Or, le vote FN n’est en rien une réponse aux peurs et aux besoins exprimés par les Français car c’est un parti conservateur : il est la même face de la médaille que l’UMP de Sarkozy (qui est davantage réformateur dans les intentions que dans les faits) et le PS de Martine Aubry. En effet, la dynastie Le Pen défend comme les autres formations politiques, une logique du statu quo voire carrément un retour en arrière : retour au franc ; rétablissement des contrôles aux frontières et du protectionnisme ; retour à une France des « fromages blancs » et chrétienne… Les électeurs qui votent FN se trompent en imaginant que c’est en tentant de retrouver le visage de la France de l’après-guerre que leurs conditions de vie s’amélioreront. C’est tout le contraire : un individu qui ne bouge plus, est un individu mort ; une entreprise qui n’innove plus, est une entreprise promise à disparaître ; un pays qui n’évolue plus est un pays condamné au déclin et à sombrer corps et âme. La France a besoin d’un parti politique authentiquement réformateur et à hauteur d’Homme, disposé à écouter et à se mettre au service des citoyens, qui n’a pas peur d’aller à l’encontre des préjugés des Français sur l’économie et le social, et qui réussira à les convaincre que la réforme de notre modèle est la seule voix à suivre. Quel parti saura relever le défi et parler aux Français les yeux dans les yeux ?

                                              La faute du peuple

                                              Dans l’immédiat, la classe politique ferait mieux de critiquer l’absence de civisme des électeurs plutôt que de leur donner des ordres. Alors que les Français regardent depuis des semaines à la télévision des peuples courageux oser défier des régimes autoritaires et risquer leur vie pour réclamer la démocratie et la liberté, plus de la moitié de nos compatriotes en âge de voter, a eu l’indécence de ne pas se déplacer dans le bureau de vote près de leur domicile. Ceux qui ont « zappé » leur devoir civique, devraient avoir honte. Nul doute que ceux-ci justifieront la légèreté de leur geste par leur dégoût d’une classe politique qui fait la Une des faits divers. En vérité, ces électeurs sont les premiers responsables et coupables de leur désenchantement voire de leur haine de la politique et des politiques : ces Français ont fait eux-mêmes leur propre malheur en n’acceptant pas un discours de vérité. Par paresse intellectuelle et goût du moindre effort, ils ont écouté les marchands de rêve qui leur promettaient toujours plus d’argent en travaillant toujours moins, ils ont même réélu aux plus hautes fonctions de l’Etat, des hommes qui avaient lamentablement échoué. Pire, ils ont régulièrement manifesté et même pour certains bloqué le pays pour défendre leurs privilèges et pour que le modèle social mis en place il y a plus de cinquante ans dans un contexte économique complètement différent, soit conservé en l’état. Ils ont volontairement pratiqué la politique de l’autruche en espérant que tout pourrait continuer comme avant, que la France était bien ce pays à part qui pouvait se permettre de ne rien faire comme les autres et de vivre indéfiniment au-dessus de ses moyens sans se préoccuper de savoir qui paiera la facture… Les Français ont non seulement la classe politique qu’ils méritent mais ils ont la situation économique, sociale et financière qu’ils ont en quelque sorte demandée.

                                              Plus grave encore, les Français se comportent toujours comme s’ils étaient impuissants, comme s’ils n’avaient aucun pouvoir de décision et d’action comme en témoigne cette abstention record. Or, le temps démocratique ne se limite plus aux seuls scrutins, désormais la voix des citoyens peut se faire entendre non stop grâce à Internet : les citoyens-internautes ont les moyens de faire de la politique et de s’impliquer dans la vie démocratique en participant aux débats et en faisant circuler les idées. Lors du référendum européen de 2005, plusieurs citoyens-internautes étaient ainsi devenus des leaders écoutés en prenant position sur le Traité constitutionnel. Puis, en 2007, Ségolène Royal a tenté de lancer la démocratie participative avec son site Désirs d’avenir et ses réunions publiques d‘un nouveau genre… Depuis, le soufflé est retombé. Trop de Français sont encore dans le temps de la protestation et n’ont pas compris qu’il leur appartenait de s’impliquer et d’agir. Ils espèrent encore voir arriver un Homme providentiel qui règlera leurs problèmes d’un coup de baguette magique alors que la solution ne pourra venir que d’eux-mêmes : les citoyens-internautes n’ont pas d’autre choix que de peser sur la vie politique et d’imposer leurs idées en se rassemblant sur le web en mouvements. En effet, il est aujourd’hui très facile de se regrouper autour d’une cause et de porter son message auprès de ceux qui nous gouvernent. Il est facile d’interpeller publiquement les hommes politiques et de faire en sorte que ceux-ci ne puissent plus ignorer leurs aspirations. Les citoyens-internautes ont en fait tous les pouvoirs mais beaucoup l’ignorent encore. Les Français n’ont donc aucune excuse pour continuer à pleurnicher sur leur sort.

                                                Une Justice en faillite

                                                C’est en apparence une « petite affaire ». Il n’y a pas eu de morts à ce jour, personne n’a été emprisonné, aucune vie n’a été brisée. Pas de quoi susciter l’émoi du président de la République, ni la Une de journaux qui ne se repaissent que des faits divers sanglants susceptibles de choquer et d’émouvoir l’opinion. Et pourtant, cette « affaire de rien du tout » porte en elle, tous les abus et dérives de la Justice d’aujourd’hui, tous les symptômes d’une vraie catastrophe judiciaire à venir car ce sont les « petites affaires » qui auraient pu éviter de grands drames comme la récente affaire Laëtitia, celle d’Outreau et quelques autres – Enis, Anne-Lorraine Schmitt, Marie-Christine Hodeau… En effet, le travail du ministre de la Justice n’est pas de réagir quand il est trop tard mais d’éviter autant que possible tout dysfonctionnement de la Justice, et notamment de garantir les droits et la protection des citoyens. Or l’amélioration du fonctionnement de la Justice passe par une attention portée à tous les petits « incidents » qui sont signalés et d’y apporter une réponse pérenne. Il n’y a donc pas de « petites dérives sans importance » ou de « petites bavures judiciaires sans conséquences », et c’est bien la négligence du ministère de la Justice et de l’ensemble du système judiciaire qui sont en cause quand survient un drame qui aurait pu être évité si chacun avait fait son travail.

                                                Un exemple de scandale

                                                Cette « affaire de rien du tout » présente l’exploit d’impliquer des avocats, un bâtonnier de l’Ordre et des magistrats. De plus, elle démontre une nouvelle fois que les « gens de robe » se protègent et ne peuvent donc en aucun cas être jugés par leurs pairs : les réflexes corporatistes finissent toujours par primer sur le Droit. Cette « petite affaire de rien du tout » illustre aussi et surtout l’impuissance des citoyens face à ceux qui contrôlent et verrouillent la machine judiciaire.

                                                Voici donc une synthèse des faits dans un conflit entre un syndic de copropriété et son client, un syndicat des copropriétaires :
                                                – Une avocate qui multiplie les conflits d’intérêt en représentant les différentes parties en conflit, et accumule les entorses aux règles de déontologie ;
                                                – Le nouvel avocat du syndicat qui refuse de répondre aux demandes de son client pour ne pas gêner sa consœur et la partie adverse ;
                                                – Le bâtonnier de l’Ordre saisi par un copropriétaire qui ferme les yeux sur les agissements de sa consœur et refuse de lui demander de se désister ;
                                                – Des magistrats du TGI qui ne jugent pas sur le Droit et sont partiaux

                                                Les huit avocats et juristes consultés sur cette affaire sont formels : l’avocate devait être contrainte de se désister. Les trois avocats dont un bâtonnier de l’Ordre ont donc délibérément bafoué les règles élémentaires de déontologie de leur profession parce qu’ils étaient convaincus – à juste titre – de jouir d’une totale impunité. Le ton même des courriers adressés par ces avocats à des copropriétaires témoigne de leur arrogance et de leur condescendance à l’égard de simples citoyens. Il suffirait pourtant que le ministère de la Justice cesse de fermer les yeux sur des abus connus de tous commis par une profession à la dérive, et prenne les sanctions qui s’imposent pour assainir des pratiques qui portent préjudice à notre Etat de droit. En effet, le jour où les quelques 50 000 avocats inscrits au barreau sauront qu’ils seront sanctionnés voire risqueront leur carrière lorsqu’ils se permettront de bafouer les règles de déontologie, parions que ceux-ci cesseront immédiatement ces abus et dérives.

                                                Plus largement, l’impunité dont jouissent les avocats participe largement à une perversion de la Justice et à un détournement de ses moyens au détriment de l‘intérêt général. En effet, l’avocat d’un client qui s’est soustrait à la loi et va donc logiquement perdre au Tribunal, devrait systématiquement conseiller à celui-ci de transiger : ce serait l’intérêt de son client et cela lui coûterait au final moins cher. Au lieu de cela, l’avocat fait en général traîner les procédures – notamment en demandant et en obtenant des magistrats un renvoi de l’affaire sous n’importe quel prétexte – et espère ainsi épuiser financièrement et psychologiquement la partie adverse. Mieux, l’avocat utilise des moyens qui lui vaudraient dans une vraie démocratie, des sanctions disciplinaires voire une radiation – provisoire ou définitive – du barreau.
                                                Dans l’affaire présente, l’avocate en question a préféré démarcher directement des copropriétaires et les manipuler, leur faire faire de faux témoignages punis au pénal jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, et les convaincre de donner leur nom dans une procédure qui n’avait qu’un seul but  : servir de monnaie d’échange contre la procédure qui gêne son client. Autrement dit, il s’agissait uniquement d’exercer un chantage… Pour ce faire, celle-ci a multiplié les conflits d’intérêt puisqu’elle a représenté les deux parties en conflit dans une même procédure et a réussi l’exploit d’assigner son propre client ! Si cette avocate n’avait pas été assurée de jouir de l’impunité, son client aurait payé ce qu’il doit et les tribunaux n’auraient pas été encombrés par des procédures qui n’avaient pas lieu d’être.
                                                En résumé, si les avocats jouaient leur véritable rôle de conseil auprès de leurs clients et respectaient à la lettre les règles de déontologie de leur profession, il y aurait bien moins de procédures en cours dans les Tribunaux et les moyens humains et financiers accordés à la Justice seraient consacrés à de vraies affaires.

                                                Quant aux magistrats payés pour dire le Droit qui écartent délibérément des preuves juridiques pour fonder leur jugement sur une interprétation personnelle en contradiction flagrante avec les textes de loi, il est difficile d’imaginer que cela soit le fruit d’une incroyable maladresse. Là aussi, il est temps de mettre fin à l’impunité dont jouissent les magistrats : il est impensable que certains s’autorisent à bafouer le Droit et à commettre des fautes graves simplement parce qu’ils savent pertinemment qu’ils ne risquent rien comme l’a montré l’affaire d’Outreau : quand le Conseil Supérieur de la Magistrature ose n’infliger au juge Burgaud que la plus faible des neuf sanctions possibles – la réprimande, tous les Français ont compris que les magistrats de ce pays étaient une caste d’intouchables qui brandit la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice pour mieux commettre ses forfaitures. Dès lors, ceux-ci ne doivent pas s’étonner que personne ne les respecte et qu’ils soient montrés du doigt.

                                                Il appartient donc au Ministre de la Justice d’assumer ses responsabilités et de défendre les citoyens honnêtes face aux avocats et magistrats indélicats. Cela suppose pour commencer que l’élite autoproclamée politique cesse toute proximité voire connivence avec l’élite autoproclamée de la Justice…

                                                  Comment les élites vont se mettre au service des citoyens

                                                  Les citoyens vont se servir d’Internet pour contraindre les élites à travailler pour l’intérêt général. Les mouvements créés par les internautes interpelleront publiquement le pouvoir qui ne pourra plus ignorer leurs doléances. Une révolution de velours où l’Etat et les administrations se mettront pour la première fois au service des citoyens et devront rendre des comptes.

                                                  Un service public privatisé par les élites

                                                  Il est très difficile pour un citoyen de faire valoir ses droits et encore plus de faire changer des pratiques et d’améliorer le fonctionnement des institutions. Car un citoyen a peu de poids face à la toute puissance de l’administration et de ceux qui la dirigent. Toute correspondance envoyée à l’administration se solde par une réponse laconique qui ne répond pas à la demande et restera sans suite.  Dans son rapport annuel, le Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, fait des propositions pour changer les pratiques de ce service public aux abonnés absents : « En découle la nécessité d’inventer de nouvelles attitudes administratives, à partir d’un tryptique : écoute, réponse, conseil (…) afin de ne jamais laisser une question non résolue ou une démarche non aboutie ». En réalité, l’élite autoproclamée considère qu’elle n’a pas à traiter et encore moins à régler les « petits problèmes » des « petites gens ». Le discours est toujours le même : « c’est comme ça ». L’administration ne s’embarrasse pas d’explications et les citoyens sont priés de ne pas poser de questions. Le Médiateur de la République prend l’exemple du régime qui gère les cotisations sociales des indépendants : « Les explications qui leur sont données, quand ils parviennent à en obtenir, sont nettement insuffisantes… ». Les agents jouent sur la méconnaissance des textes et des procédures pour asseoir leur pouvoir pour ne pas dire leur domination sur les citoyens qu’ils sont pourtant censés servir ! Si jamais vous réussissez à démontrez une erreur, il ne faut pas s’attendre à des excuses, encore moins à des réparations du préjudice. Dans ce système, le citoyen est toujours perdant.

                                                  C’est la raison pour laquelle les associations sont si prospères en France : elles connaissent les rouages de l’administration, ont les connaissances juridiques, les moyens humains et financiers. Elles aident les particuliers dans leurs démarches, certaines vont même en Justice et font un travail de lobbying auprès des pouvoirs publics. Les associations ont un accès facilité aux plus hauts commis de l’Etat mais les rendez-vous se limitent en général à rencontrer des chargés de mission ou des conseillers techniques payés pour faire semblant de vous écouter et de prendre des notes. Même les associations les plus puissantes et reconnues se heurtent aux intérêts du pouvoir politique et des lobbies économiques. Les démarches n’aboutissent en général à rien ou à pas grand-chose : par exemple, les actions de groupe (class action) sont sur la table du gouvernement depuis fin 2005 et n’ont toujours pas vu le jour. Les pressions exercées par les syndicats patronaux et les industriels ajoutées à la lourdeur des processus de décision et à un turn-over des équipes ministérielles, induisent de fait l’immobilisme.

                                                  Ce système opaque travaille contre les intérêts des citoyens car les rôles sont inversés : les Français sont au service du pouvoir politique et de son bras armé l’administration ! Le gouvernement des élites, par les élites, pour les élites a privatisé le service public et l’Etat à son profit. Son critère d’intervention est évalué en fonction de la gêne potentielle pour sa carrière et sa réélection : en clair, si les médias n’en parlent pas, le problème n’existe pas, donc ce n’est pas important et cela ne mérite pas de s’en préoccuper… En revanche, si le bruit médiatique fait émerger des scandales qui choquent l’opinion – financement des partis politiques, affaire d’Outreau, train de vie des hommes politiques, faits divers impliquant des récidivistes, retraite des Parlementaires, Mediator, conflits d’intérêt… – , les élites se font fort de réagir et de s’agiter, parfois même d’apporter des solutions concrètes.

                                                  Un cyber-activisme organisé en mouvements

                                                  « Les gouvernements n’ont rien à craindre des individus informés, ils doivent craindre les groupes coordonnés », affirme Clay Shirky, enseignant américain spécialiste des changements culturels et sociaux induits par Internet. Les citoyens les plus actifs, créatifs et efficaces s’imposeront naturellement comme les leaders de ces mouvements, ils ne les dirigeront pas, ils les animeront et entraineront les autres : « Il doit y avoir un leadership, mais ce n’est pas une forme de direction venue d’en haut (macromanagement). Comme dans Wikipedia, il s’agit plus d’une direction par l’exemple. Il faut que les cinq premiers utilisateurs soient assez bons pour que les cinq suivants comprennent ce que l’on attend d’eux, et ainsi de suite », explique Clay Shirky.
                                                  L’auteur et entrepreneur américain, Seth Godin, aborde cette question sous l’angle des tribus : « Une tribu est un groupe de personnes connectées entre elles, connectées à un leader, et connectées à une idée (…) Un groupe n’a besoin que de deux choses pour constituer une tribu : un intérêt commun et une façon de communiquer ». Pour Seth Godin, tout individu aspire à appartenir à une tribu car elle nous donne plus d’influence grâce à un effet de levier : pour cela,  « Les tribus ont besoin de meneurs. Parfois c’est une seule personne qui dirige, parfois davantage. Les gens veulent un réseau, de la croissance et du nouveau. Ils veulent du changement ».

                                                  Concrètement, il suffira de créer sur Internet des groupes de pression organisés en une multitude de mouvements décentralisés : chacune de ces cellules d’action  rassemblera autour d’une cause, des citoyens prêts à mener campagne pour obtenir des changements concrets et utiles pour l’intérêt général. Ce nouveau cyber-activisme passe par une plateforme d’action civique qui utilisera tous les outils et formes d’expression qu’offre Internet pour recruter, communiquer, échanger, se propager, passer à l’action et faire pression : sites web et blogs participatifs, vidéos, newsletters, textos et mails viraux, pétitions, bandeaux, réseaux sociaux…
                                                  Aujourd’hui, les échanges privés laissent au pouvoir et à son administration tout le loisir de répondre par des formules creuses et sont trop commodes pour ceux qui ne veulent pas faire leur devoir et agir. Si les citoyens veulent réellement être au centre des attentions du pouvoir, ils doivent interpeller publiquement l’élite autoproclamée en prenant à témoin les citoyens-internautes. Par exemple, la même lettre envoyée hier à un seul destinataire, sera par cette méthode d’action largement diffusée sur Internet et relayée à l’infini sur les réseaux sociaux : les citoyens seront donc à la fois témoins – si ce n’est acteurs – de cette action et juges de la qualité de la réponse donnée puisque celle-ci sera aussi diffusée sur Internet.
                                                  Les autres membres de l’élite autoproclamée – président de la République, ministres, Parlementaires, médias, partis politiques, associations, syndicats et ordres concernés – seront aussi destinataires de ces correspondances et donc directement impliqués dans le processus. Cette méthode d’action va contraindre les élites à changer le ton et la teneur de leur réponse, et surtout à faire ce qu’elles exècrent le plus : se mettre au service des citoyens et agir dans le sens de l’intérêt général.

                                                  Dès lors, il sera extrêmement difficile à l’élite autoproclamée interpelée par ces mouvements d’ignorer comme autrefois les problèmes dont ils sont saisis sans encourir le risque de se discréditer aux yeux des citoyens-internautes. Il ne s’agit évidemment pas de forcer les plus hauts personnages de l’Etat à lire la tonne de courriers qu’on leur adresse mais à ceux qui sont chargés de le faire, de les traiter avec la plus grande diligence et de mobiliser si nécessaire les services publics de l’Etat pour mettre fin à tout dysfonctionnement préjudiciable pour les citoyens, toute erreur voire malversation commise, et au-delà à faire en sorte que ces problèmes ne se reproduisent plus.

                                                  Il sera tout aussi difficile au pouvoir exécutif et législatif qui prétend représenter le peuple, de faire comme s’il ne savait pas et de ne pas intervenir sous peine d’être accusé de ne pas s’intéresser au sort de leurs concitoyens. Tout groupe politique, tout parti a donc intérêt à s’emparer du sujet et à agir concrètement.

                                                  Les syndicats et ordres concernés qui par corporatisme, protègent aujourd’hui les fautes commises par leur adhérents, devront aussi agir sous peine de discréditer toute une profession. Ils ne pourront plus étouffer comme aujourd’hui les abus et dérives, et seront contraints de les sanctionner s’ils veulent conserver toute crédibilité. Il ne sera plus question de s’absoudre entre confrères ou collègues.

                                                  Quant aux médias qui ont privilégié leurs liens de proximité avec les pouvoirs au détriment des intérêts des citoyens, ils devront également se faire l’écho de ces mouvements sous peine d’être accusés de faire preuve de complaisance à l’égard de cette élite. Les journalistes se sont déjà suffisamment discrédités dans l’opinion.

                                                  La riposte judiciaire

                                                  Le rapport de force engagé par ces mouvements de citoyens-internautes va fortement déplaire à l’élite autoproclamée. Fortes de leur arrogance et habituées depuis toujours à jouir de l’impunité, les personnes directement mises en cause seront tentées de poursuivre en justice les groupes de pression qui dénoncent les dysfonctionnements et scandales dont ils sont la cause : la Justice – on ne le dit jamais – sert aussi et surtout de moyen de pression pour faire taire les gêneurs car les procédures sont longues et coûtent cher, l’élite autoproclamée a le temps et l’argent pour elle.

                                                  Denis Robert a subi à ses dépens le harcèlement de cette élite qui se croit au-dessus des lois : la publication de ses livres « La boîte noire » et « Révélation$ » ainsi que la diffusion de son film sur l’affaire Clearstream lui ont valu une soixantaine de procès, dix ans de procédures, 150 000 euros de dépenses en dommages et intérêts,  frais de publication, frais de procédures et  honoraires d’avocat. « Ma confiance envers la justice et les hommes qui ont à juger de mes écrits s’est émoussée. Les tribunaux sont plus sensibles à l’air du temps et au harcèlement juridique d’une société aux moyens inépuisables, qu’à l’examen des faits », déplore Denis Robert sur son blog.

                                                  Les groupes de pression devront donc utiliser les procédures engagées contre eux pour se faire de la publicité : il devront surtout dénoncer et déstabiliser ceux qui utiliseront la Justice pour faire du chantage. Mais ne nous trompons pas, la bataille se gagnera d’abord dans l’opinion via Internet : plus ces mouvements seront nombreux, plus ils seront puissants et organisés, plus leur action sera irrésistible et moins il y aura de personnes pour leur faire obstacle. Il suffit seulement que chaque citoyen-internaute prenne conscience de son incroyable pouvoir et rejoigne le mouvement.

                                                  Dans le prochain article, un exemple concret de scandale :
                                                  avocats-bâtonnier-magistrats, une Justice en faillite

                                                    Comment Internet va renverser l’élite autoproclamée

                                                    Bientôt, des scandales comme le Mediator ne pourront plus avoir lieu. Car désormais, l’élite autoproclamée ne contrôle plus l’information et doit rendre des comptes à des citoyens qui ont trouvé avec le web, un moyen d’expression et de dénonciation. Internet est en train de rebattre les cartes du pouvoir.

                                                    Le pouvoir absolu de l’élite autoproclamée vacille

                                                    Historiquement, les citoyens ne voient et n’entendent dans les médias que ceux qui détiennent le pouvoir – politique, syndical, intellectuel, culturel, économique, médiatique… L’élite autoproclamée a le monopole de l’espace public : les mêmes personnalités interviewées par les mêmes journalistes. Tout le monde se connaît et se tutoie. Les Français sont muets et invisibles… jusqu’au soir du 14 avril 2005 : TF1 décide d’organiser un dialogue inédit entre le président de la République et les jeunes sur le Traité constitutionnel européen. Les Français assistent en fait à un « dialogue de sourd » : tout au long de l’émission, Jacques Chirac est décontenancé, il ne comprend pas pourquoi ces jeunes expriment une peur de l’avenir. La raison est pourtant simple : la France accuse alors un chômage de masse depuis trente ans, les jeunes ont les plus grandes difficultés à entrer dans la vie active, ils ne trouvent en général que des contrats précaires qui ne leur permettent pas de faire des projets d’avenir. Les salaires d’embauche sont toujours plus bas même pour les jeunes diplômés et les perspectives de progression de carrière limitées. De plus en plus de parents ont le sentiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux… Visiblement peu au fait de ces réalités, Jacques Chirac qui a fait toute sa carrière professionnelle dans la politique et les cabinets ministériels, exprime donc à plusieurs reprises son étonnement et même son incompréhension face à des millions de Français consternés devant leur téléviseur. Six mois plus tard, éclataient les émeutes dans les banlieues. Une fois encore, le président de la République ne sait comment réagir et apparaît une nouvelle fois dépassé. Son âge avancé ne suffit pas à expliquer le décalage : le président de la République est entouré d’un aréopage de ministres et de conseillers plus jeunes qui sont tout autant incapables de gérer la crise. En dehors de son propre cercle, l’élite autoproclamée ne comprend pas ce qui se passe dans la société française, elle ne sait pas ce que nos compatriotes vivent et pensent, et lorsqu’elle prend la parole, elle ne suscite plus que frustration et colère.

                                                    La démocratie n’existe pas (encore)

                                                    Nous ne sommes pas actuellement dans une Oligarchie qui appellerait à un retour à la démocratie sous-entendu une démocratie pure et au-dessus de tout soupçon qui mettrait à bas cette démocratie dévoyée au service de quelques uns. Il s’agit bien plutôt d’une nouvelle aristocratie qui a succédé à celle qui dirigeait la France sous la Monarchie. La Démocratie n’a en réalité jamais existé. L’élite autoproclamée a fait croire aux Français que la Révolution de 1789 avait vu l’avènement du « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » comme l’avait décrit le président américain Abraham Lincoln en 1863. Une expression reprise dans la Constitution française de 1958 et érigée en principe. L’élite autoproclamée se paye de mots, de devises – Liberté, Egalité, Fraternité – de symboles – la prise de la Bastille devenue jour de fête nationale… et même d’élections au suffrage universel. Des hochets pour les naïfs : certes, la France a toutes les apparences de la démocratie… quand on n’est pas trop regardant – des élections libres et démocratiques où les nouveaux partis ont le plus grand mal à émerger faute de financement public (idem pour les syndicats) ; la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif mais où tout se décide à l’Elysée façon  « je décide, ils exécutent » ; l’indépendance de la Justice vis-à-vis des pouvoirs, l’exception qui confirme la règle – étouffer les affaires, Boulin et les autres ; une presse libre mais qui écrit partout la même chose et qui en réalité ne dit rien d’important et cache l’essentiel pour ne pas gêner ses amis de l’élite autoproclamée… Dans notre régime, les citoyens sont tenus pour quantité négligeable même si les clés du pouvoir sont officiellement entre les mains d’une élite censée les représenter, les écouter et accéder à leurs aspirations. Dans toutes les périodes de forte expansion économique, de plein emploi et d‘augmentation du pouvoir d‘achat, chacun s’accommode des tares du régime. En période de crise économique longue et profonde, les Français expriment chaque jour davantage qu’il ne supportent plus la République des copains et des coquins, l’arrogance, l’incompétence, les lâchetés, les mensonges, les compromissions et le mépris affiché à leur égard. Les Français utilisent alors les deux seuls moyens dont-ils disposent pour se faire entendre : la rue et les urnes. Sans surprise, le Front national à partir de 1983 puis l’extrême gauche font des percées électorales ; dans la sphère sociale, naissance des premières coordinations nationales indépendantes des syndicats à partir de 1988 avec les infirmières ; la sphère économique voit apparaître le mouvement antimondialisation Attac en 1998 ; la sphère médiatique habituée à filtrer l’information est débordée par l’apparition d’Internet à partir des années 90-2000.

                                                    La révolution démocratique est en marche

                                                    Internet est à l’origine de la véritable révolution démocratique qui va changer le visage de la société. Car le web est le seul espace d’expression de masse, permanent et décentralisé qui n’est pas sous le contrôle d’une pseudo élite et est indépendant des autres pouvoirs. D’ailleurs, nos édiles se méfient d’Internet comme de la peste : à cause du web, l’élite autoproclamée ne contrôle plus l’espace public et son image. Elle ne choisit plus quelles informations divulguer et comment. Le culte du secret et des zones d’ombre, apanage d’une classe qui doit son pouvoir à des manœuvres, des connivences et des renvois d’ascenseur, est mis à mal. Wikileaks menace de mettre en danger les régimes dits « démocratiques ». Désormais, tout fait et geste de l’élite autoproclamée peut être potentiellement révélé et relayé quasi instantanément via les ordinateurs et téléphones mobiles. L’élite autoproclamée française est désormais sous la surveillance de 38 millions de citoyens-internautes* et doit leur rendre des comptes : chaque individu a le pouvoir d’interpeller et de critiquer l’élite autoproclamée. « Ne détestez pas les médias, devenez un média », proclamait le site américain Hacktivist News Service au moment de l’explosion du web. Désormais, chaque citoyen-internaute peut aussi devenir producteur d’informations et de messages, chacun peut s’exprimer sans aucun filtre, ni contrainte, Internet devient un espace de libération d’une parole trop longtemps niée et étouffée : ce fut d’abord les sites perso et les forums puis les blogs, les articles et les commentaires écrits sur les sites d’information généralistes ou participatifs, et maintenant les réseaux sociaux qui contribuent à créer un effet viral. Devenir un média n’a jamais été aussi facile : il suffit aujourd’hui d’un smartphone ! Le pouvoir est en train de changer de camp.

                                                    De l’ère de la protestation à celle de l’action

                                                    Fin 2009, l’annonce de l’arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD a été largement relayée et critiquée par les Français sur Internet. La pétition contre sa candidature a recueilli en deux mois plus de 94 000 signatures. Ces actions ont certainement contribué à ce que le fils du Président renonce à son projet mais cela ne suffit pas pour changer les pratiques d’une élite autoproclamée habituée à faire ce qui lui plaît. Les initiatives isolées d’internautes ne sont pas efficaces face à une élite qui croit encore qu’elle peut exercer le pouvoir à l’ère du web en utilisant les vieilles pratiques, et verrouiller le système en s’appuyant sur son bras armé, l’administration : six millions de fonctionnaires censés servir les citoyens mais qui en réalité sont aux ordres de l’élite autoproclamée en défendant ses intérêts et le statu quo. « Privilégiant la gestion des carrières à l’innovation et la prise de risque, le respect des procédures au respect des usagers, le service public a fini par davantage défendre la pérennité des structures, le confort de système aux intérêts des administrés », écrit d’ailleurs le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye dans son rapport annuel 2009. Dénoncer les propos et les actes ne suffit donc pas pour renverser une élite autoproclamée qui se soutient et se protège, et s’appuie sur les institutions pour rester aux affaires. Les citoyens doivent donc eux-mêmes se structurer en s’organisant en groupes de pression. Internet doit servir à réunir les citoyens dans des mouvements déterminés à obtenir des changements démocratiques durables et profonds, des mouvements prêts à mener campagne pour contraindre le pouvoir politique et l’administration à se mettre au service des citoyens ou à quitter le pouvoir. Les citoyens doivent devenir des acteurs permanents de l’action politique aux côtés d’une élite légitime et éthique, et reprendre ainsi en main leur destinée. Ce sera alors l’avènement d’une véritable démocratie où le peuple sera pour la première fois au centre de la société.

                                                    Vous en saurez davantage sur la méthode d’action dans le prochain article

                                                     

                                                    *38 millions d’internautes, soit plus de 7  Français sur 10 âgés de 11 ans et plus selon le sondage Médiamétrie, février 2011.

                                                      Le Mediator, un secret bien gardé

                                                      Les responsables politiques feignent de découvrir aujourd’hui le scandale et font mine d’être choqués. Les dangers du Médiator étaient pourtant connus des milieux autorisés depuis 1997 !

                                                      Un scandale à la française lié à la consanguinité des pouvoirs – politique, économique, médiatique, judiciaire. Un petit cercle où tout le monde se côtoie, se soutient et se protège. Le scénario du film catastrophe est hélas toujours le même.

                                                      La connivence

                                                      Dans une interview à RTL, le professeur et député UMP, Bernard Debré, donne un exemple concret de cette connivence des élites et parle même de « corruption » : “Servier fait un médicament qui s’appelle le Coversyl qui est un anti-hypertenseur : très bon médicament, très bon médicament. Pourquoi est-il vendu beaucoup plus cher que les autres qui sont identiques ? Et pourquoi est-il remboursé plus que les autres qui sont identiques ? Ipsen : base 100 remboursement ; Fabre : base 110 ; Servier : base 250. Pourquoi ?”

                                                      Il faut dire que Jacques Servier a bien tissé sa toile au sein de l’élite. Membre du premier cercle de l’UMP, le fondateur du groupe pharmaceutique recevait chaque mois dans son hôtel particulier à Neuilly, les hommes politiques en vue et tous ceux qui comptaient et pouvaient lui rendre service. Certains ont même travaillé pour lui. Aucun membre de l’élite n’avait donc intérêt à parler des dangers du Mediator, à commencer par le premier d’entre eux, le président de la République. Les deux hommes se connaissent depuis plus de vingt-cinq ans : Nicolas Sarkozy, alors avocat d’affaires, conseille notamment Jacques Servier en matière fiscale. En juillet 2009, le chef de l’Etat lui remet même les insignes de la Grande Croix de la légion d‘honneur…

                                                      L’intrus

                                                      Le Docteur Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, va enquêter trois ans avant d’obtenir le retrait du Mediator du marché. Qui est en réalité le Docteur Frachon ? Personne face à Jacques Servier, fondateur du deuxième groupe pharmaceutique français, 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, plus de 20 000 salariés dans le monde. Le Docteur Frachon n’est qu’un intrus aux yeux d’une élite qui a verrouillé l’espace public, elle doit donc forcer les portes.

                                                      D’ailleurs, au début, personne n’écoute Docteur Frachon malgré le sérieux de son enquête qui l’a conduite à demander des autopsies, à photographier au bloc les valves cardiaques déformées. En février 2009, la pneumologue déclare onze cas de valvulopathie à son agence régionale de pharmacovigilance. En juin, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) l’invite à présenter ses conclusions : « Cinq diapos, un bref speech, et puis au revoir. Dans ces instances, on ne voit pas les malades, on les oublie », raconte le médecin. L’avocat d’une douzaine de victimes du Mediator, Charles Joseph-Oudin accuse l’Afssaps d’avoir joué le jeu du laboratoire Servier en contestant toutes les études qui auraient pu mener à une interdiction plus rapide.

                                                      L’impunité

                                                      Finalement, l’Afssaps décide de retirer le médicament du marché en novembre 2009 en catimini. Le scandale est tué dans l’œuf. La réputation du célèbre laboratoire est sauve. Jacques Servier jouit de l’impunité que les élites ne réservent qu’aux siens.

                                                      Ce n’est qu’un an plus tard que le scandale éclate. Presque par hasard. C’est semble-t-il au nom de la défense de la liberté d’expression que les médias prennent – un peu tard – fait et cause pour le Docteur Frachon et son éditeur-libraire brestois contre les laboratoires Servier. En effet, les Editions Dialogues sont condamnées en premier instance à retirer la mention  » combien de morts ?  » sur la couverture du livre que la pneumologue a consacré au Mediator. La justice est du côté des puissants.

                                                      L’arrogance

                                                      Alors que le chiffre du nombre de morts oscille entre 500 selon l’Afssaps et 2000 selon l’Inserm, Jacques Servier fait montre d’arrogance. Il affirme même lors de ses vœux au personnel début janvier 2011 : « 500 est un très beau chiffre marketing, mais il ne s’agit que de 3 morts. Les autres avaient déjà des valvulopathies ». Jacques Servier dénonce des attaques « non fondées » provenant d’une « mafia » œuvrant contre le laboratoire. L’élite ne supporte pas d’être jugée, elle est intouchable.

                                                      Idem pour le rapport de l’IGAS sur le Mediator : les laboratoires Servier s’étonnent dans un communiqué que ce rapport puisse lui faire porter des responsabilités « qui ne leur apparaissent pas conformes à la réalité ». Le groupe pharmaceutique se contente de remettre en cause les conclusions de l’IGAS, il n’apporte aucune preuve de l’innocuité du Mediator qui lui aurait rapporté 1 millard d’euros depuis sa mise sur le marché en 1976.

                                                      Le rideau de fumée

                                                      Quelles leçons seront retenues du scandale du Mediator ? Aucune. Car, « Pendant les affaires, les affaires continuent » pour reprendre le titre d’un livre de Denis Robert publié en 1996 qui dénonçait déjà la collusion des pouvoirs.

                                                      La technique du « rideau de fumée » est toujours la même :
                                                      1 – le gouvernement promet toute la lumière sur un scandale dont l’éxécutif connaît en réalité déjà les tenants et les aboutissants : c’était l’objet du rapport de l’IGAS, 260 pages accablantes pour les laboratoires Servier et l’Afssaps. Une fois n’est pas coutume, le rapport sort rapidement : six semaines. Les critiques sont principalement dirigées contre l’Afssaps, pour mieux oublier les autres connivences ?
                                                      2 – le gouvernement « sacrifie » un lampiste pour éviter de mettre en cause toute la chaîne de responsabilités et pour protéger des hommes plus importants : le directeur général de l’Afssaps accepte de bonne grâce de porter le chapeau en échange sans doute d’une promotion lorsque l’affaire sera oubliée. Le ministère de la Santé en particulier est épargné.
                                                      3 – le gouvernement crée une commission chargée de mettre officiellement fin aux dysfonctionnements et qui a en réalité pour mission de ne rien changer au système. Les professeurs Bernard Debré et Philippe Even ont été chargés par le ministre de la Santé de lui faire des propositions. Parions que le futur rapport ne recommandera pas de mettre fin aux connivences entre les pouvoirs.

                                                      En résumé, le scandale du Mediator illustre parfaitement la faillite d’une élite autoproclamée – au mieux complaisante, au pire corrompue – qui détient encore toutes les clés du système.

                                                      Ce système va pourtant s’effondrer.

                                                      Vous saurez pourquoi et comment ce système va disparaître dans le prochain article

                                                        Wikileaks vrais faux croisés

                                                        La divulgation des câbles des diplomates américains représentent à la fois un vol et un viol de conversations privées. Par essence, les propos tenus ne sont pas destinés à être diffusés publiquement, la parole est donc libre et c’est ce qui en fait toute leur valeur aux yeux des destinataires. Exiger la transparence, ce serait se priver du travail utile de renseignement des diplomates, un travail qui ne se réduit pas à porter des jugements définitifs sur les dirigeants étrangers comme le laissent croire les câbles diplomatiques diffusés dans la presse. Exiger la transparence en matière diplomatique, c’est demander l’impossible et c’est dangereux pour la sécurité des Etats. Exiger la transparence partout et pour tout, autrement dit n’avoir de secrets pour personne, est le propre des dictatures qui exigent de tout savoir, à commencer sur leurs propres citoyens, mais que leurs dirigeants ne s’appliquent pas à eux-mêmes. Les croisés de la liberté ont le masque de la démocratie et ne sont en réalité que des fascistes mondains.

                                                        Que diraient d’ailleurs ces croisés de la liberté si on diffusait sur la place publique les conversations qu’ils tiennent dans un cadre privé ? La transparence, c’est toujours pour les autres. La liberté, ce n’est ni abolir toute vie privée, ni nuire à autrui. La liberté, c’est d’abord respecter l’intimité des autres et leur travail. Qu’ils soient diplomates, hommes politiques, people, artistes ou simples citoyens.

                                                          L’Euro, aberration économique

                                                          La sortie d’un pays de l’Euro n’est désormais plus taboue. Ceux qui évoquaient encore cette possibilité lors de la crise grecque du printemps dernier, passaient pour des farfelus. Leurs détracteurs s’accrochaient aux symboles : il s’agissait de montrer à la Chine et aux Etats-Unis, l’unité et la stabilité de l’Europe. Il était alors de bon ton de parler de « solidarité européenne » pour mieux cacher qu’il s’agissait en fait « d’irresponsabilité » : les bons élèves, l’Allemagne en tête, allaient payer pour les flambeurs, les cancres et les tricheurs. Depuis, la crise irlandaise est passée par là, le Portugal pourrait être le prochain sur la liste et alors ce serait au tour de son premier partenaire économique, l’Espagne, dont le PIB est supérieur à la Grèce, l’Irlande et le Portugal réunis : autant dire que ce serait alors la bérézina pour « l’Euro, notre monnaie » ! Jusqu’ici, les « experts » avaient pris soin de cacher sous le tapis la seule question qui vaille : comment les pays surendettés allaient-ils rembourser ? Or, Les économistes savent parfaitement que le seul moyen pour un pays de payer ses montagnes de dettes, est de dévaluer sa monnaie, et que par définition,  les pays de la zone euro ne le peuvent pas… Les économistes évoquent donc aujourd’hui la sortie de ces « petits pays » de l’Euro… avant de parler dans quelques mois des « grands pays » ?

                                                          Finalement, l’Histoire m’aura donné raison : l’Union économique et monétaire, destinée à parachever le marché unique de 1993, n’était qu’un leurre depuis le début. Car un pays, c’est un Etat, une économie et une monnaie. Pour avoir oublié ces fondamentaux, l’Europe va sans doute devoir affronter des révisions déchirantes. Personnellement, j’avais voté contre au référendum sur le traité de Maastricht de 1992 car je ne pouvais concevoir qu’une monnaie unique puisse représenter des économiques aussi disparates. C’est effectivement impossible et les critères de convergence – déficit public limité à 3% du PIB et une dette limitée à 60% – censés donner le change, n’étaient qu’un hochet pour les imbéciles. En économie, le principe de réalité vous revient tôt ou tard à la figure. L’Euro est une aberration économique et une escroquerie intellectuelle. La plaisanterie ampute chaque année une croissance française déjà anémique, nous coûte des milliers d’emplois et ne nous protège en rien contre les Etats qui dévaluent leur monnaie : après le franc fort de Jean-Claude Trichet, l’Euro fort du même Trichet qui réduit une compétitivité économique déjà mise à mal par une fiscalité imbécile et des charges sociales pénalisantes… Les exécutifs successifs, paralysés par la peur et dénués du moindre courage politique, ont semble-t-il voulu croire que l’Euro les dispenserait de réformer l’Etat providence.